CHANSON A BOIRE
ayen , Maigrin , Butte, Gilot ,
Desgranges, Chasteaupers , et Dufour le bon Qu’un chacun eslise son parrain [falot,
Pour trinquer à ce prince lorrain î
Il nous permet qu’en liberté Sans aucun compliment on luy porte une santé.
Beuvons donc , il nous fera raison ,
Car il est l’honneur de sa maison.
Estant parmi les Allemans ,
Où son bras a plus fait que n’ont dit tous les romans ,
Il apprit à suivre les hazars De Bacchus aussi bien que de Mars.
Pour moy, disant ce qui m’en plaist ,
C’est de le voir seigneur de Briosne 1 comme il est.
Ce lieu vaut l’estât des plus grands roys ,
Puis qu’un Pot y tient autant que trois.
Aussi je veux faire un serment De vivre désormais pour le servir seulement ,
Et verser pour ce prince divin Plus de sang que je n’ay beu de vin.
Ainsi chantoient au cabaret Le bon gros Sainct- Amant et le vieux pere Faret , Celebrans l’un et l’autre à son tour La santé du comte de Harcour.
Vivat !
i. Briosne , petit bourg fortifié de Normandie. — Sans doute Chassingrimont , de la maison de Pot , y commandoit. De là ce vers :
* Puisqu’un Pot y tient autant que trois.
Sonnet.
SONNET1
ssis sur un fagot , une pipe à la main , Tristement accoudé contre une cheminée Les yeux fixes vers terre, et Taine mutinée, Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.
L espoir, qui me remet du jour au lendemain, £ssaye a gaigner temps sur ma peine obstinée ,
Et me venant promettre une autre destinée , e .ait monter plus haut qu’un empereur romain.
Mais à peine cette herbe2 est-elle mise en cendre Uu en mon premier estât il me convient descendre’
Et passer mes ennuis à redire souvent :
>on , je ne trouve point beaucoup de dif De prendre du tabac à vivre d’esperance , bar 1 un n'est que fumée , et l’autre n’est qu
que vent.
SONNET
oicy le rendez-vous des enfans sans soucy Que pour me divertir quelquefois je frequente. Le maistre a bien raison de se nommer la Plante Lar il gaigne son bien par une plante aussy . ’
Vous y voyez Bilot pasle , morne et transy, omir par les nazeaux une vapeur errante ;
i; Le sonnet, si l’on en croit la tradition, auroit été compose chez un cabaretier nommé La Plante , du bour<* de Sau
“?• a Belle-Ile. Saint-Amant reparle de c La Se t son net suivant. au son-