SERMON POUR LE VENDREDI SAUNT
cIinMicns, que ii'a-t-il pas fait, dans la vue d'acquilliM- nos dettes? quel soin n'a-t-il pas eu de clioisii' ce (jiii pouvait uniquement et souverainement remplir la mesure des satisfactions que Dieu attendait et qu'il avait droit d'attendre ? En (|ni)i consistait l'offense de Dieu? en ce que riionnne, s'oiibliant lui-môme, avait aflecté dïire semblable à Dieu: Erilis sicut dii. Et moi, dit riIomme-Dieu, moi non-seulement semblable à Dieu, mais égal et consubslauliel à Dieu, par un oubli de moi-môme bien dilTérent, je m'abaisserai au-dessous de tous les hommes, je deviendrai l'opprobre des hommes, je serai un ver de terre, et non pas un homme : car, c'est en propres termes ce que le Prophète lui fait dire sur la croix : Ego autem siim vennis, et non homoK Concevons-nous et pouvons- nous concevoir une réparation plus authentique ? L'homme, en se révoltant contre Dieu, avait secoué le juug de l'obéissance, et violé le commandement de son souverain : et moi, dit l'Hommc-Dieu, tout indépendant que je suis par moi-même, je me réduirai dans la plus pénible et la plus humiliante sujétion. Je me ferai obéissant: Factus obcdiens ; et obéissant jusques à mourir: Usque ad mortem ; et jusques h mourir sur la croix : Mortem autem crucis. Non. seulement j'obéirai à Dieu, mais aux hommes, mais aux plus criminels, mais aux plus vicieux, mais aux plus sacrilèges de tous les hommes, qui sont mes persécuteurs et mes bourreaux. Nonseulement j'obéirai aux arrêts du Ciel, toujours équitables et sages, mais à ceux de la terre, pleins d'injustice et de cruauté. Non-seulement j'obéirai à des puissances qui n'ont mille autorité iégitimesur moi, maisà des puissances liguées contre moi, mais h des puissances qui m'oppriment; et par cet assujettissement volontaire, j'abolirai le crime de l'homme rebelle à la loi de son Créateur. C'est pour cela môme, dit saint Bernard, qu'il ne voulut point descendre de la croix, ayant mieux aimé, remarque ce Père, laisser les juifs dans leur incrédulité, que de les convaincre par un miracle de sa propre volonté; et préférant d'accomplir l'ordre de son Père et d'obéir, plutôt que de les convertir et de les sauver, en n'obéissant pas. L'homme, par une intempérance criminelle, en goûtant du fruit de l'arbre, avait accordé à ses sens un plaisir défendu ; et moi, dit l'Ilomme-Dieu, qui pourrais ne me rien refuser des délices de la vie, je me présenterai à mon Père comme un homme de douleur, comme une victime de pénitence, comme un agneau destiné au sacrilice le plus
' Fsalm.. sxi, 7.
sanglant. Car ce fut dans sa sainte passion qu*a nimé d'un zélé ardent pour la gloire et les intérêts de Dieu, il confid ce dessem et qu'il l'exécuta : Ilosliam etoblntionemnoluiiili,rorpus autem aptasti mifii; holocautomata pro peccato non tibi ])lacuerunt ; tune dixi : Ecce venio K Vous n'avez plus voulu, ô mon Dieu ! dit-il, dans le secret de son cœur au moment qu'il fut crucifié, comme il l'avait (lit, selon le témoignage de saint Paul, en entrant dans le monde (remarquez ces paroles, chrétiens, qui expriment si bien le fond et l'intérieur de ce mystère); vous n'avez plus voulu d'oblationnid'iioslie;mais vous m'avez formé un corps. Les sacrifices des animaux ont cessé de vous agréer; c'est pourquoi j'ai dit : Me voici ; je viens, je m'immole. Parole vénérables qui, selon la lettre même, doivent être entendues de cequise fit au Calvaire, puisque c'est là queJésus- Christ, en qualité de grand prêtre, termina les sacrifices de l'ancienne loi par la consommation du sacrifice de la loi de grâce ; là que, la croix lui servant d'autel, il présenta solennellement aa personne divine; là qu'il offrit, non plus le sang des boucs et des taureaux, mais son propre sang; et, pour parler en des termes plus simples et plus précis, là qu'il se mit en état de satisfaire à Dieu, non plus par des sujets étrangers, mais par luimême etaux dépensde lui-même. Or, c'est ce que j'appelle l'ouvrage de la sagesse d'un Dieu.
