AULARD, VI
(2) Cette adresse de la Société fut présentée à la Convention le 27 floréal par une députation que conduisait Jullien (de Paris) {Mon., XX, 492). Elle fut imprimée par ordre de la Convention (B. N., 8° Le^* 795).
(3) AuLARD, VI, 132; Bûchez et Roux, XXXIII, 68. Rien au Moniteur. Mention dans G. Walter, p. 740.Voir E. Hamel, III, 520.
SÉANCE DU 26 FLORÉAL AN tl 467
que c'est lui qui dicte les principes que vous devez professer. Les sentimens qui ont été manifestés dans l'adresse, n*étoient-ils pas déjà dans vos cœurs?... (Oui, oui, s^ écrient tous les membres). C'est donc vous qui avez parlé dans cette adresse : ces sentimens ne vous ont été suggérés par personne. Ceux qui déclament contre les principes, et contre le Comité de scilut public, sont des hypocrites, amis secrets des hébertistes et des prêtres.
On se tromperoit si l'on donnoit une interprétation particulière à mes paroles; ce n'est pas du préopinant que je veux parler, je n'ai pas le dessein d'attaquer ici son patriotisme. Mais je connois des hommes qui jouent le rôle de déclamateurs perfides, c'est contre eux seuls que je parle ici. Ce système tient à toutes les conspirations, il en est même la première base. Les méchans qui craignent l'énergie du peuple français, voudroient détruire les principes sur lesquels elle est fondée.
Le peuple les jugera; il saura les distinguer des bons citoyens qui ne cherchent que la gloire et sa prospérité. Devant lui, les conspirateurs paroîtront dans toute leur difformité, et recevront le juste châtiment de leurs crimes. Tout conspirateur redoute jusqu'à l'idée de la justice; tout frippon craint le germe de la vertu. Son principwJ but est de le détruire, les calculs les plus infâmes sont employés pour y parvenir, et pour étouffer les plus grandes idées de morale.
Une des espérances des conspirateurs étoit que la Convention rejettât l'adresse qui lui a été présentée par la Commune de Paris; si cette adresse eût été rejettée, le décret sublime et immortel où les grandes vérités de la nature sont reconnues, auroit été pour ainsi dire révoqué, et les scélérats triomphoient. De même si vous eussiez rejette l'adresse qui vous a été présentée, il en seroit résulté, que les grandes vérités qu'elle contient, ne seroient pas dans vos cœurs, que les Jacobins auroient des principes différens de ceux de la Convention : Le but des scélérats étoit encore rempli.
La Convention a fait justice de l'opinion scélérate des êtres sans moralité. Les Jacobins suivront son exemple, en adoptant l'adresse; ou plutôt ils ne l'adopteront pas, car elle est dans l'âme de tous les membres de la Société. Je demande cependant qu'il soit fait un changement dans cette adresse. Il est des vérités qu'il faut présenter avec ménagement, telle est cette vérité professée par Rousseau, qu'il faut bannir de la République tous ceux qui ne croient pas à la divinité. Ce principe cité dans l'adresse ne doit pas être adopté, ce seroit inspirer trop de frayeur à une grande multitude d'imbécilles ou d'hommes corrompus. Je ne suis pas d'avis qu'on les poursuive tous, meiis seulement ceux qui conspirent contre la liberté. Je crois qu'il faut laisser cette vérité dans les écrits de Rousseau, et ne pas la mettre en pratique. Au reste, je crois que l'adresse doit être adoptée. »
Mcntioa duis Joamd Je PerUt. t. X. o* 605. p. 396.
2® intervention : En faveur de Lequinio, accusé d'athéisme
Le 18 floréal, Lequinio, député du Morbihan, avait fait aux Jacobins un éloge pompeux du rapport de Robespierre sur les idées religieuses et les fêtes nationales (1). Le lendemain, 19 floréal, toujours aux Jacobins, Brival, représentant de la Corrèze, rappela que les principes développés par Robespierre ne s'accordaient pas avec ceux que Lequinio avait exposés dans ses brochures, Les préjugés détruits, et Du bonheur : il s'y efforce « de prouver qu'il n'existe point d'Être suprême et qu'après la mort de l'homme tout est détruit » (2). Le 26 floréal, sur la fin de la séance, aux Jacobins, Lequinio revient sur l'accusation de Brival. Les préjugés détruits, présentés comme entachés d'athéisme, comportent en fait une page en l'honneur de l'Être suprême; si l'on y trouvait quelques erreurs, il les désavouerait et brûlerait ses écrits de sa propre main. Robespierre vint à l'aide de Lequinio, se portant garant de son patriotisme.
Journal de la Montagne, t. III, p. 180 (3); Courrier républicain, np 204, p. 174.
« Robespierre. Ceux qui connoissent l'opinant, ne doutent pas de son patriotisme. Ce ne sont pas ses ouvrages qui pourront nous en faire douter d'avantage; mais ce n'est pas pour cet objet que je prends la parole. C'est pour dévoiler l'intrigue qui prend plaisir à s'attacher aux choses les plus utiles. Il me semble que lorsqu'on agite les grandes questions, la malveillance cherche toujours à donner le change, en confondant les choses les plus différentes.
