‹ Œuvres complètesChapitre 6 sur 183 · Doute» à MM. de FAcad. française, p · texte numérisé non relu

Doute» à MM. de FAcad. française, p

2. Utrum Gain cœtevos inier EuropcF populos ingenii palniam in re UHeraria sibi vindicare possint, Oraiio. Paris, Fratres BarLou, 1728, in-4, p. 27.

3. On mit au bas de la gravure qui fut faite d'après ce portrait, cas paroles du psaume cxvui. : Lo q^Mbar dtf UstimonKii tuis in conspectu regum, et medi-

tabar in mandatis luit.

4. On trouve, dans quelques recueils, le môm« mot attribué à Massillon.

5. Méiingiam, tome II, p. 54. — M. S..., archidiacre d'Auxerre, qui crie toujours en chaire, disait en parlant du P. Bourdaloue : « Il prôcho fort bien, et moi ly» fort » {iàid. p. 338).

NOTICE SUll BOl'UDALOUE.

Boiirtîaloue on imprima des frap:ments de SCS sermons. Ce n'c'ilaient que des copies infidèles faites pendant qi ^. le prédicateur était en chaire. Mais il était difficile de le suivre, parce que sa parole était rapide. Bourdaloue désavoua celte édition subreptice'. Ce ne fut qu'après sa mort que le P. Bretonneau recueillit, mit en ordre, et publia successivement tous les discours de ce célèbre prédicateur *; et comme il avait déjà fait imprimer ceux du P. Cheminais et du P. Giroust, en 1693 et en 1704,1e P. de La Rue lui appliquait ce qui a été dit de saint Martin : Trium mortuorum suscitator magnificus.

Il nous reste à faire connaître quelques traits de la vie d'un de ces grands hommes dont la Franco honore la vertu et montre avec orgueil les ouvrages à toutes les nations. Hors de la chaire, Bourdaloue prêchait en qucl({ue sorte par chacune de ses actions; et sa vie, comme l'a dit l'éloquent historien de Fénelon, était encore plus éloquente que ses sermons mêmes^ .

L'étonnant effet qu'il produisait dans la chaire évangélique, fît désirer à un grand nombre de personnes de l'avoir pour directeur. Il crut qu'il était de son devoir de cultiver ce qu'il avait planté, et il se chargea du double ministère de la parole et de la pénitence. Descendu de la tribune sacrée,

il écoutait pendant cinq à six heures, les petits et les grands, les riches et les pauvres. Il allait mCme visiter ces derniers; il consolait leur misère, il charmait leurs douleurs. Son humilité était un grand exemple ; sa charité, le digne commentaire de ses discours.

L'éclat de sa réputation ne lui permit pas toujours de vivre dans la retraite. Il alla quelquefois dans le monde, qu'il lui fut utile de connaître ; il y fut connu plus utilement lui-même par sa haute vertu.

Lorsque M^'dc Maintenon voulut donner à la Maison de Saint-Cyr des règlements dignes de ce bel établissement, et le mettre ainsi à l'abri des variations qui menacent les institutions nouvelles, elle invoqua les conseils et les lumières de Bourdaloue et de Fénelon*.

On lit dans les Entretiens de il/°" de Maintenon, que le P. Bourdaloue fut quelque temps son confesseur. Elle avait désiré qu'il ne cessât point de la diriger : « Mais ce ce saint et savant prédicateur lui déclara a (dit-elle) qu'il ne pourrait la voir que « tous les six mois, à cause de ses serc mons. Elle comprit que tout habile, tout « vertueux, tout expérimenté, tout zélé « qu'il était, elle ne pourrait pas en tirer c le secours presque continuel dont elle a avait besoin. En se privant du P. Bour-

1. Elle flit donnée goU3 ce litre : Sermons pour tous les Jours du carême, Bruxelles, Fr. Foppens, 1693, 3 vol. in-12. « Ces sermons, dit l'abbé Albert, « (Dict. des prédicateurs, Lyon, 1757, in-8) avaient été « attribués, pendant un certain temps, au P. Bour- « daloue ; on avait cru d'autant plus aisément qu'ils « lui appartenaient, que l'imprimeur les avait don- « nés sous son nom, et y avait mis une approba- « tion de M. Courcier, un privilège du roi, et le « nom de la veuve Cramoisy ; mais ce célèbre préc dicateur les désavoua. Il y en a plusieurs en « effet où il n'y a rien de lui ; et les autres n'ont « exposé de lui que le texte, et quelquefois la divi- « sion et les subdivisions. »

