A RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST
car en vous comparant avec votis-inômcs, et voyant (les il(Vs()r(liL\s si publics suivis d'une conversion si édiliantc, le inoiuie, tout impie qu'il est, n'en pourra eouclin-e antre chose sinon que ce changement est l'ouvrage de la gr;\rc, et un miracle de la main loiile-pnissanle du Trùs- Haut : Eritis milii tt'stt's. Kl en elTet, ein-éliens, si vous aviez toujours vc^cu dans l'ordre, cpiclcpie gloire que Dieu en tirât d'ailleurs, il n'en tirerait pas le témoignage dont je parle. Vous seriez moins coupables tlevant lui ; mais aussi scriez-vons moin-^ pro[)res ù faire connaître l'efficace de sa gri\ce. l*our lui servir à la cour de témoins, il fallait des pécheurs comme vous ; et c'est ainsi qu'il vous fait trouver dans votre péché même de quoi l'honorer.
Obligation de paraître converti, fondée sur l'intérêt du prochain, que vous avez scandalisé; car.commc disait saint Jérôme, je me dois à moimême la pureté de mes mœurs, mais je dois aux autres la pureté de ma réputation : Mihi deheo meam vitam, aliis debeo meam famam. Or, ce sentiment convient encore plus à un pécheur qui se convertit : Je me dois à moi-même ma conversion, mais je dois aux autres les apparences et les marques de ma conversion : et pourquoi les apparences ? pour réparer par un remède proi)ortionnc les scandales de ma vie; car ce qui a scandalisé mon frère, peut-il ajouter, ce n'est point précisément mon péché, mais ce qui a paru de mon péché. Je ne fais donc rien si je n'oppose à ces apparences criminelles de saintes apparences ; et je me flatte si je me contente de détester intérieurement le péché, et que je n'en retranche pas les dehors. Il faut, mon cher auditeur, que ce prochain pour qui vous avez été un sujet de chute, profite de votre retour, et qu'il soit absolument détrompé des idées qu'il avait de vous; il faut qu'il s'aperçoive que vous n'êtes plus cet homme dont les exemr pies lui étaient si pernicieux ; que vous n'entretenez plus ce commerce, que vous ne fréquentez plus cette maison, que vous ne voyez plus cette personne, que vous n'assistez plus à ces spectacles profanes, que vous ne tenez plus ces discours lascifs, en un mot que ce n'est plus vous : car, d'espérer, tandis qu'il vous verra dans les mêmes sociétés, dans les mêmes engagements, dans les mômes habitudes, qu'il vous croie, sur votre parole, un homme changé et converti, ce serait à lui simplicité de le penser, et c'est à vous une présomption de le prétendre. Ne sortons point de notre mystère : la résurrection du Fils de Dieu que nous avons devant les yeux, sera pour vous et pour
B. — ToM. I.
moi une preuve sensible de ce que je dis.
Poiu-qnoi Jésus-Christ a-t-il paru ressuscité, ou plutôt i\ qui a-t-il paru ressuscité ? ceci mérite votre altenlion. Il a |)aru ressuscilé, dit saint Augustin, anx uns pour les (Consoler dans leur tristesse, aux autres ponr les raim^ner de leurs ég.uemcnts, i^i cenx-là [nmv vaincre leur incrédulité, h ceux-ci pour leur reprocher l'endurcissement de leur cœur. Madeleine et le? autres femmes (pii l'avaient suivi, pleurent au[)rès du sépulcre, pénétrées de la vive douleur que leur cause le souvenir et l'image encore toute récente de sa mort : il leur apparaît, dit l'évangélistc, pour les remplir d'une sainte joie, et pour lairc cesser leurs larmes. Les disciples faibles et lâches l'ont abandonné et ont pris la fuite, le voyant entre les mains de ses ennemis ; il leur apparaît pour les rassembler comme des brebis dis[)ersées, et pour les faire rentrer dans le troupeau. Saint Thomas persiste à être incrédule, et à ne vouloir pas se rendre au témoignage de ceux qui l'ont vu : il lui apparaît pour le convaincre, et pour ranimer sa sa foi presque éteinte. Les autres, quoique persuadés de la vérité, sont encore froids et indifférents : il leur apparaît pour leur reprocher leur indifférence et pour réveiller leur zèle. Encore une fois, modèle divin sur quoi noiL devons nous former ; car c'est ainsi que nous devons paraître convertis pour la consolation de» justes, pour la conversion des pécheurs, pour^ conviction des libertins. Reprenons.