Ce n'est pas encore assez ; car j'ajoute que ce Sauveur des hommes nous a fait parfaitement comprendre ce qui de soi-même était incompréhensible, et ce que nous aurions sans lui éternellement ignoré. Et quoi ? ce que c'est que Dieu, ce que c'est que le péché, ce que c'est que le saint: trois choses auxquelles se doit rapporter toute la sagesse de l'homme, et dont la connaissance, et pour vous et pour moi, était essentiellement allacliéc au mystère de Jésus-Christ mourant sur la croix. Qu'est-ce que Dieu ? un être pour la gloire duquel il a fallu qu'il y eût un Homme- Dieu humilié et anéanti jusques à la croix. Voilà l'idée que je m'en forme aujourd'hui : tout le reste ne me*fait point suffisamment connaître Dieu; tout ce que j'en découvre dans la nature, tout ce que m'en dit la théologie, tout ce que les Ecritures m'en apprennent, tout ce que la lumière de gloire m'en révélera, ce ne sont proprement que des ombres. C'est au Calvaire où la foi, comme dans un plein jour, me fait paraître ce Dieu aussi grand qu'il est, parce que j'y vois un Homme-Dieu immolé pour reconnaître ce qu'il est ; et Dieu lui-même (l'oserai-jc dire?) n'a point d'idée plus sublime de
SUI\ LA PASSION DE jr.SUS-CIIRIST.
In (livinil(^ (\c son Mre, qwc. de mt^iitor d'ùlre glorilié [Kir I;i cioix d'un lloimiic-hieii ; je dis plus, (jne de ne pouvoir iHre aiilieiiu'iil satisfait que par la croix d'un llonune-Dieu. Un'est-ce que le péché ? un mal pour l'expiation diupiel il a fallu qu'un Dieu-llonnuc se fit anallièuie et deNintun sujet de malédiction : Fuclian pio nobis nuilfilirtuDi ', Voil;\ ce que le mystère de la croix me prùelie. Je ne concevais pas comment le péché pouvait attirer sur nous des châtiments si terribles; et m'érigeanl en censeur des arrêts de Dieu, je lui demandais raison de cette aflVeusc éternité de peines que sa justice prépare aux âmes réprouvées dans l'enfer ; mais mon ignorance venait de n'avoir pas bien considéré le mystère de Je sus-Christ mourant ; car la mort tl'un Uieu, ordonnée comme un moyen nécessaire pour l'abolilion du péché, me fait comprendre plus que je ne veux quelle proportion il y a entre le péché, qni est l'offense de Dieu, et l'éternité malheui-cuse, qui est la peine de la créature. Supposé l'un, je ne trouve plus de difficulté dans l'autre; et, convaincu parle raisonnement de Jésus-Christ même : Si in viridi ligno hœc faciunt, in arido quid fief^? Si le Fils et l'innocent est ainsi traité, que sera-ce de l'esclave et du coupable? je ne m'étonne plus de la rigueur des jugements de Dieu, ni de l'excès de ses vengeances ; mais je m'étonne de mon propre étonneuient. Qu'est-ce que le salut de l'homme ? un bien qui seul a coûté la vie à un Dieu, et pour lequel un Homme-Dieu n'a point cru trop donner ni être prodigue, que de se sacrifier soi-même. Voilà la grande leçon que me fait ce divin Maître expirant sur la croix. Je comptais ce salut pour rien, je le négligeais, je l'exposais, je le risquais ; un vain intérêt;, un faux honneur, un moment de plaisir, et du plus infâme plaisir, me le faisait abandonner. Mais approche, me dit par la voix de son sang ce Dieu crucifié ; approche, et aux dépens de ce que je souffre, instruis-toi du mérite de ton àme ; tu t'estime toi-même , mais