Lorsque nous avons développé les principes immortels qui servent de bases à la morale, nous en avons parlé en hommes publics et sous le rapport de l'intérêt sacré de la liberté; mais la Convention a-t-elle voulu descendre dans la pensée de chaque particulier, a-t-elle prétendu se mêler de leurs opinions individuelles? Non, son intention n'alloit pas au-delà de ce qui intéresse le salut de la France libre. Que nous importe ce que tel a dit, ce qu'il a écrit? Ce qui nous intéresse est de savoir si tel est un conspirateur, s'il a jette dans la société civile des fermens de discorde pour détruire la liberté, en un mot s'il a été attaché à la faction de l'étranger. C'est sous ce point de vue que nous avons agité la question et que nous avons établi les grands principes; il ne s'agit pas de nous laisser entraîner dans des discussions et des disputes théologiques, mais seulement de consacrer la morale publique, et de confondre les scélérats; ainsi nous demeurerons invariablement attachés aux principes de la saine politique, en écartant avec soin les
(1) AULARD, VI, 114 et ci-dessus, 18 floréal (n" 121).
(2) AuLARD, VI, 116. Les préjugés détruits parurent en 1792 et furent réimprimés en 1793, in-80, 312 p. (B, N., R 45453). Du bonheur constitue le texte d'un discours prononcé dans le temple de la Vérité, à Rochefort, le 20 brumaire II {B. N., 8° Lb*^ 3484). Au cours de sa mission en Charente, Lequinio s'était affirmé comme un farouche déchristianisateur.
(3) AuLARD, VI, 135. Rien dans le Mon. ni dans G. Waltek.
principes minutieux et les tracasseries ridicules. Lorsque nous songeons à consolider les bases des vertus et du patriotisme, nous sommes bien éloignés de vouloir devenir des persécuteurs (Applaudi).»
Mcndoo du» Joanul des Hmmmts lAnt, a' 148. p. 596.
Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité 124. - SÉANCE DU 6 PRAIRIAL AN II (25 MAI 1794)
K® intervention :
Sur les tentatives d^assassinai contre des représentants du peuple
Le 1*' prairial an II, Admirât, après avoir tout le jour guetté Robespierre, avait tiré deux coup>s de pistolet sur Collot d'Herbois (1). Le 4, on arrêtait une jeune fille, Cécile Renault, alors qu'elle cherchait à pénétrer chez les Duplay, auprès de Robespierre, munie de deux petits couteaux (2). Ces tentatives d'assassinat contre Robespierre et Collot d'Herbois suscitèrent une immense émotion : elles démontraient, s'il en était besoin, que la contre-révolution intérieure ne désarmait pjas : le complot aristocratique demeurait toujours vivace (3). Il suscita en prairial an II la même poussée terroriste qu'en septembre 1792 ou à l'automne 1793, mais modifiée dans
(1 ) Sur Admirât, voir R. Schnsrb, t A propos d' Admirât et du baron de Batz », dans A.H.R.F., 1952, p. 471. Cf. aussi G. Walteb, p. 410 et A. de Lestapis, « Autour de l'attentat d' Admirai » dans A.HJiJ'., 1956, p. 6 et 106.
(2) Taillefer l'annonça à la Convention en ces termes : « On dit qu'une nouvelle mégère a voulu faire le second tome de Charlotte Corday sur la personne de Robespierre » (Annales patriotiques, n» 509, p. 2246; Gazette historique..., n° 147, p. 3; Gazette française^ b9 878, p. 2330).
(3) Le Journal de Paris (n° 512, p. 2065) publie à ce propos l'extrait d'une lettre de Hollande datée du 17 floréal : « Je répéterai encore que les Comités doivent employer toute leur \igilance pour prévenir les complots dirigés de Londres contre eux-mêmes, et particulièrement contre Robespierre. Pttt prodigue à cela son or; il voit avec beaucoup de chagrin l'institution du gouvernement révolutionnaire, dont il ne peut cependant s'empêcher de faire l'apologie lui-même. Nous craignons beaucoup l'influence de Robespierre. Plus le gouvemenient françois républicain sera concentré, dit ce Ministre, plus il aura de force, et plus il sera difficile de le renverser ». Et il ajoute : « Pourquoi isoler ainsi im membre du Comité, du Comité lui-même? Pourquoi affecter de centraliser le gouvernement sur une seule tête, tandis qu'il n'est que sur deux Comités dans lesquels la Convention nationale l'a centralisé lui-même. Nous vous développerons demain, dans un rapport plus étendu, l'artifice des calonuxies publiées dans l'Europe contre »in des patriotes le plus pur et le plus ami de la Liberté. C'est contre ses calomnies et ses poignards; c'est contre Robespierre que les journalistes cherchent à Paris comme à Londres à altérer l'opinion ». Voir aussi, de ce même journal, les n°* 509, p. 2054 et 531, p. 2143. La Gazette française, n° 877, p. 2333-2334, publie des extraits de l'interrogatoire d' Admirât.
ses manifestations par l'existence du gouvernement révolutionnaire qui tourna à son profit la réaction défensive du peuple et maintint sa volonté punitive dans les limites légales (1).
