‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 3 sur 24 · QUESTIONS A RÉSOUDRE · texte numérisé non relu

QUESTIONS A RÉSOUDRE

1° Quelle est la forme d'habillement complet des enfans de l'un & de l'autre sexe, le plus commode & le plus économique?

Il sera présenté deux modèles, l'un pour l'habillement des garçons, l'autre pour celui des filles.

L'auteur du modèle qui sera adopté par la Convention recevra une récompense de 3 000 livres.

2° Quels sont les divers genres d'alimens les plus convenables aux enfans, depuis l'âge de cinq ans jusqu'à douze, & en même temps les plus économiques?

Les recettes qui seront indiquées par les citoyens, devront, autant qu'il sera possible, être variées & multipliées, ils auront égard aux productions qui sont les plus communes, selon la saison & les difîérens climats de la république. Elles contiendront également, pour chaque espèce de climats, les quantités qui seront par jour la portion de l'enfant, en graduant les quantités indiquées suivant les difîérens âges.

3° Quels sont les soins & attentions physiques propres à conserver & fortifier la santé des enfans? Quels sont les exercices de gymnastique les plus propres à favoriser leur croissance, développer leurs muscles, & leur donner force, adresse & agilité?

4° Quels sont les divers genres de travail des mains auxquels on peut le plus commodément, le plus utilement, employer les enfans dans l'intérieur des maisons d'éducation nationale, lorsqu'ils ne seront pas occupés à des travaux au dehors? & quelle est la méthode la plus simple de partager les tâches & de reconnoître chaque jour facilement l'évaluation de chaque enfant?

Les citoyens qui présenteront les solutions les plus satisfaisantes sur les trois questions précédentes, & dont les ouvrages auront été adoptés par la Convention, recevront pour chacune des trois questions résolues une récompense de vingt-quatre mille livres.

Mention ou extraits dans Gazette nationale, ou le Moniteur anioersel, n" 1 98, p. 848 ; Journal de Sablier, n" 7 1 4, p. I ; Journal des Débats et Décrets, n" 299. p. 1 72 ; Gazette de France, n" 195. p. 892 ; Chronique de Paris, n" 195. p. I ; Journal universel, n° 1329, p. 5210; Abréoiateur universel, n" 196. p. 784; Journal de la Montagne, n" 43. p. 242; Journal de Pari s, n" I95,p.784; Thermomètre du jour, 15)uillet.p. \\9 : Révolutions de Paris, n," 2\0, p.25 ; Coarrier del'Égalité, n° 330, p. 108 ; Feuille de Paris, n" 332. p. 4 ; Nouvelles politiques, 15 juillet, p. 784: Mercure universel, XXIX. 220 et 473-489 ; Courrier unioerul, 15 juillet, p. 2 ; Auditeur national, n" 293. p. 6 ; Dé/enuur de la vérité, nMO. p.492(l).

(1) Mention dans E. Hamel, III, 62, et G. Walter, p. 684, note 2, et 735. La plupart des journaux ont déjà signalé ce plan à projws de la séance du 13 juillet.

séance du 29 juillet 1793 43

Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité 4. - SÉANCE DU 29 JUILLET 1793

Pour l'arrestation des déserteurs étrangers qui sont a Paris

Un officier autrichien déserteur prie la Société de lui nonuner des défenseurs officieux, afin de soutenir auprès du ministre de la guerre, la demande que lui et ses camarades font d'être employés en Vendée. Robespierre s'y opjwse. Il invita les républicains à se défier des déserteurs et demande qu'une députation soit envoyée au maire de Paris et au commandant général pour qu'ils fassent arrêter tous les déserteurs étrangers qui sont dans la capitale. Duhem, représentant du Nord (1), propose que la mesure soit étendue à tous les étrangers; Robespierre s'y refuse. Sa proposition est finalement adoptée. Le débat rebondit lorsqu'un autre membre observe que les citoyens qui viennent dans la Société, et en quelque sorte sous ses auspices, ne devraient p>oint y être inquiétés par la f)olice. Robespierre prend ime nouvelle fois la parole, i)our réfuter ces observations.

Journal des Jacobins, nP 460, p. 2-4 (2).

« Robespierre. Je suis fort édifié de voir un officier autrichien et trois cents de ses camarades accourir sous les drapeaux de la liberté et venger la raison, la justice, des efforts des tyrans coalisés contre nous; mais je m'étonne toujours de la facilité avec laquelle on accueille ici de semblables propositions, de la complaisance même avec laquelle on les provoque. Je plains la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité qui les peut recevoir, malgré les nombreuses leçons qu'elle reçoit journellement à ce sujet. Et c'est au nom d'un homme reconnu traître à la nation qu'on a le front de nous demander des grâces. Peut-il recommander un bon patriote? Toujours ces prétendus déserteurs qu'on nous lâche fort adroitement, et qui ne sont au fait que des espions, obtiendront-ils votre confiance, vos services? Croirez-vous perpétuellement au patriotisme du premier venu ? Je demande que la Société chasse à l'heure même de son sein, l'homme fortement suspect qui vient de vous faire cette proposition; il n'y saurait exister de franchise, et nous avons toujours le droit de nous en défier.