Pour la consolation des justes. Car, dans l'état de votre péché; mon cher auditeur, vous étiez mort ; et combien d'âmes saintes pleuraient sur vous ! quelle douleur la charité qui les pressait ne leur faisait-elle pas sentir à la vue de vo? désordres! avec quel serrement, ou, si vous vot^ lez, avec quel épancheraent de cœur n'en ontelles pas gémi devant Dieu! par combien de pénitences secrètes n'ont-elles pas tâché de les expier ! et depuis combien de temps ne peut-on pas dire qu'elles étaient dans la peine, demandant grâce à Dieu pour vous, et soupirant après votre conversion ! Dieu enfin les a exaucés, et, selon leurs vœux, vous voilà spirituellement ressuscité ; mais on vous dit que l'étant, elles ont droit d'exiger que vous leur paraissiez tel, afin qu'elles s'en réjouissent sur la terre, comme les anges bienheureux en trioiuphent dans le ciel ; que c'est une justice que vous leur devez; que, comme votre péché les a désolées, il faut que 'iotre retour à Dieu les console. Gela seul ne doit-il pas vous engager à leur en donner des preuves, mais des preuves assurées, qui d'une
SERMON POUR LA FÊTE DE PAQl'ES.
part les comblent de joie, et qui (k l'autre mettent comme le sceau ;\ l'œuvre de voire salut ? Pour la conversion des pécheurs. 11 y a de vos frères dans le monde qui se perdent, et qui, sortis des voies de Dieu, vivent au gré de leurs passions et ne suivent plus d'autre voie que celle de l'iniquité. Il est question de les sauver, en les ramenant d'une manière douce, mais oi'ficace, ûu vrai pasteur de leurs Ames, qui est Jésus- Christ ; et c'est vous, vous, dis-je, pécheur converti, qui devez servir îi ce dessein. Pourquoi vous ? Je le répète, parce qu'après vos égarements, vous avez pour y réussir un don particulier que n'ont pas les justes qui se sont toujours wainlenusjustes. Aussi, remarque Ori},^ène, saint Pierre lut-il singulièrement choisi pour ramener au Fils de Dieu les disciples que la (enlalion avait dissipés : Et tu aliquando conversus, confirma f retires tuos •. Et vous Pierre, lui dit le Sauveur du monde, ayez soin d'affermir vos frères quand vous serez une fois converti vous-même. Il ne donna pas cette commission à saint Jean, qui s'était tenu inséparablement attaché à sa personne, ni h Marie, qui l'avait accommpagné jusqu'à la croix ; mais à saint Pierre, qui 1 avait renoncé. Pourquoi cela ? Adorable conduite de la Providence I parce qu'il fallait, dit Origène, un disciple pécheur pour attirer d'autres pécheurs, et parce que le plus grand pécheur de tous était le plus propre à les attirer tous. Ah ! chrétiens, combien de conversions votre exemple seul ne produirait-il pas, si vous vous regardiez, comme saint Pierre, chargés de l'honorable emploi de gagner vos frères à Dieu ! Et tu aliquando conversus, confirma fratres tuos. Cet exemple, épuré de toute ostentation, et soutenu d'un zèle également humble et prudent, quel succès merveilleux u'aurait-il pas, et que pourraient faire en comparaison tous les prédicateurs de l'Evangile ? quel attrait surtout ne serait-ce pas pour certains pécheurs, découragés et tentés de désespoir, lorsqu'ils se diraient à eux-mêmes : Voilà cet homme que nous avons vu dans les mêmes débauches que nous; le voilà converti et soumis à Dieu? Y aurait-il un charme plus puissant pom* les convertir eux-mêmes ? et quand il ne s'agit pour cela que de paraître ce que vous êtes, ne craignez-vous point, en y manquant, d'encourii' la malédiction dont Dieu, par son prophète, vous a menacés ? iSaw//u»ii;m autem ejus de manu tua requiram ^.