tu ne t'estimes pas encore assez. Contemple-toi bien dans moi ; tu verras ce que tu es et ce que tu vaux. C'est par moi que tu dois te mesurer : car je suis ton prix ; et ce salut à quoi tu renonces en tant de rencontres, n'est rien moins que ce que je suis moimême, puisque je me livre moi-même pour te l'assurer. C'est ainsi, dis-je, qu il me parle. Or, cela seul me sufliiait pour conclure avec saint Paul, que le mystère de la croix est donc le mystère de la sagesse divine. Car, comme raisonne saint Chrysostome, un mystère qui me
.* Galat., ui, 13.— ' Luc., xxiu, SI,
donne de si hautes idées de Dieu, un mystère (|ui m'inspire une horreur intinic; pour le péché, un uiAsIère (jui me fait priseï- mon salut préférablt'Mienl à tous les autres biens |)assés, présents, futurs et même possibles, de quelque côté que je le regarde, doit être pour moi im mystère de sagesse ; des sentiments si raisonnables, si élevés, si sublimes ne |)euvent partir d'un principe trompeur et faux. Il n'y a que la sagesse, et que la sagesse d'un Dieu, qui puisse me les donner. El voilà pourquoi l'Apôtre des gentils, pénétré de la foi de ce mystère, faisait profession, mais une profession ouverte, de vouloir igno* rer tout le reste, hors Jésus, et Jésus crucifié : Non enrmjudicavime scire aliquid inler vos, Jiisi Jesum Christum, et hune crucifixumK Car, dans ce Jésus crucifié il trouvait excellemment et en abrégé tout ce qu'il devait savoir, et tout ce qu'il avait intérêt de savoir, c'est-à-dire la science éminenle de Dieu et la sciencesalutaircde soi-même. Or, avec ces deux sciences, il croyait, et avec raison, pouvoir se passer de toute autre science : Non enimjudicuvi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christum, et hune crucifixum. Mais approfondissons une vérité si édiliante, et développons le second motif de la mission de Jésus-Christ et de sa fonction de Sauveur. Après avoir satisfait à Dieu, il était question de réformer l'homme, qui non-seulement était tombé dans le désordre, mais dans l'extrémité et dans l'abîme de tous les désordres. Ce désordre de l'homme, dit le bien-aimé disciple saint Jean, venait de trois sources : de la concupiscence des yeux, de la concupiscence de la chair, et de l'orgueil de la vie ; c'est-à-dire d'une insatiable avidité des biens temporels, d'une recherche passionnée des honneurs du siècle, et d'un attachement excessif aux plaisirs des sens. Il s'agissait de nous guérir de ces trois grandes maladies ; et en voici les remèdes, que le Fils de Dieu nous a apportés du ciel, et qu'il nous présente aujourd'hui dans sa passion : le dépouillement de toutes choses et la nudité où il meurt, contre l'amour des richesses et la cupidité qui nous brûle ; les abaissements prodigieux où il se réduit, contre les projets de l'ambition qui nous dévore ; les austérités d'une chair virginale, ensanglantée et déchirée de coups, contre la mollesse et la sensualité qui nous corrompt : remèdes infaillibles et sûrs ; remèdes qu'il ne tient qu'à nous de nous appliquer, dont il ne tient qu'à nous de profiter, et où paraît toute la providence et toute la sagesse du 3Iédecin qui nous les a préparés. Ne nous préoccupons point, et faisons-
' 1 Cor., 11,2.
SERMON POUR Llî VF.NDREDl SAINT.
