‹ Œuvres complètesChapitre 32 sur 183 · SUR LA SF.VÉIUTÈ DE LA PÉNITENCE · texte numérisé non relu

SUR LA SF.VÉIUTÈ DE LA PÉNITENCE

avec Dieu? Or qu'y a-t-il, que peut-il y avoir pour nous dans la vie do [)liis avanta;^eux cl de plus doux (juc celte double paix? (luoi qu'il nous en coûte pour l'avoir, la pouvons-nous trop acheter? et quelque austère que nous paraisse et que soit luème la pénitence, pouvonsnous ne la pas aiuier quand il s'agit de rentier engrAce avec le maître de qui dépend tout notre boidieur, et de rétablir dans nous-inéines une paix qui, sur la terre, est le souverain bien , et qui ne peut compatir avec le péché ? Avançons.

De cette paix intérieure naît une sainte joie : autre fruit de la sévérité de la pénitence, autre don de l'Esprit de Dieu, qui pour cela même est appelé dans l'Ecriture la joie du Saint- Esprit : Gflwrfjwm ni S/)Jn7u 5fl«cfo '. Qui peut l'exprimer, chrétiens, qui peut la connaître sans l'avoir sentie? qui peut comprendre la consolation dont est remplie une âme criminelle, mais pénitente, quand, par un généreux elïort, elle est enfin parvenue à remporter sur elle-même la victoire d'où dépendait sa conversion ? quand elle a fait à Dieu le sacrifice de la passion dont elle était auparavant esclave ; quand elle a une fois rompu ses liens ; qu'elle commence à respirer la liberté des enfants de Dieu, et qu'elle peut lui dire comme David : Dirupisti vincula mea ; tibi sacrificubo hostiam laudis 2 ; c'est vous qui avez brisé mes chaînes, et qui m'avez tiré de la servitude où mon péché m'avait réduite : je vous bénirai, Seigneur, je vous louerai, je vous rendrai d'éternelles actions de grâces. Elle s'est fait violence pour en venir là ; et la résolution qu'elle a prise de rompre ce commerce qui la perdait, de s'arracher l'œil qui la scandalisait, de sortir de l'occasion où elle se damnait, celte résolution chrétienne, mais si diflicile à prendre, mais encore plus difficile à exécuter, a été pour elle une espèce d'agonie, et c'est sans doute ce qu'il y a de plus sévère dans la pénitence : mais aussi le coup une fois porté, l'ouvrage une fois achevé, de quelle abondance de joie Dieu ne la comble-t-il pas ? C'est un mystère impénétrable pour l'homme charnel et animal. Gomme il n'a là-dessus nulle expérience, il ne m'entend pas; mais c'est justement, dit saint Ghrysostome, parce qu'il n'en a nulle expérience, qu'il ne doit ni s'en croire, ni en être cru ; c'est parce qu'il ne l'a jamais éprouvé qu'il doit s'en rapporter à ceux qui l'éprouvent.

Or quelle épreuve n'en font pas ceux qui se

} Roffi., xiT, 17. — » Pàalin., cxv, 17,

converlisgent de bonne foi, et avec quu<'l épanchement de cœur ne s'en expliquent-ils pas T Combien tout à coup, disait saint Augustin, surpris du changement miraculeux que la grAce avait fait en lui, et racontant, non plus ses misèies, mais les miséricordes du Seigneur, combien tout à cou|» tronvai-je de plaisir à renoncc'r aux plaisirs criminels du monde, et combien n)e fut-il doux de quitter ce que j'avais tant craint de perdre ? Car vous, ô mon Dieu, qui èies le seul vrai et souveiain bien ca[)aljle de remplir une àme, vous me teniez Heu de tous les plaisirs; et la joie de me voir enfin soumis à vous, la joie de m'être surmonté moi-même, était pour moi quelque chose de plus délicieux que toutes mes délices passées. Ainsi la pénitence de saint Augustin vérifiait-elle la promesse du Fils de Dieu : Mundus guudebit, vos autem coiiUislabimmi , sed Iristitia veslra vertetur in gaudiuin i : le monde sera dans la joie, et vous seiez dans la tristesse ; mais votre tristesse , c'est- à-dire votre pénitence, qui est proprement et uniquement cette tristesse salutaii-e dont saint Paul félicitait les Corinthiens, votre tristesse se tournera en joie, et celle joie sera le centuple de toutes les joies du monde, dont vous vous serez privés.

