‹ Œuvres complètesChapitre 7 sur 183 · nisi('i*e de Fénehn, tome !•', p. 2QI · texte numérisé non relu

nisi('i*e de Fénehn, tome !•', p. 2QI

Dans le Hecueil des lettres fie M*' de Maintettoù, oa ca irouve ph'siears du P. Bourdaloue, uhô entre tntres or ii doni»» à cette dame dexcellenies règles cJtf cou'itiKc qn'«;lU- lui aviudamanilébs ; « Duos la « place Oa Ui«tf voua fr mise, <iii l*oursi-î!(iue, il ne « 8d contaate pas que vous fassibs ivL ï>l«a : i\ veu!»

que toutes les hjmnes du Bréviaire romain ne fussent pas l'ouvrage du célèbre poète de la maison de Saint-Victor',

Il fut l'ami fidèle de d»!ux grands ministres qui, selon 'le président de Lamoignon, avaient des intérêts différents, c'est-à-dire, qui ne s'aimaient pas ; et il conserva toujours leur estime et leur confiance entière « sans se mêler d'aucune affaire, sans même « vouloir négocier entre eux une conciliac tion, parce qu'il ne croyait point que le « temps en lût encore venu. » Il ne se servit point de son crédit « pour se mê- « 1er dans les intrigues de la cour, ou pour c élever ses parents, qui, par leur naissance c et par leur mérite, étaient en état de « recevoir les grâces qu'il pouvait faire a tomber sur eux. »

En 1693, Anne-Marie d'Orléans, duchesse de iMontpcnsier, plus connue sous le nom de Mademoiselle, fit appeler, avant de mourir le P. Bourdaloue, pour qu'il l'exhortât dans ses derniers moments, et qu'il la préparât au terrible passage de l'éternité. C'était auprès des mourants qu'il exerçait le plus beau, le plus touchant de tous les ministères. Il était appelé dans les palais des grands et dans la demeure des pauvres, pour annoncer aux uns et aux autres leur dernière beure. Il leur parlait en homme apostolique ; il soutenait leur courage, leur confiance, et leur montrait les clartés immortelles derrière les ombres de la mort. Il semblait attacher la terre au ciel, et placer l'espérance de l'homme avec la miséricorde de Dieu sur l'abîme entrouvert du trépas. Souvent il eut à rendre ce dernier devoir à des amis qui lui étaient chers depuis longtemps, et qui réunissaient à un grand nom un grand mérite personnel.

Alors il lui fallait ce courage sublime qui ne peut être inspiré, soutenu que par la religion.

Son zèle était infatigable et s'étendait aux plus pénibles fonctions du minislcre. On l 'appela pour exhorter à la mort le chevalier de Rohan, qui fut exécuté à la Bastille le 27 novembre 1674, comme criminel d'Etat. Il avait voulu livrer Quillebeuf auï Hollandais, et soulever la Normandie. Bayle

a qu& voua fassiez de grands biens, etc. s

2. Uounialoùe voyait Santeuil dans la maison du président de Lamoigoon. Le P. Ducerceau, auteur du Sandoliui vindicaliir. le P. Comraire, auteur d^ Linrjuarium, OU 'e Bâillon, les PP. de La Chaise, de La Bt!uuii.\fc, de Le Rue et Jouvcncy, figurèrent dans tQ dUpuie ^e- SuQt^iuil ôv«cles jôsuiies.

NOTICE SUR BOURDALUUE.

rapporte dans ses lettres que noiirdalouo employa cinq h six jours pour le résoudie à la mort et lorsque le chevalier lut près de mouler sur l'é^'halaud, il était dans le plus 7nauvais état du monde, et ne voulait riefi moins faire que mourir^. Mais Bayle a été mal instruit, on plutôt il n'a cherché que l'occasion de plaisanter en opposant à l'éloquence de Bourdaloue l'exhortation militaire d'un officier aux gardes, qui produisit, dit-il, plus d'effet que toute la morale du jésuite. Il est certain que le chevalier de Rohan mourut avec constance et résignation. 11 disait à Bourdaloue : c Mon père, je n'ai pas besoin d'exhortation « pour mourir en honnête homme. Aidez- « moi seulement à mourir en chrétien *. »

Après la révocation de l'édit de Nantes, Bourdaloue fut envoyé, en 1686, à Montpellier, pour prêcher les protestants et les nouveaux convertis. Cette mission était difficile et déhcate. Il en assura le succès en ne séparant point les devoirs du sacerdoce et les droits de l'humanité. Il fit aimer la religion catholique par ses discours et par l'exemple de sa vie. Les protestants comme les catholiques reconnurent en lui l'Apôtre âe la vérité et de la vertu.

Bourdaloue eut beaucoup d'amis, et sut les conserver. Le président de Lamoignon dit que, pendant quarante-cinq années, sou cœur et son esprit n'eurent pour lui rien de secret. Boileau, qui n'aimait pas les jésuites, aima Bourdaloue et le voyait souvent. M""» de Lamoignon, connaissant bien l'amitié qui unissait ensemble le grand poëte et le grand orateur, fiit faire, après la mort de ce dernier, une copie de son portrait, et l'envoya à Despréaux, comme pour soulager sa douleur. Il répondit que ce présent valait pour lui mille présents ; et dans les vers qu'il fit à cette occasion, il appelle Bourdaloue

Le plus grand orateur dont la chaire se vante.

Il dit :

Dès mes jeunes ans

Je fis de ses sermons mes plus chères délices.

Et il ajoute :

EnQn, nprès Arnauld, il fut l'illustre en Fraic« Que j'aduiirai le plus et qui m'aima le mieux.

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