nous uncfolsjuslicc, pour la faire éternclloracnt à noire Dieu. N'esl-il paséNidonl, mes cliers auditeurs, (\\\G le mystère de la croix a une opposition csstMilicIle à cos trois principes, qnicansent tons les tiriéglenuMjts de voire ^ic?nVsl-il pas évident que ce seul mystère condamne toutes vos injustices, tontes vos violences, toutes vos haines, tons vos commerces scandaleux, toutes vos dissolutions, toutes vos débauclies; et de là ne s'ensuit-il pas que c'est un mystère où la sagesse de Dieu a présidé ? Ce qui modère nos désirs, ce qui règle nos passions, ce qui confond notre orgueil, ce qui arrache de notre cœur l'aniourde nous-mêmes, en un mot ce qui corrige tous nos vices et ce qui nous tient dans l'ordre, peul-il n'être pas un effet de l'ordre, et par conséquent de celte suprême sagesse qui est en Dieu ? Que serait-ce, (\bn'd le savant Pic de la Mirande, si les hommes, d'un consentement unanime, s'accordaient entre eux à vivre selon les exemples que Jésus-Christ leur a donnés et les leçons qu'il lem* a faites dans sa passion, en sorte quece Dieu crucifié fût, dans la pratique, la règle universelle par où le monde se gouvernât? A quel degré de pei fcclion le inonde aujourd'hui si corrompu, ne se trouverait-il pas tout à coup élevé ? Cette vue que l'on aurait toujours présente et à laquelle on se fixerait, cette vue de la croix, dans quelle modestie ne contiendrait-elle pas les grands, et quelle soumission n'inspirerait-elle pas aux petits? Les riches abuseraient-ils de leurs richesses, et les pauvres se plaindraientils de leur pauvreté? ceux qui souffrent se tourneraient ils contre Dieu dans leurs souffrances, et les prétendus heureux du siècle oublieraientils Dieu en s'oubliant eux-mêmes dans leur prospérité? verrait-on dans la société humaine des vengeances et des trahisons ? l'esprit d'intérêt y régnei ait-il? la jalousie et l'ambition y causeraient-elles des divisions et des troubles ? la bonne foi et la probité en seraient-elles bannies? Autant que les hommes sont maintenant déréglés, autant leur conduite serait-elle sage et droite, et leur vie innocente et pure.
Mais pourquoi fallait-il que Jésus Christ, sans être sujet à nos maux, en éprouvât les remèdes dans sa personne ? Ah 1 mes frères, répond saint Augustin, ces remèdes étant aussi amers qu'ils le sont, pou\ait-il rien faire de mieux que de les éprouver dans sa personne, pour nous les adoucir, et pour nous en persuader l'usage ? Sans cela les aurions-nous jamais pu goûter; et pour nous engager i\ les |)rcndre, ne fallait-il pas l'exemple d'un Dieu? Supposons que cet Hoznme-Dieu, au lieu de la croix, eût choisi,
pour nous sauver, les douceurs de la vie; quel avantage notre amour propre, source de toute corruption, n'aurait-il pas tiré de là, et jusques h quel jtoint ne s'en serait-il pas prévalu ? Aurais-jc eu bonne grAce alors de vous demander, comme je fais aujourd'hui, la mortification des sens, le crucifiement de la chair, le renoncement à vous-mêmes, l'humilité de la pénitence? M'écoiitciiez-vous? et celte seule idée de votre Dieu dans l'éclat dos honneurs et dans le plaisir, ne serait-elle pas un préjugé iusurmoulable contre toutes mes raisons? Mais quelle force aussi cet exemple d'un Dieu mourant sur la croix ne donue-t-il pas à mon ministère et à ma parole ? et avec quelle autorité ne vous dis-jc pas qu'il faut que vous soyez humbles, mortifiés, détachés du monde; ce que je n'aurais dit qu'en tremblant, et désespérant d'en êlre cru? Or, n'était-ce i)as une sagesse à Dieu, de fournir aux ministres de Jésus-Christ et aux prédicateurs de son évangile de fjuoi vous fermer la bouche quand ils vous prêchent les devoirs les plus difficiles de votre religion, et de vous mettre dans l'impuissance de leur répondre quand ils vous reprochent l'opposition extrême que vous marquez à les pratiquer? Mais pourquoi corriger des excès par d'autres excès ? les excès de l'honme par les excès d'un Dieu ? Et moi je dis : Quelle sagesse d'avoir corrigé des excès de malice par des excès de perfection, des excès d'iniquité par des excèsde sainteté, des excès d'ingratitude par des excès d'amour? Pour retirer l'homme de l'extrémité des vices où il s'était porté, ne fallait-il pas le taire pencher vers l'extrémilé des vertus contraires? Aurait-il pu, dans la violence de sa passion, tenir loujoui-sle milieu? et n'était-il pas nécessaire, pour éteindre en lui le feu de l'avarice, de l'ainhilion, de rimi)urelé, de lui faire aimer la pauvreté, riiuuiilialion, l'auslérité ? Car, encore une lois, pour nous sauver d'une manière parfaite, il ne suffisait pas à Jésus-Christ de nous venir dire que ces trois concupiscences nous perdaient, il fallait qu'il vînt dans un état qui nous engageât à les combattre, à les contredire, à les arracher de nos cœurs. Elles ne nous perdaient qu'autant qu'elles séduisaient notre raison et qu'elles infectaient nuire cœur; et à nous en eussions conservé toujours l'amour et l'estime, nous n'étions sauvés qu'à demi. Il fallait donc que les vertus opposées à ces concupiscences malheureuses nous devinssent nonseulement supportables, mais aimables, mais précieuses et vénérables. Or, pour cela, que pouvait trouver de plus merveilleux le Verbe de Dieu, que de les consacrer dans sa personne.
