‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 20 sur 51 · A. N. A F-II, 30. — PI · texte numérisé non relu

A. N. A F-II, 30. — PI

GGCXXXVI Agricol Moureau à Robespierre (19 pluviôse an II

Oncle de Viala, il a été arrêté par ordre de Rovère .'t de Poultier, parce qu'il a fait connaître à Robespien'i- l'état d'Avignon. Il demande que soit élevée à Avignon un*^ pyramic''' ( u l'honneur de Viala.

(Courtois, ex VI (a), 389-391.)

GGGXXXVII

Faure à Robespierre (22 pluviôse an 11 Il lui demande de faire rendre justice à un patriote de 1788.

(Bihl. de Nmites. — Collection Dugast- Matifeux, n" 23.)

OGGXXXVIII

Mallarmé, Représentant dans les départements de Meuse et Moselle, à Robespierre ipluviôsf an II)

Il envoie la copie d'une lettre de l'agent national du district de Gondrecourt qui tend au renversement de la liberté des cultes : « Il ne faudrait pas beaucoup d'agents semblables pour que tous les départements soient en trouble; je me trouve dans une ville où les différentes incarcérations prononcées ont excité des haines, des vengeances particulières, il y règne un esprit d'animosité qu'il me sera bien difficile d'étouffer. »

(Bibliothèque de Nantes : Collection Du-. gast-^Matifeux, n" 34. — Cltlée en partie par E. Haniel, o. c, III, 417.)

. GGCXXXIX JuUien à Robespierre (Tours, 23 pluviôse an II)

« ...Les traîtres pullulent encore dams les armées. On ne voit de la part des généraux qu'un système bien suivi de calculs et de trahison. Il est prouvé que très souvent nos généraux ont concouru à leurs défaites mutuelles en refusant par jalousie de se seconder. Par des défaites combinées, ilis couvraient leurs dilapidations en disant que lès caisses de l'armée avaient été prises par l'ennemi... »

« La guerre de Vendée n'existerait plus si les généraux l'avaient voulu de bonne foi. Leur multiplicité inutile et dispendieuse a été la première cause du mal. Il faut en destituer un grand nombre que la cabale seule a élevés à leur grade, limiter le généralat, réduire les appointements énormes qui nourrissent le luxe et la cupidité, rendre la responsabilité réelle et terrible pour le non-succès des expéditions militaires mal dirigées. Les soldats ont été trop longtemps victimes d'une extrême indulgence pour les chefs... »

(Registre de Jullieii, p. 201-202. — Lockroy, 0. c, 230-232.)

GGGXL Duroy à Robespierre (Cliaumont, 20 ijluviôse an II)

J'ai trouvé, cher collègue, ton frère à Vesoul où il étoit depuis trois semaines; j'ignore quel étoit l'objet de sa mission dans le département de la Haute-Saône où notre collègue Bernard s'est également rendu, il y a quelques jouns. Il paroit qu'ils n'ont point été d'accord, ni sur les' principes, ni sur les mesures. Je ne juge point qui des deux a tort, mais je sais que cette altercation produit les pkis inauvaiis effets dans le département. J'ai resté pendant deux jours à Vesoul; j'ai prêté une sérieuse attention à tout ce que j'ai vu et entendu, et j'ai remarqué, avec douleur, que ton frère n'étoil plus le même. Je me suis convaincu qu'il étoit circonvenu par de vils infrigans, qui le trompuient et le corrompoient. Je lui ai dit en particuli(!r ma faron de penser; je lui ai tenu le langage de l'amitié, de la franchise et du civisme; j'ai vu qu'il ne me cornprenoil point. Je l'ai laissé ;\ Veisoul et me suis rendu

dans le département de la Haute-Marne, parce que mes principes ne s'accordant pas avec ceux qu'il manifeste actuellement, j'aurois cru porter un préjudice essentiel à la chose publique en donnant au peuple le spectacle trop souvent répété de deux représentants qui ne s'accordent pais.

Si le Comité de Salut public veut bien me donner un successeur et me permettre de venir rétablir ma santé, qu'un an de fatigues et de voyages commencent à altérer, je te donnerai d«'s détails sincères qui te surprendront.