Je demande qu'on envoie sur le champ une députation au maire de Paris et au commandant-général de la garde nationale parisienne, pour les engager à faire mettre en état d'arrestation tous les déserteurs qui se trouvent en ce moment dans la capitale. )>

(1) Duhem, qui était avec Lesage-Senault, en mission à l'Armée du Nord, venait d'être rappelé, sur la proposition de Robespierre, pour avoir destitué le général Lavalette (voir Discours... 4^ part., p. 627; séance du 24 juillet 1793).

(2) Résumé dans Aulard, IV, 320-21 . Mention dans Bûchez et Roux, t. XXXIII, p. 395 et G. Walter, p. 735. Voir E. Hamex, III, 88-89.

(3) Interventions d'un membre de la Société et de Duhem, puis de l'officier autrichien qui proteste de son civisme.

« Robespierre. La proposition de généraliser ma motion et de l'étendre à tous les étrangers est impolitique; je dirai mieux, elle est indiscrète. A quelles alarmes ne nous laisserait-elle point en proie; quels dangers n'en peuvent pas résulter? Je n'ai pas dû demander que tous les étrangers fussent arrêtés, car c'était le seul et le plus efficace moyen de les bannir sans ressource, or il en est un plus grand nombre, dont les lumières, les vertus et le patriotisme servent utilement la chose publique, mais vous ne devez pas mettre de ce nombre les déserteurs autrichiens qu'une longue habitude nous a rendus tous suspects.

Je demande que les hommes, qu'un sentiment impérieux fait regarder comme des traîtres, que ces hommes qui ont eu l'audace de venir dans votre sein au nom de vos ennemis qui sont aussi ceux du peuple, que ces hommes enfin dont la conduite, d'après leur propre aveu, n'est pas exempte de louche, soient mis, mais mis seuls, en état d'arrestation; s'ils sont innocens, nous saurons les dédommager de cette rigueur passagère; s'ils sont coupables, ils doivent nous payer sans grâce les nombreux sacrifices que nous faisons toujours à la liberté {Applaudissemens). »

« Robespierre. Je n'entends point jeter de la défaveur sur tous les étrangers qui se rangent sous les drapeaux de la liberté; mais l'expérience nous a montré combien la défiance à leur égard était légitime. Veut-on faire de nous des dupes perpétuellement? Suffit-il de se dire patriote pour être cru? Si cet homme est patriote, il doit approuver lui-même cette mesure de rigueur qui est le fruit d'une liberté ombrageuse qui s'effraye aisément, d'un républicanisme précautionneux, à qui l'expérience de nos malheurs et de nos fautes a donné un peu de perspicacité et peut-être trop de défiance. Qu'est-ce donc au surplus que la mesure que je propose? Qui injurie-t-elle? Devons-nous nous surveiller tous et surveiller aussi tous les autres? ou bien sommes-nous ici pour causer seulement de salut public? Il doit, je le répète, se constituer prisonnier à la mairie, là il y subira une épreuve qui doit lui être bien glorieuse ou qui doit le conduire à la mort : ceci est plutôt une formalité qu'une punition et s'il est vraiment innocent, chacun de nous le dédommagera par toute l'étendue de son amitié, de sa confiance, des petites tribulations passagères; qu'au surplus il n'aura essuyé que pour la liberté dont il est idolâtre ».

« Robespierre. Il faut enfin vous dire une vérité qui me pèse depuis long-tems sur le cœur; c'est que je vois ici beaucoup trop de mines autrichiennes (Applaudi).

(1) Intervention de Bernard, membre de la Société.

(2) Interventions diverses, notamment d'Hassenfratz qui demande que les sections dressent une liste des étrangers arrivant à Paris ou en partant.

Je ne répondrai qu'à une seule objection passable qu'on ait faite : on dit d'une part que des citoyens, qui se sont mis sous notre sauvegarde, ne doivent point voir tromper leur confiance, leur sécurité. Si Pitt, Cobourg déguisés s'introduisaient parmi nous, croiriez-vous devoir les épargner? Comment traiterez- vous leurs agens qui s'y glissent et soufflent tout leur venin?

On dit que nous ne devons pas permettre que la police extérieure s'introduise dans notre salle, et qu'il s'ensuivrait des abus sans nombre. Je réponds que cela serait excellent si la police venait malgré nous y exercer une autorité qui ne lui est pas reconnue. Mais lorsque nous l'invitons nous-mêmes, que nous l'appelons au milieu de nous, l'obéissance est un hommage tacite qu'elle nous rend.

