XII INTRODUCTION
lettres, avis, livres nouveaux, en affranchissant le port des lettres et de l'argent ». La couverture de chaque numéro était de couleur brique, tout au moins ceux dont nous possédons des exemplaires.
Le journal, « composé par cahier de 3 à 4 feuilles d'imprimerie », c'est-à-dire de 48 à 64 pages, paraissait une fois par semaine, « tous les jeudis », dit l'annonce. Sa collection, composée de 12 numéros in-8°, forme à la Bibliothèque Nationale (Lc2.687) un volume de 614 pages. Mais une erreur de 20 numéros dans la pagination réduit le nombre des pages à 594 (24).
La publication a été précédée d'un prospectus de même format in-8° de quatre pages.
Ce prospectus, — dans lequel Robespierre expose comment il entend rallier tous les bons citoyens aux principes de la Constitution (25) — est lancé, par son auteur, vers le 25 avril, au moment où la guerre dont la question avait, nous l'avons vu, passionné l'opinion publique pendant plusieurs mois, venait enfin d'être déclarée à l'Autriche.
Louis Prudhomme dans son numéro 147 des Révolutions de Paris du 28 avril au 5 mai 1792 (26), accueille la publication du prospectus par un article dans lequel il blâme Robespierre de se donner en spectacle par les polémiques qu'il soutient; il lui reproche d'avoir abandonné le 10 avril dernier le poste d'accusateur public près le Tribunal criminel de la Seine, poste que les électeurs lui avaient confié, à la fin de l'assemblée constituante et dans lequel il avait été installé le 15 février 1792 (2y), et de préférer « être publi-
(24) Toutes les indications ci-dessus sont portées sur la couverture de chaque numéro, au complet, à partir du n° 2. Laponneraye dit que le Défenseur de la Constitution paraissait le vendredi. (Œuvres de Robespierre, t. I, P- 314).
(25) E. Hamel, t. II, p. 219, analyse et commente les idées émises dans ce prospectus.
(26) Révolutions de Paris, t. XII, n° 147, pp. 205 à 212.
(27) Le 10 juin 1791, Robespierre avait été élu accusateur public près le Tribunal criminel de la Seine, dont Adrien Du Port avait été nommé président la veille. Ce dernier n'accepta pas, et fut remplacé le 15 par Pétion. Pétion donna sa démission lorsqu'il fut élu maire de Paris ; les électeurs désignèrent Prieur de la Marne qui refusa également, .préférant conserver le poste de président du Tribunal d'Epemay que les électeurs de la Marne venaient de lui confier; il fut remplacé, à Paris, par Treilhard. Quant à Robespierre, il avait pensé, tout d'abord, qu'il pouvait accepter ces fonctions