IV INTRODUCTION
Correspondance de Maximillien et Augustin Robespierre figure, à la date du 16 septembre 1790, une lettre de ce personnage à Robespierre dont l'original a été trouvé par M. Jacob aux Archives du Pas-de-Calais (10). Aussi, Ernest Hamel ne semble pas mettre en doute la collaboration de Robespierre au Journal Y Union dont les principes sont ceux que l'Assemblée Nationale a consacrés dans la Déclaration des Droits de l'Homme. « Impartiaux et modérés, ajoutent les rédacteurs dans leur appel, partout où la bonne cause ne saurait péricliter, courageux et incorruptibles, partout où elle est menacée, ils ne flatteront ni ne déchireront personne ».
Mais, au cas où l'assertion de E. Hamel serait exacte, — et en effet, elle nous semble vraisemblable, — il est très difficile de déterminer la part que Robespierre aurait prise à cette publication. « Lui aussi, dès cette époque, dit E. Hamel, en parlant des attaques des Actes des Apôtres, disposait d'un recueil périodique où il eut pu rendre coup pour coup, car, aussi bien, sinon mieux que ses détracteurs, il savait manier l'arme de l'ironie. Mais ce journal, dans lequel sa part de collaboration serait d'ailleurs assez difficile à établir, s'occupait de choses trop sérieuses pour prêter la moindre attention aux élucubrations plus ou moins désintéressées de quelques pamphlétaires ».
Plus tard, en avril 1790, des démarches auraient été faites auprès des rédacteurs du journal, en vue de modifier la ligne politique nettement populaire qu'ils s'étaient tracée. Ils s'y refusèrent et, après échange de récriminations imprimées, il y eut rupture complète entre eux et l'instigateur des tentatives faites en ce sens, leur principal bailleur de fonds, T. Marshall.
Le 12 mai 1790, trois semaines après ces incidents qui les privaient d'une partie de leurs ressources, mais qui sauvegardaient leur indépendance, les rédacteurs anonymes reprirent leur publication sous le titre de Journal de la Liberté qui parut jusqu'au 29 août de cette même année. Robespierre était-il encore du nombre de ces rédacteurs?
(10) Correspondance de Maximilien et Augustin Robespierre, recueillie et publiée par Georges Michon. T. III des Œuvres de Robespierre, p. 90.