Répondez-moi, dit le mondain, de cette douceur de la pénitence, et dès aujourd'hui je me convertirai. Assurez-moi que cette joie ne me manquera pas, et je me condamnerai à tout ce que la pénitence a de plus rigoureux. Vous vous trompez, reprend saint Bernard , et vous raisonnez mal. Infidèle et mondain au point que vous l'êtes , j'aurais beau vous en répondre, ce que j'en dirais ne ferait sur vous nul effet, et l'attachement actuel que vous avez à ce qui vous pervertit, vous rendrait inutile l'assurance que je vous donnerais d'un b.ea dont vous n'auriez qu'une connaissance de spéculation, mais dont vos sens ne seraient pas touchés. Douceurs pour douceurs, vous vous en tiendriez à celles que vous goûtez, parce qu'elles sont présentes, et que les autres ne seraient encore pour vous qu'en idée et en espérance. Il faut commencer par vous vaincre : car cette joie dont je vous parle est la manne caciiée qui n'est réservée qu'au vainqueur : Vincenti dabo manna absconditum 2. Il faut exeicer sur vous-même et contre vousmême les rigueurs de la pénitence, et alors la pratique vous convaincra, et dans un moment vous en découvrira plus que tous les discours. Qu'est-il même nécessaire d'ailleurs que je

Apoc., II, 17.

SERMON POUR LE QUATHlflME DIMANCHK DE L'AVENT.

parle et que je renouvelle des promesses que Dieu tant de fois lui-môme vous a faites ? Fiezvous-en à votre Dieu; il n'a jamais trompé personne ; si vous ôtes généreux, il sera fidèle.

Mais n'en voyons-nous pas qui, jusque dans leur pénitence, ne trouvent que des sécheresses, et ne parviennent jamais à ce centuple bienheureux d'une joie pure et secrète? Ne le confessent-ils pas les premiers, et ne se plaignent-ils pas de leur état comme s'ils reprochaient en quelque sorte ii Dieu qu'il ne leur a pas tenu parole? Oui, il y en a; mais qui sont-ils communément ! Ah? répond saint Bernard, il n'est point vrai qu'à ceux qui , généreusement et de bonne foi, se sont condamnés aux exercices d'une pénitence sévère, cette joie solide et spirituelle ait manqué. S'il y a des âmes dans le monde trompées sur ce point et frustrées de leur attente, grâce à la Providence et à la justice du Dieu que nous servons, ce ne sont pas celles qui pratiquent la pénitence dans toute son austérité, mais celles, au contraire, qui la modèrent autant qu'elles peuvent , et plus qu'elles ne doivent ; mais celles qui ne la veulent pratiquer que selon leur gré ; mais celles qui lai ôfent tout ce qu'elle a de pénible et d'incommode, et ne s'en réservent que la cérémonie et la figure ; mais celles dont la pénitence peut-être, avec tout son éclat et un certain extérieur de sévérité, ne laisse pas d'être accompagnée de mille relâchements. Que chacun de nous s'examine ; et pour peu que nous ayons de lumières , nous découvrirons dans nous-mêmes le principe du mal, et ce qui nous empêche de sentir au fond de notre cœur celle onction de la pénitence chrétienne : nous reconnaîtrons que nous ne devons souvent nous en prendre qu'à nous-mêmes ; nous nous écrierons avec le Prophète royal : Justus es, Domine, et rectum jiidicium tuum ^ ; vous êtes juste , Seigneur ; et il n'est pas surprenant qu'aussi lâche que je suis dans l'usage de la pénitence, je n'y trouve pas ce qu'y ont trouvé et ce qu'y trouvent encore tous les jours tant d'âmes ferventes. Dès que j'aurai le même courage, le même zèle, la pénitence aura pour moi le même goût.

