SUR LA PRIÈRE
ANALYSE
Sujet. Alors une femme ehananéenne, venue de ces quartiers- là, s'écria en lui disani : Seigneur, Fils de David, ayex pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée par le démon.
Si jamais la force de la prière a paru sensiblement, n'est-ce pas dans l'exemple de cette femme ehananéenne ? Jésus-Christ, en sa faveur, déploie toute sa vertu, confond les puissances de l'enfer, et par un double miracle délivre la fille et sanctiiie la mère. Mais si la prière est par elle-même si efficace, d'où vient que les nôtres sont si infructueuses ? Je vais vous en ajjprendre les raisons dans ce discours.
Division. Rien n'est plus solidement établi dans la religion que l'infaillibilité de la prière. Mais en quel sens la prière estelle infaillible ? pourvu que ce soit une prière sainte et chrétienne. Si donc nos prières ne sont pas écoulées favorablement de Dieu, c'est qu'elles sont défectueuses, et quant au sujet, et quant à la forme. En deux mots, nous ne recevons pas, ou parce que nous ne demandons pas ce qu'il faut : première paitie ; ou parce que nous ne demandons pas comme il faut : deuxième partie.
Première PARTIE. Nous ne demandons pas ce qu'il faut, première raison pourquoi Dieu n'écoute pas nos prières. La ehananéenne demande au Fils de Dieu que sa fille soit délivrée du démon ; mais nous, par un esprit tout opposé, nous demandoiks tous les jours à Dieu ce qui entreti /nt dans nos âmes le règne du démon et même de plusieurs démons dout nous voulons être possédés. Parlons plus clairement. Nous demandons : 1° ou des choses préjudiciables au salut, 2" ou des biens 'purement temporels et inutiles au salut, 3° ou même des grâces surnaturelles, mais, qui, de la manière que nous les concevons et que nous les voulons, bien loin de nous sanctifier, serviraient plutôt à nous retirer de la voie du salut.
1" Nous demandons des choses préjudiciables au salut, et en cela nous sommes semblables aux païens. Si nous en croyons les païens mêmes, un de leurs désordres était de recourir à leurs dieux, et de leur demander, quoi ? la mort d'un parent, la mort d'un concurrent, le patrimoine d'un pupille. C'est ce qui nous semble énorme : mais ne sommes-nous pas encore plus coupables qu eux? C'étaient des païens, et ils adoraient des divinités vicieuses: au lieu que nous servons un Dieu non moins pur, ni moins saint, que paissant et grand. Il est vrai que nous savons mieux colorer nos prières, tout injustes qu'elles sont. Un homme du siècle demande de quoi subsister dans sa condition, un père de quoi établir ses enfants, une femme la santé du c >rps, un plaideur le gain d un procès: rien de plus raisonnable en apparence; mais rien au fond de plus condamnable, parce qu'on ne s'y propose que des vues d'intérêt, d'ambition, de plaisir. Ne nous étonnons donc pas que Dieu se rende insensible à nos vœux.
Les païens, tout païens qu'ils étaient, condamnaient un tel abus. Que pensez-vous de Jupiter, leur disait un de leurs poètes
264 SERMON POUR LE MERCREDI DE LA PREMIER K SEMALNË
lorsque vous lui fuites i.ae prière que vous n'auriez pu l'assurance de faire k un de vos magislraU ? Et moi Je vous dis, chrétiens: \)ue pensez- vous de votre Dieu, lorsque vous voulez l'engager par vos demandes ti devenir le complice de vos crimes? Teruvttamen seniic me fecisti ])eccatis tuis, et laborem milii prœbuisti in inniuilatibus luis.
Je fais, et saint Ji • nous l'aiprcnd, que nous avons un puissant Médliiteur atipris du Père, qui est Jésus-Christ: mais veut-il être et peul-ilèlie ie Mt-diateurde noire vanité, de notre avarice, de notre concupisrence, de notre sensualité? Heureux encore que l'i'U icjct'e vos ] îiéiesl Ce qui a perdu les Pompée elles César, ajoutait le même 5atiri(|ue, ne sont-ce pas des souliaits criminels, accomplis | if des divinités d'autant plus nioitellement ennemies, qu'elles étaient plus condescendantes ? El si Dieu» mes frètes, vou> i.i-ic dait ce qui flalti' voire passion, et ce qui, en la flallant, aclièverail de vous pervertir, ne serait-ce pas le jugement le plus K-tuiieux et la jilus Icrrilde vengeame qu'il put exercer sur vous?
