‹ Œuvres completesChapitre 43 sur 141 · LA REMONSTRANCE INUTILE · texte numérisé non relu

LA REMONSTRANCE INUTILE

ivante image de la mort ,

Perrette à la mine de piastre,

De qui la gueule sent plus fort Que ne fait quelque vieille emplastre Vous qui n’osez marcher de jour,

i. Que la soif fit tant souffrir a Roncevaux.

iSo La Remonstrance inutile.

Osez -vous bien parler d amour !

Et quoy ! vous n’avez plus de dents Que pour manger de la moustarde ,

De nez que pour les accidents D un pet ou bien d’une nazarde ,

De voix que pour faire du bruit,’

Ny plus d’yeux que pour voir la nuict.

Songez à partir de ce lieu :

Vostre temps a plié bagage 5 Assurez-vous qu’il est un Dieu,

Puisque je vous tiens ce langage,

Et que mon cœur peut consentir’

De vous voir dans le repentir.

Enfermez-vous dans un convent;

Laissez vos désirs à la porte ;

Veillez et priez si souvent D une oraison qui vous transporte ,

Qu’ainsi vous puissiez voir sans yeux Qu’en la terre on peut estre aux deux.

Faites vostre lit d’un rocher,

Prenez la haire et le cilice ,

Gourmandez si bien vostre’chair,

Que vous fassiez mourir le vice'

Bref, que pour gaigner paradis , tous vos jours soient des vendredis.

Mais quoy ! vous ne m’escoutez pas.

Vous riez en hochant la teste !

Je voy bien que je pers mes pas.

Par la morgoy ! je suis bien beste î Lien ne sert de vous exhorter:

Le diable vous puisse emporter !

Chanson a boire. 1B1

Page 1