‹ Œuvres complètesChapitre 80 sur 183 · SUR LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

SUR LA PRIÈRE

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perd. Si, clirdlicns en effet, comme nons le sommes (ie nom, nous vivions conlormémenl h la foi que tious prolessons, nolie vie, il est vrai, dit Siiinl Jérùme, serait un continuel mirarlc, mais elle n'aurait rien de prodigieux. Si, païens de profession et n'ayant pas la foi, nous vivions selon la cliair et selon les sons, quelque désespérés que nous fussions, il n'y aurait rien dans nos désordres que de naturel. Mais avoir la foi, et vivre en inlidèles, voih\ ce qui fait le prodige. Prodige dont les impies ne veulent point convenir, prétendant que la vie et la créance se suivent toujoure, c'est-à-dire qne l'on vit toujours connue l'on croit, et que l'on croit connne l'on vit, pour avoir droit par là de rejeter tous leurs désordres sur leur défaut de pei^suasion, sans les imputer jamais à lem* malice ; mais erreur dont il est bien aisé de les détromper, puisqu'il n'est pas plusilillicile d'avoir la foi et d'agir conti'e la foi, que d'avoir la raison et d'agir conti'C la raison. Or, n'est-ce pas de leur propre aveu, ce qu'ils font eux-mêmes tous les jours ? Ah I chrétiens, fiusons cesser ce prodige. Accordonsnous avec nous-mêmes. Accordons nos mœurs avec notre foi; autrement que n'avons-nous point

h craindre de cette foi profanée, de cette foi

scandalisée, de cctlr Un di-siionoréiî ? Faisons- la servii- à notre pénilcince, si nous nous sommes retirés de ses voies. 1" aisons-la servir à noti'C |)ersévérance, si nous y somme» déjà rentrés, on (pie nous y soyons toujours denïeurés. Maiclions à la faveur de ses divines lumières, et ne les élcignoni pas, en nous livrant à nos passions et aux aveugles appétits de la chair ; car rien ne nous expose plus à perdre la foi, qu'une vie sensuelle et voluptueuse. C'est par là que tant d'im|)ies l'ont perdue ; et c'est encore ce qui les attache à leur libertinage, et ce qui les empêche d'en sortir. Ah ! Seigneur, vous avez dans les trésors de votre justice bien des châtiments dont vous pouvez punir nos désordres. Frappez, mon Dieu ! et lallùt-il nous affliger de toutes les calamités temporelles, ne nous épargnez pas; mais conservez-nous la foi. Ce n'est pas assez : ranimez-la, réveillez-la, ressuscitez-la, celte foi languissante, cette foi mourante, et môme cette foi morte sans les œuvres. Autant et selon qu'elle vivra en nous, nous vivrons avec elle et par elle ; et le terme où elle nous conduira, c'est l'éternité bienheureuse que je vous souhaite, etc.

SERMON POUR LE JEUDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE

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