ROBESPIERRE JOURNALISTE V
C'est probable. Mais le nouvel organe ne put vivre longtemps. Le 29 août, il disparut de nouveau
Six mois plus tard, le 23 février 1791, il essaya encore de reparaître; il s'appela le Surveillant (11), « journal libre » ; mais il paraît n'avoir eu qu'une existence fort éphémère; peut-être même le premier numéro, seul connu, ne fut-il que l'unique spécimen qui ait vu le jour.
Ces premiers essais dans le journalisme, au cours de l'Assemblée Constituante, avaient montré à Robespierre combien cette arme était nécessaire et terrible à la fois pour les hommes politiques aptes à la manier. Après la session (septembre 1791) et un séjour de repos et de recueillement de six semaines, du 12 octobre au 28 novembre, dans son pays natal, dans la retraite d'une campagne des environs d'Arras, il était revenu à Paris, reprendre sa place de combat.
Sous la Constituante, il avait été l'objet des attaques des royalistes des Actes des Apôtres; il avait dédaigné d'y répondre, consacrant tous ses instants à sa tâche plus utile, plus urgente, et surtout plus importante, de législateur.
En novembre 1791, dégagé de ses fonctions électives, il ne lui reste, pour faire entendre sa voix, que la tribune de la Société des Amis de la Constitution où, dès son retour, le 28 de ce mois, il est accueilli avec le plus grand enthousiasme.
Ce jour-là, justement, commence à s'agiter une question qui, durant plusieurs mois, allait tenir attentif le pays tout entier, la question de la guerre dont l'Assemblée Législative s'occupait depuis quelques jours.
Robespierre trouve les esprits dans les dispositions les plus belliqueuses; les nouveaux députés, notamment les hommes groupés autour des orateurs de la Gironde, les Vergniaud, les Guadet, les Gensonné, et surtout le journaliste Brissot, avaient surexcité partout l'enthousiasme guerrier.
(1) Imprimé chez Moithey, in-8° de 8 pages, comme « faisant suite au Journal de la Liberté » (Biblio. Nat. Le2, 278). Annoncé comme quotidien. La Bibliothèque nationale ne possède que le premier numéro du 23 février 1791. (Toueneux, ibid., t. II, n* 10.636).