Pour la conviction des libertins et des esprits incrédules. L'apôtre saint Thomas, devenu fidèle, eut une grâce spéciale pour répandre le don de
' Luc, xxii, S2,~i Ezech., m, 13.
la foi ; el s'il n'eût jamais été incrédule ( c'est la réflexion de saint Grégoire, i>ape ), sa prédicalioii en eût été moins toucliante. Mais la merveille était de voir un houune non-seulement croire ce qu'il avait opiniâtrement combattu, mais l'aller publier jusque devant les tribunaux, et ne pas craindre de mourir pour en conlirmcr la vérité. Voilà ce qui persuadait le monde. Son incrédulité toute seule, dit saint Chrysostomc, nous aurait perdus, sa foi toute seule ne nous aurait pas suffi ; mais son infidélité suivie de sa foi, ou plutôt sa foi [jrécédée de son infidélité, c'est ce qui nous a faits ce que nous sommes. J'en dis de même, chrétiens, en vous appliquant cette pensée : Si vous, à qui je parle, ne vous étiez jamais égarés, peut-être le monde aurait-il du respect pour vous ; mais à peine le inonde, dans le libertinage de créance où il est aujourd'hui plongé, tircrait-il de vous une certaine conviction dont il a particulièrement besoin. Ce qui touche les impies, c'est d'entendre un impie comme eux, surtout un impie sage d'ailleurs selon le monde, sans autre intérêt que celui de la vérité qu'il a connue, due : Je suis persuadé, je ne puis plus résister à la grâce qui me presse ; je veux vivre en chrétien, et je m'y engage. Car cette déclaration est un argument sensible qui ferme la bouche à l'impiété, et dont les âmes les plus hbertines ne peuvent se défendre.
Enfin, obligation de paraître converti, fondée sur notre intérêt propre. Car cette prudence charnelle qui nous fait trouver tant de prétextes pour ne nous pas déclarer, n'est qu'un artifice grossier, dont se sert l'ennemi de notre salut pour nous tenir toujours dans ses liens , au moment même que nous nous flattons d'être rentrés dans la liberté des enfants de Dieu. En effet, on ne veut pas qu'il paraisse à l'extérieur qu'on ait changé de conduite ; pourquoi ? parce qu'on sent bien que, si ce changement venait une fois à éclater, on serait obligé de le soutenir, qu'on ne pourrait plus s'en dédire ; et que l'honneur môme venant au secours du devoir et de la religion, on se ferait de la plus difficile vertu, qui est la persévérance, non pas un simple engagement, mais comme une absolue nécessité. Or, en quelque bonne disposition que l'on se trouve, on veut néanmoins se réserver le pouvoir de faire dans la suite ce que l'on voudra. Quoiqu'on renonce actuellement à son péché, on ne veut pas se lier ni s'interdire pour jamais l'espérance du retour. Cette nécessité de persévérer paraît affreuse, et l'on en craint les conséquences : c'est-à-dire, on ne veut pas ètrô
sim LA nnsniiuRCTioN de jfisus-cimisT.