2. Voici l'ordre dans lequel parut l'édition originale in-8 donnée par le P. Bretonneau :

l» Les deux Avents et le Carême, Paris, Bigaud, de l'imprim. royale, 1707, 4 Yolumes. — 2* Les Sermom pour les mystères, 1709, 2 vol. — 3» Les Sermons pour les fêles des saints et pour des vHures et professions religieuses, 1711, 2 vol. — 4» Les Sermons pour les dimanches, 1716, 3 vol. — 5* Les /?«hortadons et Instrucltons chrétiennes, 172!, 2 vol- ■— 8* La- Retraite spirituelle à l'usage des communautés religieuses, 1721, 1 volume. — 7* Lh.s Pensées sur di- »€r* sujeti de religion et de morRli, 1735. 2 vol.

Chaque partie d» cott<» Gollt,;tiou est précédée de

savantes préfaces de l'éditeur, et chaque volume est suivi d'un trés-bon abrégé des sermons qu'il contient; on y trouve le plan, la division et le dessein de chacun de ces discours.

Le P. Bretonneau donna une seconde édition des Sermons de Bourdaloue, à Paris, chez Rigaud, 1718 et ann. suiv., en 18 vol, in-12 ; mais, dans cette édition, ainsi que dans celles qui furent données par la suite, les analyses des sermons fai'.es par le P. Bretonneau sont bien moins étendues que dans l'édition originale in-8.

3. Histoire de Fénelon, par M. de Beausset, ancien évêque d'Alais, 2' édition, Paris, Michaud, 1809, tome I", p. 291.

4. Ces règlements ne furent imprimés qu'en 1700, sous ce titre : Règlements et usages des claises de la maison de Saint-Louis, établie à Sainl-Cyr. Paris, in-24 de 387 pages. On lit à la fia de cette Approbation de M"' de Maintenon :

« Le 25 février 1700, j'ai arrêté l'usige des classes « contenu dans ce livre, avec les règlements ; !es- « qusls règlements ont été approuvés par M. l'évô- « que rie Chartres. Fait à Saint-Cyr, le 23 février * 1700. Signé Françoise D'AuBisNâ. «

Ce petit volume parait ôtre si rare, nue dans plusieurs biograpliies on expiirc» le regr*^t que les rl« gler^eat» de Saial-Gyr n'aiçwt poiût été publiés.

NOTICE SUR BOURDALOUE

cf daloue, elle redoubla d'estime pour lui ; « car, ;ijuiite-t-eUe avec assez de naïveté, tt la direction de ma conscience n'était point « à dédaigner. » Et il ne l'eût point dédaignée^ s'il avait ambitionné autre chose que le triomphe de l'évangile et de la gloire de Dieu.

M"" de Mamtenon consulta toujours Bourdaloue dans les occasions les plus importantes et les plus délicates. On sait que, séduite par la doctrine de M"' Guyon, elle avait attiré cette fameuse mystique à Saint-(^-yr, aGn qu'elle y enseignât son système de spiritualité. Bossuet et les évoques de Chartres et de Châlons-sur-Marne (Paul-Godet-des-Warais et Louis-Antoine de JVoaiiles), ayant exposé devant M™' de AJaintenon le danger de ce système, elle voulut fixer ses incertitudes, et consulta Bourdaloue : « En lisant la lettre de Bourdaloue à M"" ne Maintenon, il n'est personne, dit l'éloquent historien de Fénelon, qui ne soit frappé de la simplicité, de l'onction et de la clarté qu'il a su répandre sur la question soumise à son examen. Il sépare, avec la plus exacte précision, le point oii doit s'arrêter l'âme la plus exaltée, lors même qu'elle tend avec effort à s'élever à la plus haute perfection, de celui oij commencent des illusions dangereuses pour la morale» On voit dans celte lettre combien l'expérience lui avait donné de lumières pour la direction des âmes, en lui révélant les dangers dont ce ministère peut n'ôtre pas exempt avec les intentions même les plus pures. » « Ce qui serait à souhaiter dans le « siècle où nous sommes, écrivait Bourda- « loue, ce serait qu'on parlât peu de ces a matières, et que les âmes mêmes qui « pourraient être véritablement dans l'o- « raison de contemplation, ne s'en expli- « quassent jamais entre elles, et même ra- « rement avec leurs pères spirituels'. »

Pendant les démêlés fameux que Santeuil eut avec les jésuites, au sujet de son épitaphc du docteur Arnauld, Bourdaloue fut invité par la Société à se rendre médiateur,' et la paix fut faite par son entremise. Santeuil alla le voir ; il lui écrivit, et Bourdaloue, dans sa réponse, lui exprima le regret

Page 1