SEANCE DU 23 JUILLET
Sur la création d'un tribunal spécial pour juger les mjteurs de la « rébellion )) du champ de mars (1)
Le 22 juillet, Salle avait présenté à l'Assemblée, au nom des comités de constitution, des rapports et des recherches, un rapport mr les événements du Champ de Mars, survenus le 17 juillet (2). Il demandait la création d'un tribunal spécial, à juridiction souveraine, chargé de rechercher et de poursuivre les auteurs de la « rébellion o>, comme de connaître les troubles généraux qui pourraient avoir lieu. Après une courte discussion, le débat fut ajourné au lendemain.
Le 23 juillet, une vive opposition s'élève contre le projet de? comités. .Robespierre se présente à la tribune. On demande à aller
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(1) Cf. A. Mathiez, Le Club dos Cordeliers..., op. cit., p. 208. <(2) Salle fut, à la Convention, un ennemi acharné des Monta-
aux voix. L'Assamblée décide d'abord sur la proposition de d'An h'', que les jugements qui seront rendus pour les délits relatifs à l'événement du Champ de Mars, seront soumis à l'appel. Elle rejette ensuite la proposition de former une commission particulière.
Finalement, l'Assemblée chargea le tribunal du 6e arrondissement des recherches et procès relatifs aux délits commis les 17 et 18 juillet (3).
Journal des Etats Généraux ou Journal Logographique, t. XXX, p. 269
« M. Robespierre monte à la tribune (murmures, aux Voix, aux voix).
« M. Reubell. Je demande que l'on rappelle à l'ordre ceux qui crient toujours : aux voix, aux voix, et ne savent que cela.
« M. Robespierre. Jamais je n'ai cru avoir autant de droit d'être écouté... » (4).
Courier de Provence, t. XVI, p. 62.
« M. Robespierre est monté à la tribune; mais les amis de la liberté ont mieux aimé céder la victoire que d'entendre un orateur que son patriotisme et son immuabilité leur ont rendu odieux. »
Gazette nationale ou le Moniteur universel, n° 205, p. 849.
« M. Robespierre se présente à la tribune. On demande dans diverses parties de la salle à aller aux voix » (5).
« Cependant, il faut le dire à la honte de quelques membres de 89, à peine a-t-on vu M. Robespierre monter à la tribune pour déployer son indignation, pour opposer les principes au renversement de la constitution, qu'un cri perçant, aux voix, aux voix, s'est fait entendre. »
Journal de Paris, 25 juillet 1791, p. 831.
« M. Roberspierre se présentoit à la tribune pour défendre cette vérité, mais elle étoit reconnue avant qu'il eût parlé; et sur la proposition de M. d'André, l'Assemblée a déclaré que le Tribunal qui connaîtroit des événemens du Champ de Mars ne jugeroit point sans appel. » Le Législateur français, 24 juillet 1791, p. 6.
« L'érection d'un tribunal, qui ne seroit effectivement qu'une chambre ardente, a alarmé les amis de la liberté; déià M. Robertspierre étoit à la tribune et demandoit à parler contre le décret. »
(3) Le 9 août 1791, Eobespierre comparaît comme témoin devant le tribunal, le 9 août. (Cf. L. Jacob, op. cit., p. 118, note 1). A. Mathiez reproduit sa déposition: Le Club des Cordeliers..., op. cit.. D 332-333
(4) Texte reproduit dans les Arch. pari., XXVIII, 535.
(5) Texte reproduit dans le Moniteur, IX, 206.
[Brève mention de cette tentative dans Le Mercure universel, t. V, p. 394; Le Journal du soir (Beaulieu), t. III, n° 383, p. 3; Le Journal des Débats, n° 793, p. 1 1 ; Le Journal général du Pas-de-Calais, n° 8, p. 94; Les Annales patriotiques et littéraires, n° 660, p. 1722.]
Société des Amis de la Constitution