‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 70 sur 110 · SEANCE DU 21 AOUT · texte numérisé non relu

SEANCE DU 21 AOUT

Sur une proposition de réunion adressée aux Feuillants

Siliery (1) propose qu'il soit écrit aux Feuillants pour leur demander, vu le danger de la patrie, de se réunir aux Jacobins. .Robespierre s'oppose à cette proposition, appuyé par Moreton. Vadksr au contraire soutient la motion de Siliery. La discussion est fermée. Robespierre demande qu'on passe <à l'ordre du jour. Cette

(1) Alexis Brulart, comte de Genlis, marquis de Siliery, député de la noblesse du bailliage de Reims.

proposition est rejetée. Après quelques débats, la Société arrête que « le- députés à l'Assemblée nationale membres des Jacobin?. et maintenant séants aux Feuillants, seront invités à* rentrer dans le sein de la Société-mère » (2).

Journal des Débats de la Société des Amis de la Constitution, n°47, p.1 ',

« M. Robespierre. Je sais bien ce qu'il y a de délicat dans une pareille délibération, je sais bien quels sont les avantages des ennemis les plus déclarés de la constitution sur ses amis : je ne suis point efîrayé de ces avantages et plus je vois leur triomphe certain et plus une fière indifférence m'élève au-dessus d'eux. Messieurs, vous ignorez peut-être que. demain est à l'ordre du jour un projet du comité de constitution, qui contient une constitution nouvelle, qui remet les Français sous le joug du despotisme ! Oui, Français, vous ignorez qu'il n'y a pas un seul de ces articles qui ne suffise pour détruire la liberté. Nous n'avons que quelques heures, et vous allez les employer à délibérer sur une proposition sur laquelle la société a prononcé deux fois... Eh bien, je vais négliger les grands intérêts publics : perdez cette séance ! et demain, que nous soyons abandonnés à ceux qui vont donner au roi toutes les forces nécessaires pour opprimer la liberté... la liberté de la presse est anéantie formellement : il n'est pas même admis l'amendement proposé par M. Péthion... Ce sont toutes les démarches qu'on ai faites oui ont retardé la réunion : il n'était pas un seul membre patriote des Feuillans qui ne fut résolu à se réunir ici ; mais on a projeté de leur envoyer une lettre d'invitation, ils ont attendu cette lettre, ils ont eu des scrupules; la raison triomphant, le bien public aurait triomphé, ils se seraient réuni... » L'opinant conclut à ce qu'en persistant dans le dernier arrêté (3), la société passe à l'ordre du jour.

« M. Moreton (4) appuie la motion de M. Robespierre » (5).

Assemblée nationale, Corps administratifs (Perlet), t. XIII, n° 749, p. 7.

a Je connois, a dit M. Robespierre, tous les avantages des ennemis les plus déclarés de la Constitution sur ses amis : je ne suis point effrayé de ces avantages et plus je vois leur triomphe certain, et plus une fière indépendance m'élève au-dessus d'eux. »

(2) Cf. ci-dessus, séance du 24 juillet 1791; et E. Hamel, I, 545.

(3) Il s'agit sans doute de l'arrêté du 25 juillet qui assujétissait tous les membres de La Société à signer la déclaration par laquelle ils reconnaissent vouloir rester aux Jacobins et à se soumettre à un scrutin épuratoire.

(4) Moreton-Chabrillant, colonel au régiment de la Fère. membre de la municipalité parisienne en 1789.

(5) Texte reproduit dans Aulard, III, 94 ; et dans Bûchez, efc Roux, XI, 479.

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