2° Nous ileman; •n> fes Mens purement tem|»oiels, et du moins inutiles au salut. Je ne veux pas dire que les biens temporels ne soient pas des do i • de Dieu, et qu'on ne puisse les lui demander: mais il nous les refuse, parce que nous ne les demandons, ni dans l'ordre qu il a établi, ni |ar ra|)poit h la fin qu'il a marquée. Car on ne lui demande que les grâces temporelles, sans penser aux spliilueiles, qui devraient néanmoins lenir le premier rang dans nos prières. Nous prions comme Antiochus , qui ne demandait, ni l'esprit de pénitence, ni le don de piété, ni le respect des choses saintes, mais une santé qu'il préférait à tout le reste. C'est ne rien demander, pu si|ue toutes les grâces temporelles,séparées du salut, ne sont rien devant Dieu. D'oij vient que le Fils de Dieu dit à ses disciples, en leur promettant sa médiation auprès de son Père : Si quid pctieiitis, Si vous demandez quelque chose; et qu'il leur ajouta qu'ils n'avaient encore rien demandé, parce qu'ils n'avaient demandé que des faveurs humaines et passagères. Or, h combien de chrétiens ne pourrais-jc pas faire le même reproche?
L'ordre est que nous cherchions d'abord le royaume de Dieu, et Jésus-Christ nous assure ensuite que rien ne nous manquera. Mais si vous renversez cet ordre, ne vous ap|)uyez plus sur les mérites de ce Dieu -Homme, puisque vos prières no sont plus selon la règle q'J il nous a prescrite, (tr, cet ordre si raisonnable et si sage, nous le renversons en effet tous les jours. Car au lieu de demander It bénédiction de Jacob, c'esl-ii-iiire la rosée du ciel et puis la graisse de la terre : De rare cœli et de pinguedine terra, nous demandons, comme dans la bénédiction d'Esaii, la graisse de la terre avant la rosée du ciel : Depinguedine terrce et de rue cœli.
Pour mieux entendre pourquoi Dieu n'a nul égard alors à nos prières, comprenez ce principe de saint Cvprien : que nos prières n'ont de vertu qu'autant qu'elles sont unies aux prières de Jésus- Christ. Or, qu'a-t-il demandé pour nous? les biens spirituels. Et pourqt'.oi les a-t-il demanlés ? par lapport à la fin pour laquelle il était envoyé, qui est le salut. Au contraire, que demandons-nous ? des richesses, des h' •meurs, une vaine léputation, une vie commode. Et pouniuoiles demandons-nous? sans nul rapport au salut. Nos prières n'ont donc nulle conformité avec celles du Sauveur du monde, et nous ne devons plus être 'urpris si nous n'cblinons rien. Voilà par où saint Augustin prouvait que l'cspjmnpe chrétienne n'a point pour objet les biens le cette vie ; voilà l'txcellente raison dont se servait encore le même Père contre les railleries des païens. Vous nous rc|)roihez. leur répondait-il, que malgré nos prières nous vivons dans la disette et dans l'abandon de toutes choses : mais pour nous justifier de ce reproche aussi bien que notre Dieu, il suffît de vous dire que, quand nous le prions, ce n'est point préri>ément pour les biens de la terre, mais pour les biens de l'éternité. En quoi, poursuivait-il, nous ne pouvons assez admirer la libéralité de ce souverain Maitre : il ne borne passes faveurs à des biens périssables, mais il veut être lui-même notre bonheur et notre récompense.
3" Nous demandirns des grâces surnaturelles, mais qui, de la manière que nous les concevons et que nous les voulons, bien loin de nous sanctiiier, serviraient plutôt à nous retirer de la voie du salut. Car nous demandons des grâces selon notre goût et selon nos faissi;, idées; des grâcesq ui nous aplanissent tellement toutes les voies du salut,qu'il ne nous reste ni mesures à prendre, ni elTorls à faire.
Prière du Piofiliete: Je ne demande plus qu'une chose au Seigneur; c'est dedemearer dans sa sainte maison. Prière de saint Augustin : Jusiiues à présent, Seigneur, je ne vous avais demandé que ce que demanderaient des païens et des impies ; mais, mon Dieu, je vois rends grâces de ne m'avoir pas exaucé selon mes désirs. Vous écoulerez désormais, Seigneur, mes demandes, parce que je ne veux plus vous demander que les biens éternels.
Deuxième paktie. Nous ne demandons pas comme il faut, seconde raison pourquoi Dieu n'écoute pas nos prières. Les conditions que Di?n exige, pour rendre nos prières eflicaces, ne sont point si difficiles qu'elles doivent servir d'obst;icle à l'accomplissement de nos vœux. Le Dieu que nous prions est trop libéral et trop bon pour enchérir ainsi ses grâces; et h bien examiner les qualités de la prière, il n'y en a aucune qui ne soit aisée (htns la pratique, et d'une absolue nécessité. Quatre conditions: 1° humilité, 2° confiance, 3° persévérance, 4" attention de l'esprit et affection du cœur.