C'est donc, chrétiens , un abus et un étrange abus, quand nous nous faisons de la sévérité de la pénitence un obstacle à la pénitence môme : et l'un des artifices les plus ordinaires et les plus dangereux dont se sert l'cnnerai de notre salut pour endurcir les hommes dans le péché , et pour les détourner des voies de Dieu, est de

1 rSAla., CXTllI, 187.

leur représenter la pénitence sous des idées affreuses, qui leur en donnent do l'horreur et qui les rebutent. Il semble même (pi'on prenne plaisir à se la figurer comme telle, pour avoir droit de s'en dispenser; et parce qu'il se trouve quelquefois, entre les ministres de Jésus-Christ et les pasteurs de son troupeau, des hommes zélés, mais d'un zèle qui n'est pas selon la science, des esprits toujours portés aux extrémités, qui, pour ne pas rendre la pénitence trop facile, la réduisent à l'impossible, qui n'en parlent jamais que dans les termes capables d'effrayer, qui la proposent crûment et d'une manière sèche, sans y mettre jamais ce tempe rament d'amour et de confiance qui eu doit être inséparable, qui croient avoir beaucoup fait quand ils ont, non pa^ redressé, mais embarrassé et troublé une conscience faible, et qui, manquant dans le princi|)e, ne font jamais envisager Dieu au pécheur que sous une forme terrible, comme s'ils craignaient qu'il n'y eût, pour ainsi dire, du danger pour Dieu à paraître miséricordieux et aimable, et qu'ils souhaitassent eux-mêmes qu'il le fût moins ; parce qu'il se trouve, dis-je, des esprits préoccupés de ces sentiments, et encore plus déterminés à les inspirer aux autres, qu'arrive-t-il ? Le libertin en profite et le faible s'en scandalise; le libertin en profite , ravi qu'on lui exagère les choses pour être en quelque manière autorisé par là à n'en rien croire ou à n'en rien faire, et qu'on lui en demande trop, pour avoir un spécieux prétexte de renoncer à tout : c'est-à-dire que de ces caractères outrés de la pénitence, qu'il paraît néanmoins estimer, et à quoi il donne de faux éloges, il ne tire point d'autre conclusion que de se confirmer dans son impénitence. Car voilà, mes chers auditeurs, le raffinement du libertinage de notre siècle : on veut une pénitence extrême, sans adoucissement, sans attrait, parce qu'on n'en veut point du tout. Si je la faisais, dit-on, c'est ainsi que je la voudrais faire ; mais on en demeure \h, et l'on se sait bon gré de cette disposition prétendue où l'on est de la bien faire, supposé qu'on la fit, quoiqu'on ne la fasse jamais. Ou tout, ou rien, dit-on ; mais bien entendu qu'on s'en tiendra toujours au rien, et qu'on n'aura garde de se charger jamais du tout.

Ainsi raisonne le libertin ; et, d'ailleurs, que conclut le faible ? rien autre chose que de se décourager, de s'attrister, de s'abandonner à de secrets désespoirs, de regarder la pénitence comme impraticable, de se persuader qu'il ne la soutiendra jamais, qu'elle l'accablera d'un

SUR L.\ SI^.VftniTIÎ DE LA PfiNI TKNCE.