Le 6 prairial au soir, aux Jacobins, « tous les citoyens des tribunes ont accueilli avec attendrissement, ont applaudi avec transport, deux des plus ardents défenseiu-s des droits du peuple auxquels la scélératesse du gouvernement britannique avait désigné une place entre Marat et Lepeletier (2) ». CoUot d'Herbois parla le premier, très longuement. Lorsque parut Robespierre, de longs applaudissements éclatèrent. Sur la proposition de Bentabole, représentant du Bas-Rhin, Voulland qui présidait lui donna l'accolade fraternelle (3). Après diverses interventions, une section entière se présente : la salle étant déjà pleine, il est impossible de l'admettre. On propose de la recevoir par députation « ce qui est appuyé par Robespierre » (4). La discussion se poursuit. Robespierre prend enfin la parole; il est longuement applaudi.
Journal de la Montagne, t. III, n° 32, p. 254-255 (5); Feuille de la République, n° 330, p. 2; Journal des Hommes libres, p. 636 (Variantes de détail); Mercure universel, XL, 132; Courrier républicain, t. IV, n» 218, p. 2Aâ-24n; Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n° 250, p. 1016 (6).
« Robespierre. Je suis un de ceux que les événemens qui se sont passés doivent le moins intéresser; il ne m'est cependant pas permis de ne pas les envisager sous le rapport de l'intérêt public. Que les défenseurs de la liberté soient en butte à la rage des factions et aux poignards de la tyrannie, c'est une vérité que les patriotes ont prévue de tout tems. Jamais ils n'ont cru devoir vivre pendant une longue suite d'années, ils connoissent trop bien les tyrans et leurs complices pour n'avoir pas prévu les scélératesses que ceux-ci doivent employer pour les détruire. Je disois, il y a deux mois : si nous battons les ennemis, si nous déjouons les conspirations qu'ils ont créées par la corruption, nous serons assassinés. Les satellites des tyrans ont mordu la poussière, les traîtres ont péri sur l'échafaud, et les assassins ont eiiguisé leurs poignards contre nous. Je ne sais quelle impression doivent faire éprouver les crimes de la tyrannie, aux ministres pervers de leurs atrocités, mais je ne puis m'empêcher de vous rendre compte de celle que j'ai moi-même éprouvée.
(1) Cf. G. Lkfebvre, « Sur la loi du 22 prairial an II », dans A.H.R.F., 1951, p. 225.
(2) Mon., XX, 576.
(3) De nombreuses adresses félicitèrent Robespierre et CoUot pour avoir échappé aux assassins. Voir pour Paris, A. Soboul, Les sans-culottes parisiens..., p. 927-929; et pour la province : Mercure universel, t. XLI, p. 9 (Commune -Affranchie), p. 41 (Meaux), p. 57(Alais), p. 102 (Perpignan), p. 236 (département de l'Oise), p. 293 (Toumai-l'Union); Journal de Paris, n» 511, p. 2061, nP 514, p. 2074, n» 547, p. 2209. Voir aussi F' 4436^, pi. 8, p. 126, 127 (Secf» Le Peletier)
(4) Cette l''« intervention de Robespierre, le 6 prairial, n'est pas autrement explicitée {Mon., XX, 579; Aulard, VI, 151).
(5) Aulard, VI, 153. Mention dans G. Walter, p. 789. Voir E. Hamel, III, 524-530.
(6) Mon., XX, 579.
J'ai senti qu'il étoit plus facile de nous assassiner que de vaincre nos principes et de subjuguer nos armées. L'assassinat est un cnme effroyable, les tyrans l'emploient sans difficulté, parce que c'est le moyen le plus conforme à leur foiblesse.
Plus la vie des défenseurs de la cause du peuple et de l'humanité est incertaine et précaire, plus ils doivent se hâter de rendre à leur patrie tous les services qu'elle a droit d'attendre de leur énergie et de leurs lumières, et de remplir leurs derniers jours d'actions utiles à la liberté. Quand les puissances tyranniques de l'Europe se liguent pour étouffer notre immortelle révolution, un ardent partisan des droits sacrés de l'homme ne doit pas s'imaginer qu'il doit vivre long-tems.
Moi qui ne crois point à la nécessité de vivre, mais seulement à la vertu et à la Providence, je me trouve placé dans l'état oii les assassins ont voulu me mettre; je me sens plus indépendant que jamais de la méchanceté des hommes. Les crimes des tyrans et le fer des assassins m'ont rendu plus libre et plus redoutable pour tous les ennemis du peuple, mon âme est plus disposée que jamais à dévoiler les traîtres et à leur arracher les masques dont ils osent encore se couvrir!
Lâches agens de la tyrannie, méprisables appuis des oppresseurs du genre humain, sortez de vos repaires obscurs, parroissez tels que vous êtes aux yeux d'un peuple indigné de vos crimes! voyez nous exposés à vos poignards homicides, le sein à découvert, ne voulant pas être environnés de gardes. Frappez, nous attendons vos coups. Calculez avec quelle facilité quelques centaines d'assassins peuvent enfoncer le glaive meurtrier dans le cœur de l'homme de bien, qui n a pour défense que ses vertus, la surveillance du peuple et la Providence. Mais d'un autre côté, mesurez la profondeur de votre scélératesse et les peines que doit attirer l'énormité de vos perfidies. Attendez-vous au jugement du peuple et de la Providence, vous n'échapperez ni à l'un, ni à l'autre.
