‹ Œuvres completesChapitre 115 sur 141 · Ce premier frère de Saint Amant nous est inconnu · texte numérisé non relu

Ce premier frère de Saint Amant nous est inconnu

3. Ce cadet de Saint Amant paroît avoir été le sieur de Montigny, qui commandoit la Licorne dans l’escadre du comte d’Harcourt.

^7% Epistre,

estoit; après s’estre veu en raille autres périls devant que de revenir d’un voyage si long, si hazardeux et si pénible; après avoir servy dans Ja cavalerie sous le renommé comte Mansfeld 1 ; après avoir eu l’honneur d’estre cornette colonelle d’un régiment françois sous cet admirable roy de Suede2, en ses plus fameuses expéditions , et pour qui j’ay fait ces vers, tirez d’une piece que j ay perdue :

C est cet astre du Nort, ce prince glorieux Qui mesme dans la tombe entre en victorieux ;

C est ce flambeau de Mars, dont l’ardeur consommée Triomphe en s’esteignant, et laisse une fumée Qui, ne valant pas moins que sa vive splendeur,

Embausme et remplit tout d’une eternelle odeur;

enfin, dis-je, pour achever ma narration, ce brave et pauvre cadet, oont on me pardonnera bien en ce lieu ce petit mot pour luy servir d histoire, d’eloge et d’epitaphe, après avoir commandé plusieurs campagnes navales un des vaisseaux de nostre puissant monarque LOUIS LE JUSTE , d’immortelle et précieuse mémoire, sous la charge de cet invincible héros , Monseigneur le comte de Harcourt, avec qui vous estes lié d’une amitié si parfaite, finit glorieusement ses jours par les mains des Turcs en l’isie de Candie 3, il y a deux ans , estant colonel d un régiment d’infanterie françoise au service de la serenissime republique de Venise, qui l’a trouvé digne de ses regrets, et qui m a fait l’honneur de m’en faire escrire avec des termes et des louanges capables de me consoler de sa mort ; et l’encre illustre qu’elle a daigné employer à cet effet paye avec une usuie ti ès-avantageuse pour moy et très-reconnoissante pour

1. Le comte de Mansfeld , fils naturel de P. Ernest 111, légitimé par 1 empereur Rodolphe II, de catholique se fit calviniste, et se déclara alors contre la maison d’Autriche. Il mourut, peut-être empoisonné.

Je 20 novembre 1626.

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