ennui morlel, et qu'il y succoinl)era ; de dire sans cesse, connue l'Israélite prévaricateiu* : Qnis uostntm valet ad cœlum asr.cndere * ? Et quel est riionimc sur la terre qui [)uissc espérer de parvenir là et de s'y maintenir ? car /est ainsi (jue noire lâcheté se prévaut des er- .eurs du monde pour secouer le jouy* de Dieu. Mais Taudra-t-il, Seigneur, qu'une illusion aussi grossière que celle-là nous trompe et nous perde, et que notre ignorance sur ce point nous tienne toujours lieu d'excuse ? Non, mon Dieu ; car tandis que vous me confierez le ministère de votre sainte parole, je prêcherai ces deux vérités sans les séparer jamais : la première, que vous êtes un Dieu terrible dans vos jugements, et la seconde, que vous êtes le père des miséricordes et le Dieu de toute consolation. Je ne seraijamais assez téméraire pour prêcher TOtre miséricorde sans prêcher votre justice, parce que je sais les conséquences dangereuses qu'en tirerait l'impiété ; mais aussi me icrais-je un crime de prêcher les rigueurs de voire justice saus parler en même temps des douceurs de votre miséricorde, parceque la foi m'apprend, et que c'est vous-même qui me l'avez révélé, que votre miséricorde sauve les pécheurs, au lieu que votre justice seule ne peut que les damner et les réprouver. Je joindrai donc l'un et l'autre ensemble, pour pouvoir toujours dire, comme David : Miserkordiam et judicium cantabo Hbi, Domine 2 : Seigneur, je chanterai vos bontés et vos jugements ; et quand les pécheurs du siècle devraient abuser de cette inépuisable miséricorde que je leur annoncerai pour votre justification, Seigneur, je ne cesserai point de la publier hautement, afin que vous soyez reconnu pour ce que vous êtes, c'est-à-dire pour un Dieu également juste et bon ; et qu'à l'égard des impies mêmes vous soyez à couvert de tout reproche, quand l'excès de leurs désordres vous forcera un jour à les condamner : Ut justificeris in sermonibus tuis, et vincas cum judicaris -K Je dirai à votre peuple, que par le péché nous contractons une dette infinie ; mais je ne manquerai pas aussitôt de l'avertir que, par le secours de votre grâce, il nous est aisé de nous acquitter, parce que vous nous donnez vous-même de quoi vous payer. Je lui dirai que la pénitence doit être sévère, afin qu'il ne se perde pas par une malheureuse présomption ; mais aussi, afin qu'il ne tombe pas dans un ;funeste désespoir, je le consolerai en lui disant que la plus sévère pénitence devient la plus douce, par l'onction qui y est attachée : et vos promesses, ô mon

' Deuter., xxx^ 11. — 'Pjalm., c, i. — » Ibid., l,6.

Dieu, les oracles de votre Ecriture, font les preuves louchantes et convaincantes que je lui en ap[)orterai. Je lui dirai, |)0ur ne le pas Irouiper, que celte sévérité de la péniteuce est un joug; maisjc n'oublierai pas de lui dire, pour l'animer à le porter, que c'est votrejoug, cl (jue vous vous êtes obligé à le porter vous-même ;ivec nous ; que, selon l'expression de votre Apùlre, c'est votre esprit qui pleure en nous, qui s'affiige en nous, qui fait, si j'ose parler ainsi, pénitence en nous, parce que c'est par lui que nous la faisous, et que c'est lui qui, pour nous mettre en état de la faire, nous élève au-dessus de nous-mêmes.

Gardant ces règles, mon Dieu, je ne craindrai rien ; et jusqu'en présence des rois de la terre, je parlerai sans confusion, aussi bien que David, des obligations de votre loi : Locjuebar de testimoniis tuis in conspectu regum, et non confundebar '. Je parle ici. Seigneur, devant le premier roi du monde : et jamais rniuistre de l'Evangile eut-il l'honneur -de porter votre parole à un aussi grand prince? Non-seulement c'est le plus grand roi du monde, mais, ce qui me rend sa personne encore bien plus augusle, c*est le plus chrétien des rois ; c'est le protecteur le plus puissant de votre Eglise ; c'est un roi zélé pour sa religion, ennemi de l'impiété, et qui ne souffrira jamais que le libertinage s'élève impunément contre vous ; un roi qui aime la vérité, et dont je puis bien dire ce que saint Ambroise disait deïhéodose^ qu'il approuve plus celui qui reprend les vices, que celui qui les flatte : Qui magis arguentem probat, quam aduhintem 2. Eloge qui ne convient qu'aux grandes âmes, et qui les distingue des autres. Tel est le monarque devant qui je parle : mais quand je parlerais devant les rois du monde les plus infidèles et les plus ennemis de votre nom, je leur dirais avec une confiance respectueuse ce que vous voulez qu'ils sachent : que vous êtes leur Dieu, qu'ils doivent se soumettre à vous, et que, puisqu'ils sont pécheurs comme le resle des hommes, la pénitence est un devoir pour eux aussi bien que pour le reste des hommes : Loquebar de testimoniis tuis in conspectu regum.

