‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 14 sur 72 · ROBESPIERRE JOURNALISTE XIII · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE JOURNALISTE XIII

ciste et législateur des nations » ; il lui fait également un grief de « concevoir ce projet d'un journal pour se défendre des imputations monstrueuses, des injures graves autant que gratuites dont il est l'objet »... « Nous ne doutons pas, ajoute-t-il, que Robespierre journaliste, ne contribue à mener notre Révolution au port; vous n'aurez jamais autant de lecteurs que nous vous en souhaitons; mais ce passage brusque du tribunal de l'accusateur public, au cabinet d'études d'un folliculaire à la semaine, nous étonne, nous inquiète. Dans un gros temps, l'équipage d'un navire ne verrait pas de bon œil le pilote abandonner le timon pour prendre la rame, ou pour se faire l'écrivain du vaisseau. Sans doute, vous nous direz des vérités importantes; votre plume sera de fer contre les méchants, et personne ne vous enlèvera la parole; mais la passion de tout dire sans être contredit, mais l'envie de répondre sur le champ au premier agresseur, mais le plaisir de vous venger, tout à votre aise, de ceux qui ne pensent pas comme vous, n'ont-ils pas été quelques-uns des motifs qui vous ont porté à ce parti extrême?... Si pourtant vous croyez pouvoir, dans un journal, nous faire une justice plus expéditive des conspirateurs et des traitres que dans la place d'accusateur public soumise à la lenteur des formes, Robespierre, écrivez! ».

importantes, qui, en raison de son élection populaire, sauvegardaient sa complète indépendance politique vis-à-vis du pouvoir.

Lors de l'installation du Tribunal criminel, le 15 février 1792, dans les locaux de l'ancienne chancellerie, il avait prononcé un discours dans lequel il expliquait comment il entendait les fonctions d'un magistrat du peuple. Ce discours fut publié par la Société des Jacobins. Il est devenu extrêmement rare et n'a pas été reproduit dans les précédents recueils très incomplets des Œuvres de Robespierre qui ont été publiés jusqu'alors.

Dans ce discours d'installation, Robespierre avait déclaré que < le jour où il lui paraîtrait plus profitable à la chose publique de le servir comme simple citoyen que comme magistrat, il n'hésiterait point à sacrifier une place »,... cependant fort lucrative, pour lui qui n'avait aucune fortune, puisqu'il était alloué à l'accusateur public un traitement annuel de huit mille livres, somme considérable pour l'époque.

Ses ennemis ne tinrent pas compte de cette abnégation, de ce désintéressement; ils lui reprochèrent sa scrupuleuse attitude, comme une désertion.

Le 10 avril, il mit ce projet à exécution et envoya sa démission d'accusateur public.

Dans le n° 1 : 3e art. : Réponse à Brissot et Guadet (v. pages 36 et 40), ces *derniers ayant, dans leurs attaques, fait allusion à cette démission, Robespierre rappelle les termes de son discours du 15 février 1792, et les motifs qui l'ont poussé à donner sa démission.

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