Français, amis de l'égcdité, rep>osez-vous sur nous du soin d'employer le peu de vie que la Providence nous accorde, à combattre les ennemis qui nous environnent. Nous jurons par les poignards rougis du sang des martyrs de la Révolution, et depuis aiguisés contre nous, d'exterminer jusqu'au dernier, les scélérats qui voudroient nous ravir le bonheur et la liberté.
Des applaudissemens unanimes et longuement prolongés, suivent ce discours énergique où brillent la vraie bravoure, la grandeur d'âme républicaine, le plus généreux dévouement à la cause de la liberté et la philosophie la plus prononcée.»
Extraiu «Un» Gazette kisioriqae, a' 149, p. 3; Jotmud de SMier, n* 1341. p. 2; Amales de la RlpaUiqae françaùe. n" 1 78, p. 2 ; CooTTier tùttoriqae et poUtiqm..^ n* 241 . p. I ; Gaxetie française, n» 878, p. 2337. Mention àua Coarrier historiqae et politique..^ p. 2-3; Comnier lépaUicain, t. IV. n* 209. p. 213; Feuille de la Répablique, a" 328. p. 3; AbréoialeaT amoerxl. n" 513. p. 2050; Jomtd de SMier, p. 2: Coarrier de l'ÉgdiU, n" 647. p. 455; Gazette françaite. 8 pnirial. p. 2337; Amales it Im RiniHkae fraaçaite, n" 178. p. 2; JoanuJ de la Moniafte, t. III, p. 244.
2® intervention :
Contre la proposition de rendre les honneurs civiques à Geffroy,
et contre celle de donner une garde aux représentants
Aussitôt après l'intervention de Robespierre, Rousselin propose que les honneurs civiques soient décernés à Geffroy au cours de la fête du 20 prairial en l'honneur de l'Être suprême : le serrurier Geffroy avait été blessé par Admirât, en s'interposant lors de la tentative d'assassinat contre CoUot d'Herbois (1). Robespierre s'oppose à cette proposition, comme à celle qui avait été faite de donner une garde aux représentants (2). Couthon dénonce à son tour les sympathies dantonistes de Rousselin. Après quelques débats, il est exclu de la Société et traduit au Comité de sûreté générale (3).
Journal de la Montagne, t. III, nP 32, p. 255; Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n» 250, p. 1016 (4); Courrier républicain, t. IV, n» 213, p. 247.
" Robespierre combat cette proposition, en déclarant que les honneurs que l'on paraît vouloir rendre aux représentans du Peuple et à ceux qui les ont défendus, ne sont qu'un piège adroit inventé par les partisans de la tyrannie; il rapproche la motion faite en dernier lieu, de celle qui a pour objet de donner une garde aux représentans, et fait voir que toutes deux tendent à jeter sur eux de la défaveur; à leur attirer l'envie et la calomnie, en les accablant d'honneurs superflus; à les isoler pour leur faire perdre l'estime, et tourner contre eux tout ce que la haine peut inventer; à faire croire que la Convention n'est pas assez éclairée pour accorder aux citoyens les récompenses qui leur sont dues; enfin à leur ravir la satisfaction d'agir avec désintéressement. Il s'étonne de ce qu'un homme qui ne paraît que trèsrarement à la Société, s'obstine à présenter toujours des motions insidieuses. Il lui reproche d'avoir, lors de l'affaire de Danton, cherché à détourner l'attention de dessus ce scélérat, en prononçant un discours dangereux, et d'avoir été envoyé ici pour le prononcer, par le ministre Paré, ami de Danton.
Il fait part que Rousselin devait présenter une autre motion très insidieuse; mais qu'il l'a retranchée, parce qu'il a vu qu'elle était blâmée par quelques patriotes. Elle consistait à demander qu'on allât rendre grâce à l'Être suprême, dans le temple de la Raison, pour
(1) Au cours de cette séance, la Société décerna à Geffroy le brevet de Jacobin {Mon., XX, 578 et 680). Il y fut présenté le 11 messidor {Mon., XXI, 107).
(2) Il semble d'après plusieurs journaux qu'il s'agisse de deux interventions distinctes.
(3) Voir sur Rousselin, séance du 27 ventôse (n" 101). Il fut traduit devant le Tribunal révolutionnaire par arrêté du C. de salut public du 27 messidor. Cf. H. Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire, V, 64 et E. Hamel, III, 632, note 1.
(4) Mon., XX, 579. Reproduit dans Aulard, VI, 155. Mention dans G. Walter, p. 739. Voir E. Hamel, III, 531-532.
avoir conservé les jours des représentans. Il fait voir que cette mesure est très dangereuse, parce qu'elle ramène aux anciennes cérémonies religieuses. »
Mention d«n» Joamtl Je Perlet, t. X, n» 612. p. 456; Coarrier Je FÉttitU. t. VHl. n" 647. p. 456; Coamer rHm. Uicain, t. IV. a" 209, p. 214; Coarrier anioenel, 8 prmirial. p. 2337; AhHoiateai amoenel, t. IV, n° 513. p. 2Q51: Joamal Jet Homamei libres, 8 prmirial, p. 636; NoaveUei politiques..., n" 188, p. 750.
