‹ Œuvres completesChapitre 58 sur 141 · Il ne s’agit pas du palais, mais du jardin des Tuileries · texte numérisé non relu

Il ne s’agit pas du palais, mais du jardin des Tuileries

3. On donna le nom de roquentins à des chansons qui comme le Bossu, comme le Coq du voisinage, le Petit Doigt,

Le Poète

Adieu vous qui me faites rire ,

Vous gladiateurs du bien-dire,

Qui sur un pré de papier bktnc, Yersans de 1 encre au lieu de sang , Quand la guerre entre-vous s’allume , Vous entre-bourrez d’une plume ,

D’un cœur doctement martial ,

Pour le sceptre eloquential.

A propos, messieurs, quand j’y songe , Que je voy quel soucy vous ronge,

Et le dessein que vous avez,

Parbieu! cela n’est pas mauvais ,

Ou soit en vers, ou soit en prose ,

Que vous disputiez d’une chose Qui sans doutance m’appartient ,

A ce que l’Olivete tient.

Jen eusse dit ma râtelée ,

En me fourrant dans la meslée ;

Mais je ne suis pas si badin :

L’advanture du paladin Me fait tressaillir de l’espaule ;

Je redoute en diable la gaule ,

Et m’est advis que sur mon dos Je ne sensdesjà que fagots.

Adieu vrais théâtres comiques ,

Belles maisons academiques ,

Les ordinaires rendez-vous Des esprits forts , des esprits dous,

le Perroquet, etc., avoient ce mot dans leur refrain. (Voy. le Nouveau entretien des bonnes compagnies , Paris, J. Villery, i635 in-12.

i. Nous ne pouvons que renvoyer ici au Dict. des précieuses de Somaize, qui sera publié dans cette collection, et à la notice préliminaire qui doit l’accompagner.

CROTTÉ

Des eloquens , des gens d’intrigue ,

Des cœurs de l’amoureuse brigue,

Des complaisans applaudisseurs Et des raffinez polisseurs.

Quel plaisir d’estre en une chaise Chez vous bien assis a son aise,

Dans une ruelle de lit

Où Madame s’ensevelit

Loin du jour, de peur qu’on ne voye

Que son muffle est une monnoye

Qui n’est plus de mise en ce temps ,

Et qu elle a bien neuf fois sept ans!

Là l’un lit , là l’autre censure , Donnant à tout double tonsure ;

L’un se refrogne et ne dit mot ; L’autre nigaude et fait le sot;

L’un raconte quelque nouvelle Qui met tout le monde en cervelle; L’autre pette en esternuant ,

Et l’autre vesse en bouc puant.

Adieu , mon hoste, mon compere, Où je m’en suis fait en grand chere Pour un franc, six liards etdemy En deux quarts d an. Si, mon amy,

Si je vous dois quelque chosette , Quelque chose , dis-je, de reste,

Un bout de peigne t’ay laissé Qui t’en rendra recompensé.

Adieu, bel hostel de Bourgongne1,

le Les confrères de la Passion achetèrent de JeanRouvet, le 3o août i548, un terrain de 17 toises de long sur 16 toises de lar°e , faisant partie de l’ancien hôtel de Bourgogne , qui donna son nom au nouveau bâtiment élevé par les confrères.

En i55a, Jodelle substitua, disent les frères Parfait, auxspec-

Le Poëte

Où d une joviale trongne Gaultier1, Guillaume 2 et Turlupin 3 Font la figue au plaisant Scapin Où , dis-je , mes petits confrères Estaient leurs bourrus mystères ;

Ou maint garnement de filou ,

~*vir*x '

tacles de son temps la comédie et la tragédie dans le <r0ût des

mim" S* ? rh6te' dC furent les'pre-

sa obtenir le titre de comédiens du roi , avec une pension

de douze mille livres.

l* Oautier-Garguilïe débuta sur le théâtre du Marais vers

Fr9 T, il ™ n<?m étoit Hugues Gueru; on l’avoit surnommé lecnelles. Il étoit très maigre, les jambes droites, menues.

Il représentoit ordinairement un vieillard dans les farces, quel-

a«ré«hipft vr°- S danS lespièces skieuses. II avoitun entretien fort im h*»1 V?1C1 SOn costume : des pantoufles au lieu de souliers : n bâton a la main ; une espèce de bonnet plat et fourré ; point

iusau’kfa0^1 T1 de chemise; une camisole qui descendoit S T 6 deS CU1SS6S ; une culotte étroite qui venoit se , au as au dessous du genou; une ceinture avec une gibecière et un gros poignard ; le corps de l’habit noir, les manches rouges ; boutons et boutonnières rouges sur le noir, noirs

lTfilleXTh * Sral 6t l6S frèr6S Parfait.) — Il avoit épousé la fille de Tabann (voy. note ., p. ,65). Il a composé quelques

prologues et des chansons imprimées (in-10) ; le privilège, du 4 miarSl63li est motivé sur la crainte qu’avoit l’auteur de voir son livre contrefait et gâté par des chansons plus dissolues que jcs siennes.

a. Voyez note a , p. ,64.

L? G.rand ’ surnommé Belleville pour le haut comique et Turlupin pour la farce, entra jeune à l’hôtel de Bourgogne vers i583 Jamais comédien n’a composé ni mieux conduit la farce que Turlupin— On a fait sur ces trois comédiens inséparables, Gautier-Garguille, Gros-Guillaume et Turlupin

I eŒ°rre'. VOy’ SaUVa1’ 168 frères P^ait, etc. ’

. Les rôles de Scapin sont connus. Molière a popularisé ce

Il Of U t

CROTTÉ

Quoué d’un estoc au vieuxlou4,

Pour n’aller jamais à la guerre.

Se pennade dans un parterre Dont les horions sont les fleurs,

Les divers habits les couleurs,

Les fueilles les badauts qui tremblent,

Et où tous ses supposts s’assemblent,

Yvres de biere et de petun,

Pour faire un sabat importun.

Adieu , maquerelles et garces ;

Je vous prevoy bien d’autres farces (Poetes sont vaticinateurs)

Dans peu vous et vos protecteurs Serez hors de France bannies Pour aller planter colonies En quelque Canada loingtain.

Le temps est près, et tout certain :

Ce n’est point un conte pour rire.

Vous aurez beau crier et dire :

J’appartiens à Monsieur un tel ;

Quand vous embrasseriez l’autel ,

Quand pour vous en penser distraire Vous vous soumettriez à la haire.

Si faudra-t-il marcher pourtant.

0! si l’on en faisoit autant A toutes celles dont la vie Dessus vostre mestier renvie,

Que Paris se depeupleroit!

Presque sans femmes il seroit.

Adieu, grande et fameuse Greve1 2 ,

1 . Portant par derrière un bâton ferré des deux bouts, propre à chasser le loup.

Page 1