(Bibliothèque de Nantes. — Collection Dugast-Matifeux, n" 158. — Citée en partie par E. Hamel, o. c, III, 405.)

CGGXLI

Le Chapelier à Robespierre (sans date

Il .lui adi'esse un mémoire qu'il présente au Comité de Salut Public pour ruiner le gouvernement anglais : « Si je n'ai pas toujours été de votre avis, j'aime maintenant autant que vous la République. Elle est établie et tous les amis de la liberté doivent la soutenir ». Il demande une mission du Comité pour exécuter le pi-ojet cpril lui présente.

{l'tijners inédits, I, 273-274.)

CGGXLII

Laurent, adjudant général, à Robespierre (La UocIrMI»'. l'7 pluviôse an 11

Il se plaint de la manière dont la guerre de Vendée- est conduite.

(\. X. F-7/4435. — Courtois, LXIII, 227- T2S.)

CGGXLII I

Dentzel à Robespierre vPrison tles Carmes, 27 pluviôse an II)

Il proteste contre le rapport de Lacoste et de Baudot sur lui et la garnison de Landau. Il demande à Robespierre de lire sa réponse et de presser le rapport qui doit le rendre à la liberté.

(Biblioth. (le Nantes. — CoUettioii Dugast-Matifeux, n° 24.)

GGGXLIV

.Chabot à Robespierre

(Au secret du Luxembourg, 29 pluviôse, à 4 heures;

« C'est en toi seul que je mets toute ma contiance, lorsque mes anciens amis paraissent m'avoir oublié ». Voilà 93 jours qu'il n'a tu ni sa femme ni sa sœur, il demanda l'autorisation de les voir une fois par décade, et la levée de son secret. Il proteste contre la façon dont a été conduit son interrogatoire; « le rapport d'Amar est un tissu de perfidies «.

{l'iècefi trouvées chez Robespierre, p. .'îô- 57. — Cité par A. Mathiez, o. c, p. 308-310.')

GGGXLV

Girard, membre de la Convention, à Robespierre

(Oomnuuie Afïrani'hie. 30 pluviôse an 11

Il demande un congé d'un mois pour aller rétablir sa santé à Narbonne.-

{Papicrs iucdits, III, 138-4.)

GGGXLVI Augustin Robespierre à son frère

Gommune Affranchie, 3 ventôse an IF de la République.

J'apprends que Bernard m'a dénoncé. Get ,étre, petit et immoral, ne peut m'attoindre ; je ne répondrai à sa stupide dénonciation, qui est un crime envers lui-même, que par le rapport de mes opérations. Je ne puis comprendre comme un représentant du peuple ose s'accuser d'avoir eu la condescendance de s'être laissé circonvenir, séduire mêine par un CiC ses collègues.

Il a eu la sottise iitrocc de rue ti-ailn- de coulre révolutionnaire; il m'a isupposé l'intention d'oblenir du comité de salut public un décret qui upprimàt les palriotes ; il a débité à la sociélé (h' \h'<i\nron, des liorreui-s .mullipliées sur mon crirac-

tère, ma conduite etc. Le frère d'Humbert est perdu dans l'opinion publique à Besançon. Il s'est servi de ce moyen pour prévenir tous les esprits contre moi. contre ce que j'avais fait ; il a peint la commune de Vesoul en contre-révolution sous ma présidence, etc. J'ai facilement répondu à toutes ces calomnies ; je n'ai trouvé d'adversaires à Besançon qu'un frère de Vaublanc, et un rédacteur corrompu d'un journal qui se fabrique dans le département du Doubs. Rien n'est plus facile que de conserver une réputation révolutionnaire aux dépens de l'innocence. Les hommes médiocres trouvent, dans ce moyen, le voile qui couvre toutes les noirceurs ; mais l'homme probe sauve l'innocence aux dépens de sa réputation. Je n'ai amassé de réputation que pour faire le bien, et je veux la dépenser en défendant l'innocence. Ne crains point que je me lai^e affaiblir par des considérations particulières, ni par des sentimens étrangers au bien public. Le salut de mon pays, voilà mon guide ; la morale publique, voilà mon moyen. C'est cette morale que j'ai nourrie, échauffée et fait naître dans toutes les âmes. On crie sincèrement : Vive la Monf-agne ! dans les pays que j'ai parcourus. Sois sûr que j'ai fait adorer la Montagne, et qu'il e<st des conlrét's qui ne font encore que la craindre, qui ne la connaissent pas, et auxquelles il ne manque qu'un représentant digne de sa mission, qui élève le peuple, au lieu de le démoraliser. Jl existe un sijstènie d'amener le peuple à niveler tout : si on n'y prend <jurde, tout se désorganisera.

