‹ Œuvres completesChapitre 108 sur 141 · DIZAIN · texte numérisé non relu

DIZAIN

ur une mazette à quintaine Que je fouette comme un sabot , Au détriment de mon jabot,

Je cours icy la prétantaine ;

Ceux qui me treuvent en chemin Pensent que quelque parchemin M’appelle à cette diligence.

Mais ils ne s’y connoissent pas ,

Car toute mon intelligence Ne tend qu’aprez un grand repas.

i. Cette épigramme, qui s’applique si bien a la gravure représentant Montmaur a cheval en quête d’un dîner, a été oubliée par Sallengre dans son Histoirede Pierre de Montmaur { La Haye, 171 5, a vol. in-8). C’est la traduction libre de cette épigramme qui se trouve dans le premier volume, page 175 :

In Petrutn Monlmaurum parasilo-grammaticum.

Hic , quem togatum cernitis, hominem longum Latera caballi calcibus fatigantem ,

Non est patronus properus ad forum tendens:

Non municeps emtum ambiens magistratum...

Non pædagogus, nunc quidem. Quis est ergo?

Parasitus ad convivium ire festinans.

EPISTRE HEROI-COMIQUE

A Monseigneur le Duc d’Orléans, lors que Son Altesse estoit au siégé de Gravelines.

andis, Gaston, qu’un beau désir de gloire Te porte aux coups , t’anime et te fait boire, Chaud comme braize et parmi cent périls D'un noir breuvage enclos dans des barils Non de merrain , mais d’un métal qui tonne ,

Qui fume, esclaire, siffle, crache et donne Au plus hardy quelque attainte d’effroy ,

S’il n’a le cœur aussi ferme que toy ;

Tandis qu’armé tu fais réduire en cendres Le dur pourpoint des bastions de Flandres ,

Et que tu vois secouer le jarret A maint soudart comme à quelque gorret,

Qui crie au meurtre et se demeine en diable,

Quand le tranchant d’un fer impitoyable Le sacrifie à l’honneur d’un festin ,

Et pour la gueule esgorge son destin ;

Bref, cependant que de ta large bource Tu fais couler ainsi que d’une source Un long ruisseau de qui les flots dorez Charment la soif des drilles altérez ,

Ton gros Virgile , ayant au poing le verre,

Fait mille vœux au démon de la guerre Pour ton salut et ta prospérité ,

Et jour et nuict s’empifre à ta santé.

Ha! royal Duc , si sur tes riches armes Quelqu’autre Alcine experte aux plus grand charmes,

Epistre.

Av oit redit des mots assez puissans Pour te sauver des boulets mugissans ;

Si par sa main ton corps à toute espreuve Avoit esté plongé dans quelque fleuve Qui l’eust pu rendre invulnérable aux coups , Que mon sommeil en seroit bien plus doux ! Mais la terreur de quelque aigre nouvelle Tousjours m’agite et me tient en cervelle ,

El la Gazette . aux ailes de papier,

Jamais ne vole autour de mon clapier,

Qu’en la voyant je ne me la figure Un triste oiseau de mal-heureuse augure , Qu’un chant fatal je ne craigne d’ouir ,

Et ne me trouble au lieu de m’esjouir.

Vravement, Achille et toute la cohorte Des vieux guerriers fabriquez de la sorte Bien à leur aise entroient dans les estours ,

Ou d’une place alloient morguer les tours ; Vrayment César, Alexandre et Pompée,

Qui se faisoient tout blanc de leur espée Dans les assauts , pour un rempart esmus,

En ce temps-cy se verroient bien camus.

Je voudrais bien que devant Gravelines,

Avec leurs traits, leur dars, leurs javelines , Ces beaux messieurs, en leur peau retournez, Comme nos preux vinssent montrer le nez.

Que diraient-ils en oyant cette foudre ,

De qui l’effort met les villes en poudre ?

Sauf ton respect, GASTON , je ne croy pas Que leur valeur, bronchant à chaque pas , N’en fist glisser quelque secrete haleine Qui d’un vil trou jaunist l’obscure laine,

Ou que du moins un pasle estonnement Dessus leur front n’apparust laschement.

Quand je relis ce long et fameux siégé

Epistre.

Où le faux Grec prit le Troyen au piege;

Q uand à mes yeux Tyr vient à repasser.

Où tant d engins 1 assaillant fît dresser 5 Quand Alexie 1 on me rameine en livre,

Et tant d exploits que la plume a fait vivre 7 Il m est advis qu au prix de nos combats Je ne voy rien que joustes et qu’esbats ,

Que jeux d enfans , chocqs de marionnettes Qui chantent clair leurs petites sornettes ; Que l’on me berse, ou qu’après maint rebus On m’estourdit d’un conte de bibus.

1 ous ces beliers , ces bruyans catapultes , Dont les créneaux redoutoient les insultes ! N estoient que fleurs mis en comparaison Des fruits mortels de cette aspre saison.

Les abricots, les grenades , les prunes,

Que maintenant autour des demy-lunes*

On sert à Mars, sur sa table de fer,

En des bassins apportez de l’enfer,

Sont bien d’un goust plus friand à la Parque Que les morceaux qu’un Vegece remarque Dans les banquets dont on la regalloit Lors que la fléché ou le caillou voloit.

En ce temps-la, ces braves que je choque Estoient un siecle à prendre une bicoque : Car, en effet, quoy qu’Homere en ait dit,

Ce mur sacré que Priam deffendit ,

Cet llion, ce grand sujet d’histoire,

Qui par le feu vit esteindre sa gloire ,

One ne fut digne en son haut appareil De déchausser le chasteau de Corbeil.

^ En ce temps-là, dame Mathématique N avoit point mis dans le monde en pratique

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