1° Humilité : quoi de plus raisonnable ? Peut-on avoir une juste idée de la prière, et oublier en priant cette règle fondamentale ? Prie-t-on autrement les princes de la terre ? La channnéenne fit-elle difliculté de se prosterner en la présence de Jésus- Christ et de l'alorer? Comment reçut-elle le refus qu'il lui fit d'abord en des termes si humiliants et si capables de la rebuter ? Sa prière fut li mbie ; elles nôtres sont accompagnées d'un esprit d'orgueil, d'un esprit de présomption, d'un faste mondain, d'un luxe qu on porte jusque dans le sanctuaire. Nous demandons à Dieu des grâces, non comme dos grâces, mais comme des dettes ; prêts à murmurer s'il nous les refuse, et prêts h nous enfier et à les oublier s'il nous les accorde.
2° Confiance : (|uoi de plus juste ? Queismiracles Dieu n'a-t-il pas opérés en faveur de cette confiance? N'est-ce pas à elleplutôt qu'à sa miséricorde qu'il attribue en mille endroits de l'Ecriture la vertu toute-puissante delà prière ? Quelle confiance marqua à Jésus-Christ cette femme de notre Evangile 1 Qu'eûl-elle fait si, déjà chrétienne , elle l'eut connu aussi parfaitement que nous? Cejicndanl, tout chrétiens que nous sommes, nous nous défions de notre Dieu et de ses promesses les plus solennelles Nous nous troublons, nous nous inquiétons, nous nous abandonnons à de secrets désespoirs; nousnavons recours à la prièrequé dans l'exlrémilé, et quand tout le reste nous manque.
3° Persévérance: quoi de plusconvenal)le ? Les grâces de Dieu ne sont-elles pas assez précieuses pour mériter que nous les demandions souvent et longtemps? la chananéenne cessa-t-elle de prier, quoique Jésus-Christ ne lui répondit pas une parole? et ne fut-ce pas par sa persévérance qu'elle triompha, en quelque sorte, de la résistance du Fils de Dieu? Ne désespérez donc point âme chrétienne, conclut un Père: Dieu aime que vous lui fassiez violence, il se plaît à être désarmé par vous. Mais cette assil duité nous fatigue et nous dégoûte, et sûuvent,8ur le point de voir nos vœux remplis, nous en perdons tout le mérite et tout le profit.
/i" Attention de l'esprit et affection du cœur : quoi de plus nécessaire et de plus essentiel à la prière ? Car qu'est-ce que la prière ? un entretien de l'ânce avec Dieu. Or. cela suppose un recueillement et un sentiment intérieur. Dès là donc qu'il n'ya ni attention, ni affection, il n'ya point de prière. D'où suivent trois conséquences : 1° que l'exercice de la prière est presque anéanti duns le christianisme, parce que la plupart prient comm; les juifs, des lèvres et non du cœur; 2° Que dans les prières qui sont comiii mdées, l'attealioa est eile-mème de précepte ; et ceci nous regarde, ministres de Jésus-Cbrlst. Souveaons-noua
Sim I.A PRIÈRE.
qn* Vofflce <Hvin Mt un acte, iJp religion ; qu'un act« <le religion n'est point une pratique purement exli'rieure ; et que comme rK^ti-o, «!i nuusiiiiiiMi.itui.iul la lOiifessioii, nous demande la coulritiondu cœur, au^•ii en nous ciimrnandanl lu prière, elle nous rouimaude raltenlnn de l'esprit. 3" Qwe ce n'est donc |»as sans raison (|uo Dieu mi'-prise nos prières, puisque ce ne nont rien moins que des prières. ('Jiose étrange ! vous voulez (|uo Dieu s'applique à vous quand il vous plail de le prier, et vous ne voulez pas vous aiqdiquer vou-i-nu'mcs .'i Dieu. I\cforinons-nous sur ce seul article, et noua rélormcrons toute notre vie. Disons à Dieu comme lesapùtres : Seigneur, apprenez-nous à prier.
EeC4mulier ekanantea. a finibut ittis egresait, elamntil, dicmsei : Uùertr» mei, Domine, /AU David; plia mea maie a dtrmonio vexalur.
Alors une femme cliananéi-nne, venue de ces qiiartiers-là, s"ccria» •n lui disant : Seigneur, lils de David, ayez pitié de moi ; ma flUe est cruellement touruiuntéo par le dimon. {Saint Atallhicu, chap- XV, 22.)