Celui qui te remettra cette lettre est le ministre de la république de Gênes, tiré de la classf^ des Communes, avocat distingué, homme de talens. On m'a assuré qu'il était partisan de la révolution française ; je désire que tu t'entretiennes un mstant avec lui, et que tu cherches à découvrir les intentions du gouvornemeni, ou les dispositions du peuple génois.

Robespierre Jeune.

P. 8. Jl' vais en\(i\rr hhui r,i[)p()rt au Goniité de salut public. Je crois que la Convention nationale ne souffrira pas que j'entre en lutte avec Bernard.

(A. N. Musée n" 1397. — C<JUrtoi.s. Raoport, n" LXXXIX, p. 293-294. — Par pi^rs inédits, II, 76-78.)

GGGXLVII

Robespierre jeune à ses collègues membres du Comité de sûreté générale de la Convention

Commune Affranchie, 6 venîôse, 2" Rep.

C'est avec la plus vive douleur que j'apprends que votr»? relig-ion et votre vertu ont été surprises et trompées. Vous venez de lancer un mandat d'arrêt contre un républicain vraiment digne de ce nom. Franchise, énergie, désintéressement, probité, tel est le caractère du citoyen Viennot(l), apothicaire à Vesoul. Avec tant de vertus et de principes austères et républicains, il devoit faireipâlir les intrigans et être dénoncé par les frippons. C'est ce §ui est arrivé. La calomnie s'attache aux hommes les plus purs. Lorsqu'on ne rjenverso pas un morceau de bois croisé, on est dénoncé comme contrerévolutionnaire ; il s'élève un système qui tend à faire perdre la comfiance publique à ceux qui poussent tous 'les citoyens à la hauteur de la Révolution par la morale, qui proposent ries actions utiles à la place des cris insensés des clabaudeurs qui paraissent sur la scène depuis peu de temps. J'ai vu des hommes qui n'ont d'autre moyen de soutenir ou d'avoir une réputation de révolutionnaire qu'en ne. respectant plus ni loix ni principes. C'est cette classe d'hommes qui persécutent l'innocence et iiTipriment la terreur à fout ce qui respire. C est un ûe ces hommes impurs qui aura dénoncé Vicnnol, qui me c'énoncera peut-être aussi. Je» vous le répète, citoyens collègues, Viennot est un ardent ami de la liberté, un homme pur qui fait la guerre à Tinlrigue, à la fripponnerie, avec un courage et une énergie qui désespère les frippons et les intrigans. Si vous me croyez dans l'erreur, écr-ivez-moi sans délai afin de me rendre encore pkis difficile sur les hommes. J'ai connu Viennot à Pai'is, je l'ai connu à Vesoul, il est nourri des meilleurs ouvrages qui ont paru depuis la Convention, il les distribue, on a trouvé dans ses papiers les rapports du Comité de Salut public et spécialement ceux préci ) viennot avult ^té nil.s t-n arrestation lo 3 vcntOse ' par ordro du Coinïté i1« Sftn-té K<^n6rale. 8ur la dénonc-Jntlon de RtMnanl do Snlnto.'».

IjC 23 Ki'inilnal, VJcnnot fut it-ml» on llbert(^' pHjr un nnV'té do la ninln de H<)b<'Hpl(ir« aîné. (A. N. K-7 4435).

sentes par Maximilien Robespierre. Le désagrément que l'on lait éprouver à ce républicain découvrira un coupable, et la vertu sortira triomphante de cette lutte. Vous cherchez la \érité, citoyens collègues, je vous l'ai dite, je suis sûr que vous ne retarderez point la justice que vous êtes chargés de rendre, que vous accorderez à ses concitoyens un homme estimable qui n'a jamais fait que le bien et qui n'a d'ennemis que les ennemis de la liberté et les hommes improbes.

