SEANCE DU 30 AOUT 1791 (soir
Sur la proposition d'une députation d'électeurs du Pas-de-Calais
Une députation des électeurs du Pas-de-Calais est admise à la barre de l'Assemblée nationale. Après avoir fait, en son nom particulier, un don patriotique pour aider à la défense des frontières. 1 orateur de la députation lit, au nom du corps électoral, une pétition dans laquelle il exprime le vœu qu'une indemnité soit accordée aux électeurs <1). Il montre que ces derniers ont dû, depuis 18 mois, se déplacer très fréquemment au chef lieu, pour procéder à la nomination et au renouvellement des administrations (2;.
Cette demande fut renvoyée au comité de constitution, mais les membres de la députation obtinrent les honneurs de la séance.
Journal général du département du Pas-de-Calais, n° 20, p. 205 (3).
« Une députation des électeurs du département du Pas-de-Calais s'est présentée à la barre; et après avoir fort adroitement oflferi un assignat de 80 hv. à l'assemblée nationale, elle a demandé une indemnité pour le tems qui avoit été employé dans les assemblées électorales. M. de Robespierre s'est efforcé d'appuyer cette opinion » (4).
L'Ami du Roi (Mont joie), 1er septembre 1791, p. 974.
« Bien des murmures se sont élevés d'abord; mais M. Robespierre qui connoit les hommes de son siècle, et qui sait parfaitement qu'on ne peut les conduire tous qu'avec de l'argent, s'est déclaré pour la demande des électeurs; il a soutenu que si l'assemblée n'accueilloit pas sur-le-champ toutes ces sortes de demandes, il arriveroit indubitable-
(1) Robespierre ava.it fait une semblable proposition lors de la réunion de l'Assemblée du tiers état de la Ville d'Arras, dans la nuit du 29 au 30 mars 1789 (Cf. Discours..., lre partie, 15).
(2) Barère (Point du Jour, XXVI, 66) soutient ce point de vue en faisant remarquer que la dépense engagée cessera dès que la constitution sera mise en application. On trouvera le texte de la pétition dans les Arch. pari., XXX, 81.
(3) Dans son numéro (p. 192), le même journal laisse entendre que Robespierre le Jeune aurait essayé d'utiliser ce procédé. Il écrit: « D'Arras... Plusieurs électeurs ont déclaré qu'on leur avoit offert de les défrayer de leur séjour, s'ils vouloient donner leur voix pour M. Robespierre, frère du député à l'assemblée nationale. Il vient de paroître un imprimé dans lequel M. Robespierre nie le fait )>.
(4) Ce journal rerient à la charge à la suite de l'élection de Robespierre cadet à l'administration du département (n° 21, p. 217): <•. 'L'accueil que M. «on frère a fait aux électeurs qui ont été en députation pour obtenir le paiement de leurs vacations, a vallu à M. Robespierre cadet cette place qu'il a préféré sans doute à celle de volontaire ».
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ment que ceux-là qui ont du tems à perdre, et par conséquent les riches seuls parviendraient à l'électorat (5). La conséquence de M. Robespierre a effrayé l'assemblée qui veut que les pauvres puissent aussi être électeurs et députés; et sur la proposition de l'orateur, elle a envoyé la pétition pécunière à ses comités de constitution et de finances; c'est un avis à M. Vernier de laisser place dans son tableau, qu'on va imprimer, à la dépense des corps électoraux. »
(5) L'Ami du Roi de Rcyou (n° du 11 septembre 1791, p. 1) e"t également partisan de cette indemnité: <c Les seuls riches voudront voyager à leurs frais, et se rendront martres des élections. MM. Pétition, Rœderer, Robespierre,, illustres défenseurs du peuple, où ttiez-vous? ».