inconstant, mais on veut, s'il (Mnit Itcsoin, le pouvoir tHiv ; et parce (pi'en doinianl dos niarqut\s (le coinersion, on ne lo pourrait plus, ou qu'où ne le poui rail qu'aux (l('|)eus d'une eertiiue réputation dont on est jaloux, on aiuu; mieux dissinniier et courir ainsi les i'is(pies de son ineousianee, que de s'assuier de soi-niôiue en s'ùt.inl une peruieiouse liliei lé. Car voilà, nies chers auditeurs, les illusions du cœur de l'houjuie. Mais je raisouuo loul aulrenient, et je dis que nous devons regarder connue un avautaj;e de paraître convertis, puisque, de notre propre aveu, le paraître et l'avoir paru est une raison (pit nous engaj;e indispeusablenieut ;\ IVlre, et ii l'être toujours. Je dis (pie nous devons compter pour une grike d'avoir trouvé par là le moyen de fixer nos légèretés, en (aisaut même servir les lois du monde à rétablissement solide et invariable de notre conversion. Mais si je retombe, par une malheureuse iVagililé, dans mes premiers désordres, ma conversion, au lieu d'édifier, deviendra la matière d'un nouveau scandale. Abus, chrétiens : c'est à quoi la grâce de Jésus-Christ nous défend de penser, sinon autant que cette pensée nous peut êtie salutaire pour nous donner des forces et pour nous animer. Je dois craindre mes faiblesses et prévoir le danger, mais je ne dois pas porter trop loin cette prévoyance et cette crainte; elle me doit rendre vigilant, mais elle ne me doit pas rendre pusillanime; elle doit m'éloigner des occasions par une sainte défiance de moimême, mais elle ne doit pas m'ùter la confiance en Dieu jusqu'à m'empêcher de faire des démarches pour mon salut, sans lesquelles la résolution que j'ai prise d'y travailler sera toujours chancelante. Si je me déclare, on jugera de moi, on en parlera : eh bien ! ce sera un secours contre la pente naturelle que j'aurais à me démeuUr, de considérer que j'aurai à soutenir les jugements et la censure du monde. On m'accusera de simplicité , de vanité, d'hypocrisie, d'intérêt : je lâcherai de détruire tous ces soupçons ; celui de la simplicité, par ma prudence ; celui de l'orgueil, par mon humilité ; celui de l'hypocrisie, par la sincérité de ma pénitence ; celui de l'inlérct, par un détachement parfait de toutes choses. Du reste, disait saint Augustin, le monde parlera selon ses maximes, et moi je vivrai selon les miennes : si le monde est juste, s'il est chrétien, il approuvera mon changement, et il en profitera ; s'il ne l'est pas, je dois 'le mépriser lui-même et l'avoir en horreur.
Quoi qu'il eu soit, être et paraître converti,
être et paraître fidèle, être et parnltre ce qu'on
(loi! êlie. voilà mes chers auditeurs, la frxàmla morale (pic nous pr(>che J(\sus Christ ressuscité. IleiMcux, si je vous laisse, en finissant ce discours, non -seulement instruits, mais p(rrsiiadé8 et louch(5s de ces doux im|)orlantes obli^'alions! Après cela, quchpu- indigne (pie je sois de mon mini>lèr(î, peiil-êlre poiiirai-je dire, aussi bien que sainl Paid quand il quitta les cinéliens d'K|ihèseet qu'il se sépara d'eux, que je suis pur devant Dieu et innocent de la perte des Ames, si parmi ceux qui m'ont écoulé il y en avait encore qui dussent périr : Quapropler contestor vos, quia miindus snm a smujuhw umniiim 1. Et pourquoi ? parce que vous savez, ô mon Dieu, que je ne leur ai point caché vos vérités ; mais que j'ai pris soin de les leur représenter avec toute la llbei té, quoi(|ue respectueuse, dont doit user un minisire de votre parole. Quand vous envoyiez autrefois vos prophètes pour jtrêcher dans les cours des rois, vous vouliez qu'ils y parussent comme des colonnes de fer et comme des murs d'airain, c'estù-dire conune (les ministres désintéressés, généreux et intiéi)ides : Ego quippe iledi te hodie in columnam ferream^ et in murum œneum^ regibiisJwla 2. Mais j'ose dire, Seigneur, que je n'ai pas même eu besoin de ce caractère d'intrépidité pour annoncer ici votre Evangile , parce que j'ai eu l'avantage de l'annoncei- à un roi chrétien, à un roi qui honore sa religion, qui l'honore dans le cœur, et qui fait au dehors une profession ouverte de l'honorer : en un mot, à un roi qui aime la vérité. Vous défendiez à Jérémie de trembler en présence des rois de Juda : Ne fonnides a fade eorum ■^ ; et moi, j'aurais plutôt à me consoler de ce que la présence du plus grand des rois, bien loin de m'inspirer de la crainte, a augmenté n)a confiance ; bien loin d'affaiblir mon ministère, l'a fortifié et autorisé. Car la vérité, que j'ai prêchée à la cour, n'a jamais trouvé dans le cœur de ce monarque qu'une soumission édifiante et qu'une [)uissante protection.
