‹ Œuvres complètesChapitre 28 sur 183 · SUR LA FAUSSE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

SUR LA FAUSSE CONSCIENCE

que des demi-chAtiments : mais i^^païuiez datïs leurs consciences des tc'^nùhrcs <^[)aisscs, et la mesure de volro colère, aussi hien (|ue de leur iniiiuiltS sera remplie. Il concevait donc que l'aveii^^leuienl de leur fausse conscience était la dernicVe etla plus alTreuse peine du péché. Mais c'est pour cela même que, par un esprit tout contraire h celui d'Isaïe, je fais aujourd'hui une prière tout opposée, en disant à Dieu : Ah ! Seigneur, quelque irrité que vous soyez, n'aveuglez point le cœur de ce peuple, n'aveuglez point les consciences de ceux qui m'écoulcnt ; et que je n'aie pas encore le malheur de servir malgré moi, par l'abus qu'ils feraient de voire parole et de mon ministère, h la consommation et aux tristes suites de leur aveuglement. Déchargez voti'e colère sur tout le reste, mais épargnez leurs consciences. Leurs biens et leurs fortunes sont ;\ vous, faites-leur-en sentir la perte, mais ne les privez pas de ces lumières qui doivent les éclairer dans le chemin de la vertu. Humiliezles, mortifiez-les, appauvrissez-les, anéantissezles selon le monde; mais n'éteignez pas le rayon qui leur reste pour les conduire. A tout autre punition qu'il vous plaira de les condamner, ils s'y soumettront; mais ne les mettez pas h l'épreuve de celle-ci, en leur ôtant la connaissance et la vue de leurs obligations : car ce serait les perdre, et les perdre sans ressource, ce serait dès celle yie les réprouver. J'achève. Fausse conscience aisée à former, fausse conscience dangereuse et pernicieuse àsuivre, c'est ce que je vous ai fait voir. Enfin, fausse conscience, excuse inu tile pour nous justifier devant Dieu : c'est la dernière partie.

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