Magnifice sapientiam traelabat. II Machab. c. II
4. Inilruclion sur les études propres à former uil magiittat.
NOTICE SUR DOURDALOUE.
ra
din.iires, qui faisaient dire h M"" de S6vii;ii6 : Hossucl se bat à outrance ; tons ses sermons sont des combats à /nort. iMais Bossiiet lui-môino a dit, en parlant de Ifoiirdaloue : Cet homme sera éternellement notre maître en tout; et il parlait ainsi après avoir entendu l'oraison l'unèbre du grand Condé, prononcée par Bourdaloue dans l'église de la iMaison i)rofesse \ Cependant il ne faut pas prendre à la lettre ce jugement de Bossuet : si Bourdaloue l'emportait sur lui comme prédicateur, l'évêque de Muaux était supérieur à Bourdaloue dans l'oraison funèbre.
On comparerait encore avec plus d'avantage Boiirdilnue aux autres prédicateurs ses contemporains. Sans doute on ne doit établir de parallèle qu'entre des hommes qui peuvent être mesurés à la même hauteur, mais toute comparaison n'est point un parallèle. Il n'en fut pas des orateurs chrétiens, sous Louis XIV, comme des autres écri-
vains effacés par cenv qui sVlevaicm; audessus d'eux. I.es jésuites étaient, nprès Bourdaloue, La Hue*, Cheminais"', Girnnst*; comme les oratoriens nommaient, -iprès Massillon, La Roche', Hubert' et Soanen'. Tel est le privilège de l'élorpience tirrée. Une fois dépouillée de l'éfudition pi :.iue, elle brilla dans presque tous les prédiciiuirs du xv!!"-" siècle ; et ils occupent une ;,lace non-seulement dans l'histoire de la cl. tire, mais aussi dans celle du grand prédicaleur qui les estimait, et aimait à les entcn.lre. Ils ont eu assez de talent pour ne pas rougir de lui être inférieurs.
Il est des rangs honorables après le premier rang. Plusieurs orateurs cbrélions ont un mév'ilc particulier, quoique inférieur: Bourdaloue a un mérite plus étendu et plus éminent. On trouve dans le P. de La Rue une imagination vive, féconde et hardie ; un génie élevé, irrégulier dans son essor ; un rapide torrent d'expressions et de mou-
1. Bourdaloue n'a prononcé que deux oraisons fanèbre?!, celle de Henri de Bourbon, prmce deCondé, en 1683, trente-sept ans après sa mort, en vertu de la fondation faite dans l'églUe delà Miison professe, par Jean Perrault, secrétaire des commandements de ce prince, à qui il devait sa fortune et son élévation (il était président de la chambre des comptes de Paris) ; et celle de Louis de Bourbon, dit le grand Condé, prononcée en 1687, Bourdaloue disait dans l'exorde de sa première oraison funèbre : « Je suis « le premier qui satisfais à ce devoir (de la fondi- « tion de Perrault). Je m'y trouve engagé par des c ordres qui me sont aussi chers que vénérables. « Le prince devant qui je parle (le grand Condé) l'a « désiré, et il n'en fallait pas davantage pour lui « obéir. Ce sera à vous, chrétiens, dans ce genre « de discours qui m'est nouveau, de me supporter; « Qt à moi d'y trouver de quoi vous instruire et de « quoi éd fier vos âmes. » G'tist après avoir lu cette oraison funèbre que Bayle écrivait : Bourdaloue m'a charmé, .. Que cela est beau !
2. Charles db La Rtje, naquit à Pans en 1643, et mourut dans la n ême ville, au collège de Louis-le- Grand, la %7 mai 17"25. Il prêcha cinq avents et cinq carêmes à la cour. Ses Sermom furent imprimés en 1719, à Paris et à Lyoa, 4 vol. in-l2 et in-4. Ses Panégyriques, publiés en 1740, avec quelques autres sermons, forment 2 vol. Il faut y joindre les Oraisons funèbiei qui parurent la même année, in-l2. On distingue ses sermons des Cnlaniiiés publiques, du Pécheur mourant et du Pêcheur mort. Il passa pour être le prédicateur de son siècle qui débitait le mieux. Ses poésies latines ont été plusieurs fois imprimées. Il a donné une bonne édition de Virgile pour la Collection du Daupfun, Paris, 1682 et i717, in-4.