Je demande que ma proposition soit mise aux voix et j'en ajoute une autre, nécessitée impérieusement par les circonstances. C'est qu'on fasse de nouveau le scrutin épuratoire de tous les membres de cette assemblée, qu'on prenne des précautions pour que cette mesure ne soit point illusoire comme elle le fut jusqu'à ce jour (Appuyé). »

Extraits dans Joamal de la Montagne, t. I, v? 60, p. 377; Coarrier um'oene/, 31 juillet, p. 2 ; Joamal de Satlier, n° 743. p. 2-3; Amala de la RépaUiqae ftŒKa-se. t. II. n» 215, p. 1071.

5. - SÉANCE DU 31 JUILLET 1793 Contre le rapport du maximum des grains

Bentabole, représentant du département du Bas-Rhin, demande que la Convention rapporte l'article de la loi du 4 mai 1793 qui fixe le maximum du prix des grains. Devars, représentant de la Charente, estime suffisante une modification qui rendrait le « maximum » décroissant. Puis Ehihem réclame une mesure générale contre les accaparements, ainsi que la réforme du système d'achat pratiqué par les agents de la République. A la demande de Robespierre, l'ajoumement fut décrété. Le 9 août 1793, la Convention adoptait la loi sur les greniers d'abondance (1).

Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n» 213, p. 909(2); Journal des Débats et Décrets, n» 317, p. 398.

« Robespierre. Les inconvéniens de la loi du maximum se font sentir en beaucoup d'endroits, et les malveillans qui abusent des meilleures lois ont profité de celle-là pour tramer leurs complots. Cependant il ne suffit pas de rapporter légèrement une loi, il faut la remplacer par des dispositions plus sages. Je demande qu'on ajourne la proposition

(1) Mon., XVII, 365. Voir A. Mathiez, La xne chère..., p. 292 et 297.

(2) Mon., XVII, 277; Arch. pari., LXX, 51. Rien dans G. Walter. Voir E. Hamel, III, 87.

qui VOUS est faite, parce que le Comité de salut public médite en ce moment un projet qui, sans doute, déjouera les complots des conspirateurs, et assurera l'abondance et la prospérité publique. »

Mention dans AnnaUt palriotigueM, n° 212, p. 978 ; CoarrieT fronçait, t. XXV, n° 213. p. 249 ; Mercure univertel XXX. 9; Auditeur national, n" 314, p. 3; Feuille du ualut public, I" août. n« 32. p. I ; Feuille de Paris, n" 348. p. 3 ; Journal de France, l"«oût. p. 2; Journal du soir, 31 Juillet, n" 313, p. 2; Quotidienne, l"août. p. 3; Journal de Sablier, n» 748, p. 2 ; Suite du journal de Perlet, t. VI. n° 314. p. 2.

6. - SÉANCE DU ]«^ AOUT 1793 Contre la proposition d'ériger le Comité de salut public

EN gouvernement PROVISOIRE

Danton demande que la Convention érige en gouvernement provisoire, son Comité de salut public, et que les ministres n'en soient que « les premiers commis ». Il est vivement applaudi, mais Jeanbon-Sain t André, Couthon et Barère insistent pour que les ministres conservent la disposition des finances. Estimant avec Thuriot cette proposition prématurée, Robespierre en demande l'ajournement : la fête du 10 août n'avait pas encore eu lieu et le moment n'était pas venu de bouleverser l'organisation gouvernementale. Le lendemain, 2 août, la Convention rejeta la proposition de Danton (1). Cette dernière n'en avait pas moins contribué à aviver, dans l'opposition extrémiste, les attaques contre le Comité de salut public.

Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n" 215, p. 918 (2); Journal des Débats et Décrets, nP 319, p. 19.

« Robespierre. Si, en changeant l'état du gouvernement actuel, on y substituait un état certain et stable, j'appuyerais la proposition de Danton; mais en détruisant l'autorité du Conseil exécutif, je ne vois pas qu'on fasse mieux marcher le gouvernement. La proposition me paraît vague, son objet d'une exécution incertaine. Il serait dangereux de paralyser subitement le gouvernement existant. Il ne suffit pas de dire : il n'y aura plus de Conseil exécutif, et le Comité de salut public sera un gouvernement provisoire; il faut organiser ce gouvernement, et comme on ne nous en a pas encore montré les moyens, je demande l'ajournement de la proposition. »

Mention ou extraits dans Mercure unioersel, XXX, 31 ; Créole patriote, t. III, n° 7, p. 26;

(1) Mon., XVII, 310. La Convention décréta, après le rapport de Hérault de Séchelles, que « la Trésorerie nationale paiera jusqu'à concurrence de 50 millions, sur les ordonnances du Comité de salut public ».

(2) Mon., XVII, 296; Arch. pari, LXX, 106. Mention dans G. Waltkb, p. 785. Voir E. Hamel, III, 88.

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