‹ Œuvres complètesChapitre 5 sur 183 · Timoléon Cheminais, prédicalenr célèbre, né à · texte numérisé non relu

Timoléon Cheminais, prédicalenr célèbre, né à

Paris, le 3 janvier 1652, mort le 15 septembre 1690. Ses S-'>moris lurent publiés par le P. Bretonneau, Paris, 1690. 1691 et 1729, 5 vol. in-12.

4. Jacques Gihoust, mort à Paris en 1689, à l'âge de soixanie-cînq ans, fut un des meille rs prédicateurs du xvn» siècle. Ses sermons ont été publiés par le P. Bretonneau en 1704, 5 vol. in-12.

5. Jean de La Hoche, né à Nantes, entra dans la congrégation de l'Oratoire, parut avec un grani succès dans les principales chaires de la province et de la capitale, prêcha deux carêmes à la cour, et mourut en 1711, à l'âge de cinquante-crin j ans. Ses Sermons et ses Panégyriques forment 8 vol. in-12, 1724 et ann. suiv. On distingue son Panégyrique de saint Augustin et celui de saint Louis.

6. Mathieu Hddert, naquit à Ciiâtillon dans le Maine, entra dans la congrégation de l'Oratoire en 1661, prêcha le carême à li cour en 1663. et mourut à Paris le 22 mars 1717, à l'âge de soixante-dixsepi ans. Le P. Desmolets publia ses Sermont et ses Panéyyriques en 1725, 6 vol. in-12. Il prouve éloquemment et avec force, dans son beau disco.ii*3 sur la Gi'andeur mondaine, qu'elle est toujours dangereuse, soit qu'elle ait été donnée par la naissance, soit qu'on l'ait recherchée par l'ambilioûy ou qu'OB l'ait acquise par l'industrie.

7. Jean Soanen, né à Riom le 6 janvier 1647, entra en 1661 dans l'institution de l'Oratoire ; il prêcha les caiêmes de 1686 et 1688 à la cour, où H obtint tous les suffrages. Il fut nommé évêque de Senez en 1695, et mourut exilé à la Chaise-Dieu le 25 décembre 1740, âgé de qualre-vingt-douz; an*. On a de lui des Instructions pastorales, des Manda* mens et des Lettres, dont le recueil est trop volumineux. On imprima sous son nom, en 1767, 2 vol. in-12 de Sern.ons, dont Vanth&aticilô a éié cuttteslée.

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NOTICE SUR BOURDALOUE

TeiT^pnts qui entraînent : mais il n'a ni la solidité, ni la force de Kourdaloiie. On ap-

Îelait Cheminais le Racine des prédicateurs. 1 est i)lcin de feu et d'onction ; mais il manque de profondeur, et dans ses discours le rhéteur se montre trop à découvert.

Après ces deux orateurs distingués, il ea est qu'on estimé encore. Giroust joint à un esprit droit et solide, une grande connaissance de lEcriture et des Pères, une éloquence naturelle et forte ; mais il méprisait les crnements du style, et le sien est trop négligé. Les sermons de La Roche sont écrits a> ?c noblesse, élégance et solidité. On y désirerait quelquefois plus de clarté. Il excella surtout dans les panégyriques. Racine tiouvaitplus de beautés dans les discours de ce prédicateur que dans ses propres ouvrages. Hubert réunit la noblesse des expressions à la force du raisonnement. Il frappe l'esprit et émeut la volonté. Bourdaloue le mettait au nombre des premiers prédicateurs de son temps. Mais son style est trop dépourvu d'ornements ; et dans quelques-uns de ses discours se fait remarquer une faiblesse voisine de la médiocrité. Soanen était, dans l'Oratoire, un des quatre grands prédicateurs qu'on appelait à la cour les quatre Evangélistes. Bourdaloue aimait à l'entendre ; et Fénelon ne proposait, dit-on, d'autres modèles pour l'éloquence de la chaire, que le célèbre jésuite et l'évêque de Senex.

C'est au milieu de ce cortège d'orateurs renommés que Bourdaloue s'élève comme un géant: il les surpasse et les embrasse tous. Rehausser leur gloire, c'est faire paraître plus grande la sienne même. Et combien il fallait être grand pour l'être plus que ceux dont les talents furent fécondés et agrandis, dans un siècle si célèbre, par l'esprit de l'éloquence chrétienne !

La supériorité de Bourdaloue dans l'éloquence de la chaire était si bien établie qu'on l'appelait le prédicateur des rois et le roi des prédicateurs. Le P. Bouhours dit que ce titre glorieux lui fut donné lorsqu'il eut un jour prêché devant Louis XIV 6t .Jacques II, roi d'Angleterre*. Quelques écrivains du xviu' siècle ont trouvé ce mot

ridicule, et ont douté qu'il eût jamais été dit. Cependant, le I*. de La Santé, jésuite, rapporte dans son discours latin de la supériorité des Français dans les Lettres sur les autres peuples de l'Europe*^ que la France appelait Bourdaloue non-seulement le prédicateur des rois, mais encore le roi des prédicateurs : Quem non modo regum oratorem, sed et oratorum regem appellavit Gallia; et il ajoute qu'il est ainsi désigné par le plus habile maître de l'art oratoire, ab elegantissimo ariis oratoriœ magistro.

On dit que Bourdaloue se recueillait les yeux fermés en composant ses sermons. Ce trait de physionomie, qui caractérise bien son esprit méditatif, a été conservé dans son portrait, qui ne fut tiré qu'après sa mort «.

Les auteurs contemporains font le plus grand éloge de cette partie du talent de Bourdaloue que nous ne pouvons plus juger, c'est-à-dire, de son action oratoire, de ce qu'on appelle l'éloquence du geste et de la voix. Le débit de ce grand orateur était rapide et entraînant; sa voix pleine et douce, sonore et harmonieuse ; son geste vif et animé : « Tout était orateur en « lui, dit le P. Bretonneau, et tout servait « à son action. »

Pour mieux assurer l'effet et le succès de ses discours, il en soignait la composition et le stjle, et il /attachait à les graver profondément dans sa mémoire. Aussi, répondait-il, quand on lui demandait auquel de ses sermons il donnait la préférence : A celui que je sais le mieux, parce que c'est celui que je dis le mieux'".

Sa réputation était aussi grande dans les provinces que dans la capitale. Le P. d'Harrouis disait à Ménage : « Lorsque le P. « Bourdaloue prêcha à Rouen, tous les ar- « tisans quittaient leur boutique pour l'alc 1er entendre ; les marchands quittaient <( leur négoce, les avocats, le palais ; les « médecins, leurs malades : pour moi, lorsc que j'y prêchai l'année d'après, je remis 6 toutes choses dans Tordre. Personne n'att bandonnait plus son emploi '. t>

Dans les dernières années de la vie de

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