SUR LA RRsnnU ACTION DE JP.SnS-CliaiST.
afin , commo dit oxcellemmont saiiil Anf:çiis(in, qii>' rhiiiiiililc lie l'iioiinuo imU dans riiiiiiiililé (l'un Iheii sur i\\nn s'appiiyor cl di' ([tioi si' soutenir coiilro li's alli'inlos et les insulles de l'orgiied : Ut humilitas humann contrit inxiiKaiitcm sibi sup(Tbiam diviuœ humilitatis patrociuio fulciretur.
En \o\\i\ trop, ( Invtieiis, je ne dis pas pour coiivainerc.niais pour confondre unjour notre raison dans le jugement de Dieu, et plaise au Ciel que ce jugement de Dieu, où noire raison doit être convaincue de ses erreurs et coulondue, ne soit pas déj;"» conuncnci'i ponr nous! car d^s aujourd'hui ce Saiiveur mourant s'est mis en possession déjuger le monde, cl la croix a été le premier tribunal sur lequel il a paru, prononçant contre les houunes, ou en faveur des hommes, des arrêts de vie ou de mort. Ce n'est point un sentiment particulier que la piété m'inspire, mais une vérité que la loi m'enseigne, quand je vous disque le jugement du monde commença au moment même que commença la passion de Jésus- Christ, puisque c'est ainsi que lui-même il s'en expliqua à ses apôtres : Nunc judicium est mundi 1. Ce ne sont point de vaines terreurs qu'on veut nous donner, quand on nous dit que la croix où cet Homme-Dieu fut a Haché sera produite i\ la fin des siècles, pour être la règle du jugement que Dieu fera de nous et de tous les hommes: Tiincparebit sigjium Filii hominis ^.
> Joan., jui, aa. — 3 Mattb., xxlv, 99,
Pensée terrihie pour un mondain ! c'est la croix de Jésus-Cluisl (|ui me jugera; celle croix si emiemie de mes passions, celle croix (pie je n'ai honoiée (|u'en spéculation, et que j'ai toujours eue en liorrem* dans la pratique; celte croix dont je n'ai jamais lait aucun usage, et tJlont k mon égard j'ai anéanti tous les imirites. (^est celte croix qui nie sera coniroidée : Ttiin: parebit svjnum Filii ftomitiis. Tout ce qui ir • s'y trouvera pas conforme, portera le caraclèie et le sceau de la réprobation. Or, quels traits de ressemblance puis-je découvrir entre celle croiï et mon libertinage, entre cette croix cl mes folles vanités, enlie celle croix et nia vii; sensuelle? Ah ! Seigneur, serai-je donc condamué par le plus grand de vos bienfaits, et ]>ar le gage même de mon salul?etcc qui devait me réconcilier avec vous ne servira-t-il qu'à me rendre devant vous plus criminel cl plusodicux2 Mais, au contraire, pensée consolante pour une ûme fidèle et juste, c'est la croix de Jésus-Christ qui décidera de mon sort ; celte croix eu qui j'ai mis toute ma confiance, cette croix qui m'a fortifié et qui me fortifie encore tous les jours dans mes peines, cette croix dont je vais adorer l'image devant cet autel, mais dont je veux être moi-même une image vivante. Dieu crucifié, recevez mes hommages, agréez les sentiments de mon cœur, et faites que votre croix, a|)rès avoir été le sujet de ma vénération, et plus encore l'objet de mon imitation, soit éternellement pour moi un signe de bénédiction I
SERMON POUR LA FÊTE DE PAQUES