Branc , épée, de l’ital. branca
5. Durandal est l’épée de Rolland. — Flamberge est l’épée de Renauld de Montauban, l’aîné des quatre fils Aymon.
Fit ressentir à la gent bazanée,
Du sort des lys ores si mal-menée,
Que son lion , perturbé du cerveau,
Changeant de notte, en mugit comme un veau : Tesmoin de Quiers la fameuse retraite 1 Qu’avec du sang le Vieux2 nous a portraite Le rare Vieux , nostre cher et féal.
Qui point n’en conte en hâbleur idéal,
Mais en vray sire, en homme qu’on peut croire, Lorsque d’un cas il débité l’histoire,
Et qu il fait voir que l’esprit de Faret A d autres soins que ceux du cabaret :
Tesmoin, enfin, tant de fieres merveilles.
Tant de sujets de nos illustres veilles,
Qu’ont admirez et Casai et Turin ,
Et que l’effort du plus hardy burin Entre les doigts de la plus noble Muse Qui sur Parnasse aux eloges s’amuse,
Qui les cizelle et nous fait renommer,
Au gré ue Mars ne sçauroit exprimer.
Je laisse à part , pour reprendre mon stile , Tant d’autres faits de ce second Achile ,
Dont les bons dieux, o mon brave baron!
Pour nostre bien te firent le Chyron ,
Comme , peul-estre , ils m’en feront f Homère , Si la vertu, ma fidelle commere ,
l* combat de Quiers en Piémont ( i63g\
2. « Le comte d'Harcourt..., en sa jeunesse, a fait une espèce de vie de filou ou du moins de goinfre. Il avoit fait une confrérie de monosyllabes (c’est ainsi qu’ils l’appeloient) où chacun avoit une épithète , comme lui s’appeloit le Rond (il est gros et court); Faret, le Vieux. C'est pourquoi Saint-Amant appeloit toujours ainsi. Pour lui, il se nommoit le Gros. » (Tallemant des Fléaux, édit. in-i8, t. 6, p. i57.)
Epistre.
Ne me trahit , ou si dame Atropos Ne rafle en bref ma vie entre les pots.
Retournant donc sur mes premières erres ,
Je te diray, sans plus parler de guerres,
Qu’en ce papier barbouillé plaisamment,
Pour t’ebaudir en ton qsloignement ,
Tes yeux vitrez n’apprendront point les choses Qui font en cour tant de métamorphosés ,
Et que ta voix , en voulant estre aussy,
D’un ton nazard ne lira point icy,
Sous la faveur de tes bezicles vertes ,
Par quels moyens on les a decouvertes :
Quel soin il faut à régir les estats ,
A les sauver des lasches attantats ,
Si de Thémis la juste diligence En un tel fait peut user d’indulgence ,
Ou si la mort, douce comme un chardon ,
Doit bien-tost dire : Ingrat , point de pardon.
Cela n’est point du gibier de ma rime :
Le blanc outil dont mon pouce s’escrime N’ouvre le bec, n’en crache rien de noir,
Que pour t’offrir en ton vaste manoir,
En ton antique et fort Chasteau -Trompette ,
Où pend au croc mainte vieille escopette ,
Cent grand-mercis de la part de mon goust Pour un présent cher et de peu de coust ,
Pour un morceau l’effroy des sinagogues1 2,
Pour un jambon que d’une ame en ses gogues,
D’une main franche et d’un cœur déployé,
Jusqu’à Paris tu nous as envoyé.
Je dis nous as , car l'auguste princesse -,
Que d’exalter tout le monde ne cesse ,
1. On sait que les Juifs évitent de manger la viande de porc.