‹ Œuvres completesChapitre 123 sur 141 · Gustave-Adolphe · texte numérisé non relu

Gustave-Adolphe

3. Le duc Bernard de Saxe-Weimar, célèbre général au service de Louis XIII. Après ses conquêtes sur le Rhin , il devint suspect a Louis XIII, qui lui avoit déjà donné l’Alsace, mais n en resta pas moins fidèle à la France. Il mourut à Neubourg le 18 juillet i639, laissant au maréchal de Guébriant , comme

Ode heroi-comique.

Rasfle-moy Heydelberg1 d’abort;

Le sein en cache une merveille De qui le beau renom m’endort Et dont la grandeur me resveille.

C’est ce prodige des vaisseaux Qui porte une mer dans un antre,

Une mer dont les doux ruisseaux Du bon Bacchus enflent le ventre.

Il faut avant que d’en partir Gagner cette reine des tonnes Qui seule pourroit engloutir Tout le nectar de dix autonnes.

Quand tu l’auras gagnée à toy,

Ne doute plus de tes conquestes ;

Chacun des tiens deviendra roy,

Et tous tes jours seront des festes.

Elle est de l’empire germain La deesse et garde fatale ,

Et qui la tiendra sous sa main Tiendra sa force capitale.

Puisse l’ennemy galopé Fleschir sous tes loix militaires Sans estre jamais détrompé Du vain bruit de tes carraclaires!

marque de son estime, son épée, ses pistolets, ses armes et son cheval de bataille.

i. La ville est célèbre par le tonneau qui y est conservé, tonneau qui contient, dit-on , environ 35o barriques de vin. Ce fameux tonneau, gâté pendant les guerres du XVIIe siècle, fut reconstruit par l’électeur Charles-Louis, et orné de riches sculptures. Il est toujours entretenu plein du meilleur vin. Au dessus est une plate-forme entourée de balustres , à laquelle on parvient par un escalier de quarante marches. — Ce tonneau existe encore.

SONNET

Pour Monseigneur le Duc d’Angüien.

nguien, à quels efforts obliges-tu ma plume?

Il faut que de tou glaive elle imite l’ardeur,

Et qu’empruntant de toy la gloire et la splendeur Elle face briller un illustre volume.

Les foudres que Vulcan fit bruire sur l’enclume Pour armer autres fois l’immortelle grandeur Furent lancez sur Phlegre avec moins de roideur Que les tiens sur le Rhin , dont la campagne fume.

Toutes fois lebesoin y r’appelle tes pas ;

Un démon, asseuré que tu n’y luisois pas,

D’obscurcir nostre sort a pris quelque licence.

Mais tu feras , ô Duc! comme l’astre du jour Le temps noir et fascheux causé par ton absence Deviendra clair et beau par ton divin retour.

4oG

SONNET

Pour la Serenissime Reine de Pologne1, devant son mariage , l'an 1 645.

es beaux yeux de Louyse , au trône destinée, L’eclat doux et puissant a passé jusqu’au Nort, Le plus grand roy du pôle en a senti l’effort, Et 1 amour se préparé à leur noble hymenée.

^ Quoy que par ses vertus elle fust couronnée D’un honneur immortel , qui ne tient rien du sort, Toutesfois le ciel mesme eust cru luy faire tort Si d’un or souverain sa teste il n’eust ornée.

Je voy des-jà parer ses illustres cheveux ,

Et desjà la fortune , au saint gré de nos vœux , Appreste a son mérité un bonheur sans mesure.

^ 0 qu’en ce digne estât ses esprits sont contens ,

Et qu’en elle aujourd’huy , d’une agréable usure ,

Le temps , par sa main propre , est bien payé du temps !

i. Louise-Marie de Gonzague, fille de Ch. de Gonzague, duc de Nevers et de Mantoue, et de Catherine de Lorraine , née en 1612, mourut à Varsovie le 10 mai 1667. Elle épousa, en 1646, Uladislas VI, roi de Pologne, et, après la mort de celuici, en 1649, Jean-Casimir, son beau-frère, successeur de son premier mari.

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