125. - SÉANCE DU 7 PRAIRIAL AN II (26 MAI 1794) Sur les crimes des rois coalisés contre la France
Le 7 prairial, au nom du Comité de salut public, Barère présenta un rapport sur « la combinaison des crimes que l'Angleterre soudoie parmi nous », et rendit compte de l'instruction sur les tentatives d'assassinat contre CoUot d'Herbois et Robespierre (1). A la suite de ce rapport, la Convention adopta à l'unanimité le projet de décret présenté : « Art. 1^'', — n ne sera fait aucun prisonnier anglais ou hano^'rien ». Robespierre parut alors à la tribvme au milieu des applaudissements ; il reprit dans son discours certains des thèmes qu'il avait développés la veille, aux Jacobins. La Convention ordonna l'impression de ce discours et sa traduction dans toutes les langues.
Discours imprimé par ordre de la Convention nationale (2) :
« Citoyens (3),
Ce sera un beau sujet d'entretien pour la postérité, c'est déjà
un spectacle digne de la terre et du ciel, de voir l'assemblée des représentans du peuple français placée sur un volcan inépuisable de conjurations, d'une main apporter aux pieds de l'éternel auteur des choses, les hommages d'un grand peuple; de l'autre, lancer la
(1) Mon., XX, 580. Voir ci-dessus, séance du 6 prairial, l'« intervention.
(2) Broch. in-8°, 8 p., s. 1. n. d. {B. X., 8° Le^» 798; Arch, nat., AD^ 35; Bibl. SOT&onn€, H Fr 140, t. H; BiW. F. de P., nos 27650, 2251 8, 1 1291 , 28189, 601296, 968423; Bibl. Ch. des Députés, coll. Portiez de l'Oise, t. 26, n° 59). Broch. in-32, an II, s. I., 22 p. (B. N., 8° Le»« 798 A et 8^ Le^' 12 (III) ). Reproduit dans Bulletin de la Convention, Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n° 250 (Mon., XX, 587); Mercure universel, XL, 135-138; Journal universel, t. XXXIII, n» 1647, p. 7756- 7760; Mercure français, nP 23, p. 260-264; Courrier historique et politique..., n» 238, p. 4, n" 239, p. 1 à 3 ; Courrier républicain, n° 210, p. 217-221 ; Abréviateur universel, no 614, p. 2056, n" 515, p. 2059-2060, n» 517, p. 2067-2068, n» 518, p. 2071-2072; Journal de Paris, n° 514, p. 2076. Reproduit par Laponntebaye, III, 643; Bûchez et Roux, XXXIII, 127. Voir G. Walter, p. 410 et E. Hamkl, UI, 534-536.
(3) « Robespierre traverse pour monter à la tribune, la foule des citoyens qui venaient jurer à la Convention de mettre un terme aux attentats médités contre la représentation nationale. La salle retentit longtemps des applaudissemens excités par la joie de voir un patriote échappé aux fers des assassins » {Abréviateur universel, n° 514, p. 2056).
foudre sur les tyrans conjurés contre lui, fonder la première république du monde, et rappeler parmi les mortels, la liberté, la justice et la nature exilées {On applaudit) (1).
Ils périront, tous les tyrans armés contre le peuple français. Elles périront, toutes les factions qui s'appuient sur leur puissance pour détruire notre liberté. Vous ne ferez pas la paix; mais vous la donnerez au monde, et vous l'ôterez au crime. Cette perspective prochaine s'offroit aux regards des tyrans épouvantés, et ils ont délibéré avec leurs complices, que le temps étoit arrivé de nous assassiner; nous, c'est-à-dire, la Convention nationale; car, s'ils vous attaquent tantôt en masse et tantôt en détail, vous reconnoissez toujours le même plan et les mêmes ennemis : sans doute, ils ne sont pas assez insensés pour croire que la mort de quelques représentans pourroit assurer leur triomphe. S'ils ont cru, en effet, que pour anéantir votre énergie, ou pour changer vos principes, il suffit d'assassiner ceux à qui vous avez spécialement confié le soin de veiller pour le salut de la République; s'ils ont cru qu'en nous faisant descendre au tombeau, le génie des Brissot, des Hébert et des Danton en sortiroit triomphant, pour vous livrer une seconde fois à la discorde, à l'empire des factions et à la merci des traîtres, ils se sont trompés. Quand nous serons tombés sous leurs coups, vous voudrez achever votre sublime entreprise, ou partager notre sort : ou plutôt il n'y a pas un Français qui ne voulût alors venir sur nos corps sanglans jurer d'exterminer le dernier des ennemis du peuple (Les citoyens placés dans les tribunes et ceux qui remplissaient la salle, agitent leurs chapeaux en signe d'adhésion et répètent à plusieurs reprises, les cris de Vive la République! Périssent les tyrans!)