Voilà ce que Jean-Baptiste prêchait dans la Judée. A qui? non-seulement au simple peuple, mais aux grands du monde et de la cour, qui venaient l'écouter, et à ceux-ci encore plus qu'aux autres,parce qu'il savait que la pénitence leur était encore plus nécessaire. Comme les grands de la cour, selon le rapport de l'Evangile, l'allaient chercher dans le désert, il ne sortait point de son désert pour leur annoncer

' Ps va-, cxvui, 46. — ' mbros.

SERMON SUR LA NATIVITE

ces vérités. Maintenant que les prédicateurs sont obligeas de quitter leur solitude pour venir les faire entendre à la cour, voilà ce que je vous prêche, mes chers auditeurs, avec un mérite bien inférieur à celui de Jean-Bapliste, mais de la part du môme Dieu : Pœnitentiam agite ; appropinqunvit enim regnum cœlunnn ' ; faites pénitence, parce que le royaume du ciel est proche. 11 est proche , chrétiens , puisque nous touchons de près au grand mystère de notre rédemption. Mais dans un autre sens, il est peutêtre encore plus proche que vous ne le pensez. Le terme de notre vie, l'instant de la mort, le jugement qui la suit, c'est ce que l'Ecriture en iriillc endroits veut nous marquer par cette proximité du royaume de Dieu. Or, à l'entendre de la sorte, combien y en a-t-il dans cette assemblée pour qui il est proche, et combien de ceux môme qui s'en croient les plus éloignés ? Si Dieu, au moment que je parle, me les désignait en particulier, et que, m'adressant à chacun d'eux, je leur dise de cette chaire : C'est vous, mon cher auditeur, qui n'y pensez pas, c'est vous qui devez mettre ordre à votre conscience, car vous mourrez dès demain, et voici le dernier avertissement que Dieu vous donne : si je leur parlais ainsi, et qu'ils fussent certains de la révélation que j'en aurais eue de Dieu, il n'y en aurait pas un qui ne se convertît, pas un qui ne renonçât dès aujoui'd'hui à tous ses en-

> Matth.., UI, 2.

gagements, pas un qui n'acceptAt la pénitence la plus sévère que je pourrais lui imposer : pourquoi ? parce qu'ils seraient assurés que leur dernier jour approche, et qu'ils ne voudraient pas perdre le temps qui leur resterait. Ah ! chrétiens, pourquoi ne faites-vons pas ce que feraient ceux-ci, et pourquoi ne font-ils pas euxmêmes dès maintenant ce qu'ils feraient alors? Avons-nous une caution contre l'inconstance de la vie et l'incertitude de la mort ? Ce que nous ne voulons pas faire présentement, et ce que nous pouvons néanmoins faire utilement, sommes-nous certains que nous aurons dans la suite le temps de le faire et les moyens de le bien faire ? Qui vous répond de Dieu ? qui vous répond de vous-mêmes ? Les exemples de tant d'autres qui ont été surpris, et des exemples présents, des exemples domestiques, ne doiventils pas vous faire trembler ? Les avcz-vous déjà oubliés ? Pour un pécheur qui trouve encore à la mort le temps de faire pénitence après l'avoir perdu pendant la vie, ne peut-on pas dire qu'il y en a cent qui ne le trouvent pas ? Et de cent qui l'ont, n'est-il pas vrai et ne puis-je pas ajouter qu'il n'y en a presque pas un qui fasse une bonne pénitence ? Pœnitentiam agUe. Faisons-la donc, chrétiens, et faisons-la promptement, et faisons-la sans ménagement, afin qu'elle nous obtienne grâce devant Dieu, -ii qu'elle nous mérite la gloire que je vous souhaite, etc.

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