‹ Œuvres complètesChapitre 175 sur 183 · BOI · texte numérisé non relu

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rctonoz liion co qui mo rosier ;\ vous dire ; c'est paroùjeliiiis, et ce sera réclairtisseineiit de ma troisit'iiie prupositioii.

Je lésais, mes chers aiiditeiiis, (|nel(|iie justes que iiDiis soyons, (|iiel((U(' hoimes (iMivres (|iie nous avons pr.iliqiiées et (|iie nous |ii'alii|itioris encore tous les jours, nous ne pouvons mériter ce (Ion souverain tie la persévérance liuale : le méiiler, dis-je, d'nn mérile i)arlait, d'un mérile de juslice, d'un mérile (|ui nous donne droit lie l'exiger, ou,si vous voulez. (|ue je m (exprime avec l'école, d'un nuMile de condignité. C'est ainsi que tous les Pères de l'Eglise l'ont reconim. Mais outre ce mérite il y en a un autre: un mérile de convenance, un mérite, disent les tliéologiens, de congruilé, un mérile l'onde sur la miséricorde et sur la pure libéralilé de Dieu ; c'est-à-dire que Dieu, voyant l'hounnc appliqué de sa part i\ se maintenir dans la grâce, et pour cela se laire violence à lui-même, morlilier ses passions, résister et combattre, il se sent réciproquement ému, en vue d'une telle constance, à le gratifier de ses plus singulières faveurs, et en particulier du don de la persévérance finale, parce (]ue c'est la marque de la plus grande distiuclion et du choix le plus spécial que Dieu puisse i'aired'une àmc dans l'ordre du salut. Or, je prétends qu'à l'entendre ainsi, nous pouvons mériter cet excellent don. De 1;\, mes frères, quand nous voyons un juste, après avoir longtemps persévéré dans l'observation de la loi de Dieu, mourir saintement, nous ne nous en étonnons point. Nous disons : Cela est conforme aux idées que l'Ecriture nous donne des jugements (le Dieu : cet homme a trop bien vécu pour finir autrement sa course ; selon les lois communes de la Providence, une vie si innocente et si fervente ne pouvait être terminée que par une pareille mort ; Dieu lui a fait grâce, mais en lui faisant grâce il aeu égardà ses bonnes œuvres. Nous reconnaissons donc dans cette conduite de Dieu mie espèce de convenance qui, sans blesser en rien sa justice, l'engage à déployer toute sa miséricorde et à l'exercer. Au contraire, quand on nous parle de certains justes, qui, par un triste naufrage, après une longue persévérance, ont péri jusque dans le port et se sont malheureusement perdus; quandon nous rapporte ces exemples, nous en sommes effrayés, nous les regardons comme des prodiges, nous nous écrions avec saint Paul : 0 altitudo^l Nous jugeons qu'il y a eu dans cette disposition de Dieu quelque chose que nous ne comprenons pas; que cet homme, qui vivait régulièrement en apparence,

) £om., XI, 13,

avait |»eut-^tre uti orgueil caché que Dieu a voulu punir ; «pie l'elfet d'urn; justice si rigoureuse suppose un fond d'ini(pnté, qui ne paraissait pas au dehors, et «jiie Di(Mi voyait. Quoi (pi'il en puisse étie, ces chutes inopinées et ces coups de réprobation nous font trembler ; mais la surprise même où ils nous jettent est une preuve évidente ipie ce n'est donc |)oinl ainsi que Dieu eu use selon les règles ordinaires, (!t que nous sommes persuadés nous-mêmes (|ue la pervérance (inale estcomimmément et pies.jue im~ maïupiablement le fruit d'une persé\érancc chrélienne pendant la vie.

C'est à celle persévérance de la vie que je ne puis, mes chers auditeurs, assez vous porter; et souffrez rpi'emprunlant ici les paroles de saint Jérôme, je vous dise pour conclusion de ce discours ce que disait ce saint docteur à un homme du monde qui commençait à chanceler dans le dessein qu'il avait pris de chercher dans la rctr.iile de Bethléem un asile contre les |)éiils du siècle. Car voici comment il lui parlait, et comment Dieu m'inspire de vous parler àvous-mêmes : Ohsecro te, fvaler, et moueo pareiUis affectu, ut qui Sodomam reUquisti,ad montand fesl'uKins^ posttergum ne resjyicias ; Pécheur qui m'écoutez, puisqu'en vertu de la grâce que vous avez reçue voiTS' v^nez d'abandonner Sodome, c'est-à-dire puisque vous avez renoncé à vos engagements criminels, je vousconjure, par la charité que vous vous devez à vous-même, de ne tourner plus les yeux vers le monde, ce monde profane, ce monde corrupteur que vous avez quitté, et dont vous avez si longîem[!S éprouvé la tyrannie. Ne aratri stivam, ne [unbriam Salvatoris, quam semel tenere cœpisti, aliquando dimittas; Non, mon cher frère, ne pensez plus à secouer le joug du Seigneur que vous vous être imposé, et tenez toujours la robe de votre Sauveur, pour le suivre. Vous ne pouvez avoir un meilleur guide, et il ne vous appelle après lui que pour vous conduire à sa gloire. J\e de tecto virtuturriy pristina quœsiturus vestimenta, descendus ; Prenez garde à ne pas déchoir des hautes vertus où vous avez voulu, paf votre conversion, vous élever; et n'allez pas re prendre les dépouilles de la vanité et du luxe, aprè svous être revêtu des livrées de Jésus-Christ. Ne de agro revertaris domum; Du champ de l'Egliseoù vous êtes rentré, et où vous commencez à recueillir les fruits de la gi'àce, ne retournez point à ces maisons où votre innocence a tant de fois échoué, ni à ces lieux de scandale et de débauche. Ne campeslria cum Loth, ne amœnahortonim diligas, quœ non inigantur de cœlo, ut terra snnda, sed de turbido flumine Jordanis ; Ne

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