Cependant leur délire impie atteste à-la-fois leurs espérances et leur désespoir. Ils espéroient jadis de réussir à affamer le peuple français : le peuple français vit encore, et il survivra à tous ses ennemis ; sa subsistance a été assurée; et la nature, fidèle à la liberté, lui présente déjà l'abondance. Quelle ressource leur reste-t-il donc? l'assassinat.
Ils espéroient d'exterminer la représentation nationale par la révolte soudoyée; et ils comptoient tellement sur le succès de cet attentat, qu'ils ne rougirent pas de l'annoncer d'avance à la face de l'Europe, et de l'avouer dans le parlement d'Angleterre. Ce projet a échoué. Que leur reste-t-il? l'assassinat.
Ils ont cherché à dissoudre la Convention nationale par l'avilissement et par la corruption : la Convention a puni leurs complices, et s'est relevée triomphante sur la ruine des factions, et sous l'égide du peuple français; mais il leur reste l'assassinat.
Ils ont essayé de dépraver la morale publique et d'éteindre les sentimens généreux dont se compose l'amour de la liberté et de la
(1) Les mouvements de séances sont empruntés à VAbréviateur unit}erael.
patrie, en bannissant de la République, le bon sens, la vertu et la divinité. Nous avons proclamé la divinité et l'immortalité de l'âme; nous avons commandé la vertu, au nom de la République; il leur reste l'eissassinat.
Enfin, calomnies, trahisons, incendies, empoisonnemens, athéisme, corruption, famine, assassinats, ils ont prodigué tous les crimes; il leur reste encore l'assassinat, ensuite l'assassinat, et puis encore l'assassinat.
Réjouissons-nous donc et rendons grâces au ciel, puisque nous avons assez bien servi notre patrie, pour avoir été jugés dignes des poignards de la tyrannie. (On applaudi).
Il est donc pour nous de glorieux dangers à courir! Le séjour de la cité en offre au moins autant que le champ de bataille : nous n'avons rien à envier à nos braves frères d'armes; nous payons, de plus d'une manière, notre dette à la patrie. (On applaudit).
0 rois et valets des rois, ce n'est pas nous qui nous plaùndrons du genre de guerre que vous nous faites; et nous reconnoissons d'ailleurs, qu'il est digne de votre prudence auguste. Il est plus facile, en effet, de nous ôter la vie, que de triompher de nos principes ou de nos armées. L'Angleterre, l'Italie, l'Allemagne, la France elle-même, vous fourniront des soldats pour exécuter ces nobles exploits. Quand les puissances de la terre se liguent pour tuer un foible individu, sans doute, il ne doit pas s'obstiner à vivre : aussi, n'avons-nous pas fait entrer dans nos calculs l'avantage de vivre longuement. Ce n'est pomt pour vivre que l'on déclare la guerre à tous les tyrans, et, ce qui est beaucoup plus dangereux encore, à tous les crimes. Quel homme sur la terre, a jamais défendu impunément les droits de l'humanité? Il y a quelques mois, je disois à mes collègues du Comité de salut public :« Si les armées de la République sont victorieuses, si nous démasquons les traîtres, si nous étouffons les factions, ils nous assassineront » ; et je n'ai point du tout été étonné de voir réaliser ma prophétie : je trouve même, pour mon compte, que la situation où les ennemis de la République m'ont placé, n'est pas sans avantage; car, plus la vie des défenseurs de la liberté est incertaine et précaire, plus ils sont indépendans de la méchanceté des hommes. Entouré de leurs assassins, je me suis déjà placé moi-même dans le nouvel ordre de choses où ils veulent m'envoyer; je ne tiens plus à une vie passagère, que par l'amour de la patrie et par la soif de la justice; et dégagé plus que jamais de toute considération personnelle, je me sens mieux disposé à attaquer avec énergie, les scélérats qui conspirent contre mon pays et contre le genre humain. Plus ils se dépêchent de terminer ma carrière ici bas, plus je veux me hâter de la remplir d'actions utiles au bonheur de mes semblables. Je leur laisserai du moins un testament, dont la lecture fera frémir les tyrans et tous leurs complices; je révélerai peut-être des secrets redoutables, qu'une sorte de prudence pusillanime auroit pu me déterminer à voiler. Je dirai à quoi tiennent encore le salut de
ma patrie et le triomphe de la liberté ! Si les mains perfides qui dirigent la rage des assassins ne sont pas encore visibles pour tous les yeux, je laisserai au tems, le soin de lever le voile qui les couvre, et je me bornerai à rappeler les vérités qui peuvent seules sauver cette République.
Oui, quoi que puisse penser l'imprévoyante légèreté, quoi que puisse dire la perfidie contre-révolutionnaire, les destinées de la République ne sont pas encore entièrement affermies, et la vigilance des représentans du peuple français, est plus que jamais nécessaire.