Voilà, Sire, ce qui m'a soutenu ; mais voilà ce qui élève Votre Majesté, et ce qui doit être pour elle un fonds de mérite que rien ne détruira jamais : l'amour et le zèle qu'elle a pour la vérité. L'Ecriture nous apprend que ce qui sauve les rois, ce n'est ni la force, ni la puissance, ni le nombre des conquêtes, ni la conduite des affaires, ni l'art de commander et de régner, ni tant d'autres vertus royales qui font les héros et que les hommes canonisent : Non
} Act.,xx, 26. — J Jerem., i, 18. — ^ Jerein.,i, L1.
SERMON POUR LE LUNDI DE PAQUES
snlvatur rex per inultam virlutem *. Il a donc été de la sagesse de Votre Majesté et de la grandeur de son ûme de n'en pas demeurer h\, mais de se proposer quelque chose encore de pins solide. Ce qui sauve les rois, c'est la vérité; et Votre Majesté la cherche, et elle se plaît à l'écouler, et elle aime ceux qui la lui font connaître, et elle n'aurait que du mépris pour quiconque la lui déguiserait ; et, bien loin de lui résister, elle se fait une gloire d'en être vaincue : car rien, dit saint Augustin, n'est plus glorieux que de se laisser vaincre par la vérité. C'est, Sire, ce que j'appelle la grandeur de votre âme, et tout ensemble votre salut. Nous estimons nos princes heureux, ajoutoit le môme saint Augustin , si, pouvant tout, ils ne veulent que ce qu'ils doivent ; si, élevés par leur dignité au-dessus de tous, ils se tiennent par leur bonté redevables à tous ; s'ils ne se considèrent sur la terre que «ommc les ministres du Seigneur ; si, dans les honneurs qu'on leur rend, ils n'oublient point qu'ils sont hommes ; s'ils mettent leur grandeur ;\ faire du bien ; s'ils font consister leur pouvoir à corriger le vice ; s'ils sont maîtres de leurs passions aussi bien que de leurs actions ; si, lorsqu'il leur est aisé de se venger, il sont toujours portés à pardonner ; s'ils établissent leur religion pour règle de leur politique ; si, se dépouillant de la majesté, ils offrent tous les jours à Dieu dans la prière le sacrifice de leur humilité. Portrait admirable d'un roi vraiment chrétien, et que je ne crains pas d'exposer aux yeux de Votre Majesté, puisqu'il ne lui représente que ses propres sentiments et que ce qui doit êh-e le sujet de sa consolation. C'est vous,
* raalm., xxxii, 16.
ô mon Dieu, qui donnez h votre peuple 3es hommes de ce caractère pour le gouverner, vous qui tenez dans vos mains les cœurs des rois, vous qui présidez ;\ leur salut, et qui vous glorifiez dans l'Ecriture d'en ôtre spécialement l'auteur : Qui (las salutem regibus *. Montrez, Seigneur, tnontrez que vous êtes ea effet le Dieu du salut des rois, en répaudantsur notre invincible monarque l'abondance de vos bénédictions et de vosgrAces, mais particulièrement la grdce des grAces, qui est celle du salut éternel. Quand nous vous prions pour la conservation de sa personne sacrée, pour la prospérité de ses armes, pour le succès et la gloire de ses entreprises, quoique ces prières soient justes et d'un devoir indispensable, elles ne laissent pas d'être en quelque sorte intéressées ; car nos fortunes, nos vies étautattachées à la personne de ce grand roi, notre gloire étant la sienne et ses prospérités les nôtres, nous ne pouvons sur cela nou^ intéresser pour lui sans faire autant de retours vers nous. Mais quand nous vous conjurons de verser sur lui ces grâces particulières qui font le saUit des rois, c'est pour lui que nous vous prions, puisqu'il n'y a rien pour lui ni pour tous les rois du monde de personnel et d'essentiel que le salut. Tel est. Sire, le sentiment que Dieu inspire au dernier de vos sujets pour votre auguste personne ; tel est le souhait que je forme tous les jours, et le souhait le plus sincère et le plus ardent. Dieu l'écoutera, et après vous avoir fait régner avec tant d'éclat sur la terre, il vous fera régner encore avec plus de bonheur et plus de gloire dans le ciel, où nous conduise, etc.
) Psalm., cxLiii, 10.
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