Si jamais la force de la prière parut sensiblement, et d'une manière éclatante, n'est-ce pas, chrétiens, dans l'exemple que nous propose l'Evangile (le ce jour, où nous voyons, pour parler avec saint Anibroise, un Dieu même sin'|iris et dans l'admiration ; un Dieu qui confond les puissances de rciifer, qui fait des miracles, et qui déploie toute sa vertu en faveur d'une étrangère, laiiiiclle a riTOurs h lui, et qui, tout idolàti'e qu'elle est, nous sert de modèle, et nous apprend ri prier ? Je dis un Dieu surpris et dans l'admiration : 0 mulier, magna est (ides tua * / 0 femme, votre foi est grande ! C'est ainsi que Jésus-Christ lui-même s'en explique, et ne semble-t-il pas que la foi de cette chaiianécnne, et que la ferveur de sa prière ait quelque chose pour lui de sur[U'cnant et de nouveau ? Je dis un Dieu qui confond les puissances de l'enfer, et qui fait des miracles. Que lui demande cette femme? qu'il guérisse sa fdie, cruellement tourmentée du démon; et le Fils de Dieu, dune même parole, non-seulement délivre la fdle, mais sanctifie encore la mère : Fiat tihi sicut vis 2 ; qu'il vous soit fait comme vous le souhaitez.
Il n'est donc rien de plus efficace auprès de Dieu que la prière : et d'où vient toutefois, mes chers auditeurs, que Dieu tous les jours se montre si peu favorable à nos vœux ; que nous prions, et qu'il ne nous écoute pas, que nous demandons, et que nous n'obtenons pas ? C'est ce que je veux examiner aujourd'hui, et ce qui va faire le fond de ce discours. Sujet d'une extrême conséquence, et qui mérite une réflexion toute particulière ; car il s'agit, chrétiens, de vous enseigner la plus excellente de toutes les sciences ; il s'agit de vous apprendre à bien user du moyen de salut le plus puissant; il s'agit de vous faire connaître le secret inestimable et l'art tout divin de toucher le cœur de Dieu, de faire descendre sur nous les plus précieux trésors de sa grâce. Pour recevoir ce don de la prière, em-
1 Mattb., xy, 28. — = Ibid.
ployons la prière elle-même, et implorons le secours du Ciel par l'intercession de Marie. Ave^ Maria.
*Rien n'est plus solidement établi, dans la religion et la théologieclirélienne, (pie l'infailli- ^ bilité de la prière. Elle a une telle force, dit saint Jean Chrysoslome, qu'elle rend, à ce qu'il semble, la parole de l'homme aussi puissante et même plus puissante que la parole de Dieu. Aussi puissante; car, comme Di(^.u d'une parole a fait ton tes choses : Dixit,etfacta sinU^ ,Vhomme n'a qu'à parler et à demander , tout lui est accordé : Quodcumque volueritis petetis, et fiet vobis 2,MMiis puissante même en quelque sorte, puisque si Dieu se fait obéir, ce n'est que des êtres créés ; au lieu que, par la vertu de la prière, tout Dieu qu'il est, il obéit, selon l'expression de l'Ecriture, à la voix de l'homme : Obcdiente Domino voci hominis 3. Nous entendons tous les jours deschrétiens qui se plaignent de l'inutilité de leurs prières, et du peu de fruit qu'ils en retirent ; je ne m'en étonne pas. Car en quel sens disons-nous que laprière estinfaillihie? nous supposons pour cela une prière sain te, une prière faite avec toutes les conditions qui la doivent accompagner et que* Dieu attend de nous, lorsque de sa part il s'engage à nous accorder tout ce que nous demanderons. Or, voilà souvent ce qui manque à nos prières. Ce sont des prières défectueuses, et quant au sujet, et quant à la forme : quant au sujet, qui en fait la matière; et quant à la forme, qui en fait la qualité. L'apôtre saint Jacques le disait aux fidèles de son temps, et je vous le dis à vous-mêmes : Vous demandez, mes frères, et vous ne recevez pas, parce que vous ne demandez pas bien : Petilis et non accipitis, eo quod maie petatis *. En effet, nous ne demandons pas à Dieu ce que Dieu veut que nous lui demandions ; défaut par rapport au sujet de la prière. Nous ne lui demandons pas de la manière qu'il veut que nous lui demandions ; défaut par rapport à la forme ou à la quahté delà pr ère. Mais prions comme la chananéenne. Kien de plus juste que la prière qu'elle fait à Jésus-Christ; elle lui demande qu'il délivre sa fille du démon dont elle est possédée;
' Psalm., XXXII, 9. — ' Joan., xv, 7. — » Josue, x, 14. — * Jac.,
SERMON POUll LE JEUDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE.
rien de plus engageant : elle pratique dans sa prière toutes les vertus qui peuvent gagner et intéresser le Sauveur du monde. Prions, dis-je, comme cette femme ; sans cela, prières infructueuses : pourquoi ? ou parce que nous ne demandons pas ce qu'il faut, ce sera la première partie ; ou parce que nous ne demandons pas comme il faut, ce sera la seconde. Deux leçons que j'ai ù mettre dans tout leur jour. Kendezvous-y altentifc, chrétiens, et lichez à en i)rofiter.