Ce qui constitue la République, ce n'est ni la pompe des dénominations, ni la victoire, ni la richesse, ni l'enthousiasme passager; c'est la sagesse des loix, et sur-tout la bonté des mœurs (les applaudissements redoublent) ; c'est la pureté et la stabilité des maximes du gouvernement. Les loix sont à faire, les maximes du gouvernement à assurer, les mœurs à régénérer. Si l'une de ces choses manque, il n'y a dans un Etat, qu'erreurs, orgueil, passions, factions, ambition, cupidité : la République, alors, loin de réprimer les vices ne fait que leur donner un plus libre essor, et les vices ramènent nécessairement à la tyrannie. Quiconque n'est pas maître de soi, est fait pour être l'esclave des autres : c'est une vérité pour les peuples comme pour les individus. Voulezvous savoir quels sont les ambitieux? examinez quels sont ceux qui protègent les fripons, qui encouragent les contre-révolutionnaires, qui exécutent tous les attentats, qui méprisent la vertu, qui corrompent la morale publique; c'étoit la marche des conspirateurs qui ont tombé sous le glaive de la loi. Faire la guerre au crime, c'est le chemin du tombeau et de l'immortalité; favoriser le crime, c'est le chemin du trône et de l'échafaud.
Les êtres pervers étoient parvenus à jeter la République et la raison humaine dans le chaos; il s'agit de les en retirer et de créer l'harmonie du monde moral et politique. Le peuple français a deux garans de la possibilité d'exécuter cette héroïque entreprise, les principes de sa représentation actuelle, et ses propres vertus. Le moment où nous sommes est favorable; mais il est peut-être unique. Dans l'état d'équilibre où sont les choses, il est facile de consolider la liberté; il est facile de la perdre. Si la France étoit gouvernée pendant quelques mois par une législature corrompue, la liberté seroit perdue : la victoire resteroit aux factions et à l'immoralité. Votre concert et votre énergie ont étonné l'Europe et l'ont vaincue. Si vous savez cela aussi bien que vos ennemis, vous en triompherez facilement. J'ai parlé de la vertu du peuple; et cette vertu, attestée par toute la Révolution, ne suffiroit pas seule pour nous rassurer contre les factions qui tendent sans cesse à corrompre et à déchirer la République. Pourquoi cela? c'est qu'il y a deux peuples en France : l'un est la masse des citoyens, pure, simple, altérée de la justice, et amie de la liberté; c'est ce peuple vertueux qui verse son sang pour fonder la République, qui en impose aux ennemis
du dedans, et ébranle les trônes des tyrans; l'autre est ce ramas d'ambitieux et d'intrigans; c'est ce peuple babillard, charlatan, artificieux, qui se montre par-tout, qui persécute le patriotisme, qui s'empare des tribunes, et souvent des fonctions publiques; qui abuse de l'instruction que les avantages de l'Ancien régime lui ont donnée, pour tromper l'opinion publique; c'est ce peuple de fripons, d'étrangers, de contrerévolutionnaires hypocrites, qui se place entre le peuple français et ses représentans, pour tromper l'un et pour calomnier les autres, pour entraver leurs opérations, pour tourner contre le bien public, les loix les plus utiles et les vérités les plus salutaires. Tant que cette race impure existera, la République sera malheureuse et précaire. C'est à vous de l'en délivrer par une énergie imposante et par un concert ineJtérable. Ceux qui cherchent à nous diviser, ceux qui arrêtent la marche du gouvernement, ceux qui le calomnient tous les jours près de vous, par des insinuations perfides, ceux qui cherchent à former contre lui, une coalition dangereuse de toutes les passions funestes, de tous les amours-propres irascibles, de tous les intérêts opposés à l'intérêt public, sont vos ennemis, et ceux de la patrie; ce sont les agens de l'étranger; ce sont les successeurs des Brissot, des Hébert, des Danton : qu'ils régnent un seul jour, et la patrie est perdue. En disant ces choses, j'aiguise contre moi des poignards, et c'est pour cela même que je les dis. Vous persévérerez dans vos principes et dans votre marche triomphante; vous étoufferez le crime, et vous sauverez la patrie... J'ai assez vécu...; j'ai vu le peuple français s'élancer du sein de l'avilissement et de la servitude au faîte de la gloire et de la liberté. J'ai vu ses fers brisés et les trônes coupables, qui pèsent sur la terre, près d'être renversés sous ses mains triomphantes. J'ai vu un prodige plus étonnant encore, un prodige que la corruption monarchique et l'expérience des premiers temps de notre Révolution permettoient à peme de regarder comme possible : une Assemblée investie de la puissance de la nation française, marchant d'un pas rapide et ferme vers le bonheur public, dévouée à la cause du peuple et au triomphe de l'égalité, digne de donner au monde le signcil de la liberté et l'exemple de toutes les vertus.
Achevez, citoyens, achevez vos sublimes destinées. Vous nous avez placés à l'avant-garde pour soutenir le premier effort des ennemis de la liberté; nous mériterons cet honneur, et nous vous tracerons de notre sang la route de l'immortalité. Puissiez-vous déployer constamment cette énergie inaltérable dont vous avez besoin pour étouffer tous les monstres de l'univers conjurés contre vous, et jouir ensuite en paix, des bénédictions du peuple et du fruit de vos vertus 1 » [Suit le texte du décret] (1).
(1) Ce discours fut imprimé à 150 000 ex. par ordre du C. de salut public (AuiARD, Recueil des Actes..., XIV, 170).
