‹ Œuvres completesChapitre 56 sur 141 · Abscondere , absconsnm , cacher · texte numérisé non relu

Abscondere , absconsnm , cacher

CROTTÉ

Où j’ay veu fumer d’aloyaux ,

Qui plus valoient que les joyaux Qui decoroient le pont au Change Devant ce traistre esclandre estrange ,

Qui , plus promptement qu’un esclair,

Luy fit faire le saut en l’air1.

Adieu le roy des testes-folles ,

Grand Erty, qui , dans les escolles Qu’on tient aux Petites-Maisons ,

Fais rire jusques aux tisons.

Las ! de quelle perseverance Paty ay-je , sous esperance D’obtenir quelque jour du sort Ta noble place en cas de mort ,

Place que j’eusse demandée ,

Et qu’on m’eust sans faute accordée ,

Nul n’en pouvant, comme je croy,

La charge mieux faire que moy.

Adieu, palais où la justice Ne mange que du pain d’espice2,

i . Pour comprendre ce passage , il faut se rappeler que ce pontétoit occupé, d’un côté, par 5o forges d’orfèvres, et, de l’autre , par 54 boutiques de changeurs. Il étoit en bois. Souvent emporté parles eaux, incendié aussi en 1621 (24 octobre) et en 1609, il a été rebâti en pierre du 10 septembre 1639 au

ao octobre 1647. , .

a. Autrefois les épices étoient fort rares, et si précieuses

qu’on les offroit pour étrennes ; plus tard, sous le même nom , on y substitua des sucreries. Gagnoit-il un procès , le plaideui reconnaissant envoyoit des épices à son juge. « Bie ntôt, lit-on dans les Mœurs et coutumes des Français , par Legrand d Aussy, l’abus s’en mêla , et saint Louis se crut obligé de fixer à la valeur de dix sous les épices qu’il permettoit aux juges de recevoir. » L’avidité des juges se voila davantage, et l’abus continua. La vénalité des charges fit ensuite convertir en argent ces paquets d’épices : de là cette formule, qu’on trouve en marge des

Le Poète

Et ne fait boire à ses regents,

Lue la sueur des sottes gents ,

Lui pour un zest , pour une paille , gouttant jusqua l’ultime maille , Apprennent à leurs hoirs enfin Lue cil qui plaide est moult peu fin.

Luant a toy-, gros Louvre effroyable.

Pour adieu je te donne au diable ,

Le roy dehors , cela s’entant ,

Et les reynes, qui valent tant.

de bien bon cœur je t’y donne, Je te dis moy-mesme en personne , rour les niches, pour les tourmens Lue dans tous tes departemens On m’a faits depuis tant d’années ,

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bien compris Ta LIT T”6 ’ CCTta,'”S magistrats a™«

U ou vient qu’on a tant approché Uette Justice du marché?

— Rien n’est plus facile à comprendre • la < . , „ GSt P°Ur montrer qu’elle est à vendre

grammes sTr le même sujet?’ ^ S°“ ^ ’ “ fait Plusieurs épi

CROTTÉ

Tourmens que les âmes damnées Trouveroient pires aux enfers,

Ny que leurs feux , ny que leurs fers.

Voyez un peu que c’est du monde ,

Et combien est fat qui s’y fonde !

Je me souviens qu’au temps passé Des plus grands j’estois caressé ;

Ils me tenoient pour habile homme.

Peu s’en faut que je ne les nomme ,

Pour montrer qu’ils ne sçavent rien ;

Mais nul ne m’orroit, aussi bien.

S’il se faisoit galanterie ,

Course, carrouzel, mommerie,

Combat de barrière, ballet;

S'il falloit chanson ou poulet ,

J’estois leurmon-cœur, leur mon-maistre ; Leur ame m’ouvroit la fenestre Pour m’exhiber tous ses secrets ,

Tous ses plaisirs, tous ses regrets, C’est-à-dire mille sottises.

Je leur fournissois de devises,

De beaux couplets , de hauts discours; Enfin j’estois tout leur recours.

0 faux galands ! ô hapelourdes !

Que vous avez les testes lourdes ,

Quoy qu’elles soient creuses pourtant ,

Et que l’air soit moins inconstant!

Quand on vous montre ou vers ou prose , Feignans d’y sçavoir quelque chose,

Vous sousriez et faites : hon,

Mais à contre-temps, c’est le bon.

Si l’amour à soy vous attire ,

Vous demandez une satyre A la louange des beaux yeux ,

Qui sont vos soleils et vos dieux.

Le Poète

Ou vous priez que l’on vous fasse Sur tous les attraits d’une face ,

Autant de long que de travers,

Quelque beau quatrain de six vers.

Si dessus un nom d’importance,

On vous dit quelque sotte stance ,

Vous 1 exaltez par des transports ,

En grimassant d ame et de corps ^

Et si d’un nom qu’on çhiffle au Louvre , Quelque ouvrage excellent on couvre En le prononçant vilement ,

Vous ne l’estimez nullement.

Si vous oyez un équivoque ,

Vous jettez d’aise vostre toque Et prenez son sens malautru Pour un des beaux mots de Bautru1,

J ay veu qu’un sonnet accrostiche Anagrammé parl’emistiche 2 ,

Aussi bien que par les deux bouts ,

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