Long* eztrutt <lans Correêpondance fxditiqtie, n° 97, p. 400-401 (I); Journal des Hommei libreê, 10 pnirUl, p. 643- 644; Journal du toit, n" 610, p. 1-2; Nouoellei polilique'-, t. IV. n" 189, p. 756. 759-760; Journal de Sablier. n» 1350. p. 4. n» 1351, p. 3-4. n" 1353. p. 3-4; Journal de France, 9 prairUl. p. 1-2; Gaztltt de France, n» 166, p. 588, n' 167, p. 591 ; Journal de la Montagne, t. III. n" 256; Annales pairiotiquet, n» 513, p. 2262; Feuille de la République, n" 328. p. 2; Journal de Perlet. n" 613. p. 460-462. n» 614. p. 471-472, n» 615. p. 476-477. Analyse ou mention dans Journal det Hommes librei, 8 prairial, p. 635; Auditeur national, n° 611. p. 5-6; Annalet de la République française, n" 179. p. 4; Affiches d'Angers, n" 77. p. 414; Feuille de la République, n° 328. p. 2; Sansculotte, n" 466. p. 1872; Journal du malin, n° 675. p. 3; Courrier de l'Égalité. n° 674. p. 454; Journal de Paris, n' 512. p. 2066; Courrier républicain, t. IV. n" 209. p. 21 1 ; Annales patriotiques, n" 51 1, p. 2255; Jou mal de Ptrlel a" 612. p. 453.
Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité 126. - SÉANCE DU 8 PRAIRIAL AN II (27 MAI 1794)
K® intervention : Pour la suspension de la correspondance avec la Société de Langres
Au cours de la séance, il fut donné lecture d'une lettre de la Société de Langres. « L'épuration des membres de notre Société a jeté dans notre commune des semences de division dont nous ignorons quel Sera le terme ». En conséquence, elle sollicitait de la Convention « l'envoi d'un brave Montagnard qui adjoindrait aux officiers municipaux des patriotes éclairés et vertueux, et serait en outre chargé du soin d'épurer nos autorités constituées » (2). Un citoyen dénonce les manœuvres de cette Société et demande que la correspondance soit suspendue avec elle. Robespierre appuie cette proposition qui est adoptée.
Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n° 262 (3); Abréviateur universel, n" 516, p. 2063; Feuille de la République, n° 330, p. 4; Journal de la Montagne, t. III, n» 88, p. 259 (4); Mercure universel, XL, 183; Courrier historique et politique..., 11 prairial, p. 3; Courrier de V Égalité, n» 650, p. 479.
« Robespierre appuie la proposition en déclarant qu'il y auroit un grand danger à maintenir la correspondance. Il reproche lui-même à
(1) Ce journal commence ainsi : « Ce fut alors que Robespierre, ne perdant jamais de vue son profit d'asseoir sa domination sur le million de propriétaires dont il a décidé la mort, fit un discours de forcené... ». Voici, par contre, le début du Journal de Perlet (n° 613, p. 460) : « C'est en s'enchaînant plus étroitement que jamais à la cause du peuple, en démasquant avec un nouveau courage les ennemis qui s'opposent à son bonheur, et en développant les grandes vérités qui doivent éterniser le triomphe de la République, que Robespierre répond à ses assassins, et défie la rage des tyrans conjurés. Le discours qu'il a prononcé hier à la tribune respire la fière indépendance d'im homme qui, depuis longtemps, a fait le sacrifice de sa vie au besoin de sauver son pays, et qui sait que s'il périt dans cette honorable lutte, la mort ne serait pour lui qu'un nouveau gage de l'immortalité ». Voir aussi « Égalité, Liberté. Assassinat de Collot d'Herbois; dangers courus par Robespierre. Séance du 4 (7) prairial »; broch. in-S», Nîmes, s. d. {B. N., 8° Lb*^ 3876).
(2) Mon., XX, 678.
(8) Mon., XX, 678.
(4) AuLARD, VI, 156. Mention dans G. Waltek.
la Société de Langres d'avoir demandé qu'il fût envoyé dans ce pays un représentant du peuple, comme si cette Société avoit formé le projet d'entourer de malveillans le représentant du peuple qui seroit envoyé, et de l'engager dans de fausses démarches. »
2® intervention : Lecture du discours sur les crimes des rois coalisés
contre la France
Dans la suite de la séance, Billaud-Varenne rappelle que, la veille à la Convention, « deux rapports extrêmement intéressants » ont été présentés (1). Barère étant présent dans la salle, il lui demande de communiquer son rappKjrt à la Société. Barère en donne lecture. Puis ce fut le tour de Robespierre. La Société ordonna l'impression et la distribution de ces deux rapports.
Journal de la Montagne, t. III, n" 33, p. 259 (2) ; Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n° 262 (3); Courrier de V Égalité, n° 650, p. 479; Courrier républicain, t. IV, no 212, p. 238.
« On demande que Robespierre monte également à la tribune pour faire lecture du discours qu'il a présenté hier à la Convention (Adopté).
Cette lecture est entendue avec le même enthousiasme que celui de Barère. Des cris de Vive la République partent simultanément et à plusieurs reprises de toutes les parties de la salle. »