Robespierre jeune.

(A. N. F-7 444S. — Publié par A. Matliiez. Annal. Jirroh, IX, 114-115.)

OGGXLVIII

Augustin Robespierre au Comité de Salut Public

{Ooniniiini' alVi'aiicliic, (> vtMitôsc an II

,1e vous adi'csse ci-joint le précis de ce qu" j"ai l'ait tlans 10 ciéparlement de la Haute-Saône. Ma conduite est toujours conforme au cai-actère et aux principes que vous me connaissez. La dénonciation ridicule de Bernard, si elle n'est pas airoe<', ne m'inquiète nullement. Ce représentant qui ose déclarer (pTil a été faible ou lâche attire sur lui le mépris des lépublicains. Si la Convention nationale croit devoir entretenir la France de la dénonciation portée contre moi, je .'iuis pnM à paraître au tribunal de l'opinion publique, je suis sûr d'avance de la victoire. La morale, la justice devenue la ])olitique des républicains ont seules déterminé mon opinion. Je ne puis que gagner dans le parallèle qui s'établirait entre Bernard et moi, j'attends que la Convention ait manifesté ses ordres ou ses doutes pour me déterminer à parer l"s c .ups qui me sont portés par un homme fort méchant, assez adroit, mais trop faible pour faire soupçonner mon républicanisme et ma moralité.

Je dois attirer votre attention sm- les administrations ou régisseurs des hôpitaux de l'armée du Rhin, 6" divisirm. Cette partie est mal organisée ou désorganisée, il y a impéritie ou

malveillance. On a évacué des malades sur des liopitaux que l'on avait à peine songé à établir et dans lesquels il n'y avait que les quatre murailles. Un hôpital destiné à des galeux, des vénériens est dans un dénuement le plus absolu, de sorte qu^ le traitement de ces malades est l'etardé de trois semaines, un mois, temps pendant lequel la guérison aurait été obtenue. Le transport des denrées était désastreux pour les cultivateurs, vous y avez pourvu en établissant des relais, on met dans cet établissement un retard criminel ou stupide, je. crois qu'il manque d'hommes capables d'organiser cette machine.

J'ai empêché qu'on n'entretint le peuple des subsistances, .l'ai démontré partout les dangers d'une pareille discussion. Ils ont été sentis, j'ai invité les citoyens à imiter le silence fécond de la Convention nationale, j'ai ramené la confiance en assurant que le gouvernement ne négligerait aucuns moyens de tirer des approvisionnements de l'étranger. Il faut tripler, citoyens collègues, les ressources plutôt que d'avoir des inquiétudes sur les subsistances. Les subsistances sont le seul obstacle à vaincre. Les municipalités, les districts abusent des réquisitions qui leur sont faites pour se refuser à toute espèce d'approvisionnement des communes ou districts voi'sins. Une commune dans la détresse, qui ne p'eut obtenir d'une autre commune sans autorisation la circulation intérieure d'un district ou d'un département, est absolument anéantie, ce qui fait souffrir des milliers de citoyens qui ne peuvent se fournir des denrées dans les lieux mêmes où ils savent qu'il en existe.

Je me rends à l'armée d'Italie où j'espère trouver le plan de campagne que l'intérêt de la patrie exige que Ton suive. Le roi sarde sera facilement renversé si l'on prend des mesures convenables à ce coup de main. Vous avez à Pari^ un agent de la République de Gênes qu'il faudrait sonder sur les dispositions du peuple génois à ouvrir un passage aux Français. C'est par le territoire génois qu'il faudra se ruer sur la tyrannie sarde. Il est très urgent de s'occuper de ce proj'.'t si on veut concevoir l'espoir de le réaliser.

Fiaternité, Victoire aux Patriotes.

RouESpiRHFu: joune.

Précis des opérations faites par Robespierre jeune dans le département de la Haute-Saône

•Te ne serais pas excusable d'avoir différé si lor.gttjrns le rapport des opérations que le salut du département de la Haute-Saône a exigé, si ces opérations n'avaient absorbé et mes nuits et mes jours ; mais je scaurai me donner des torts apparents pour n'en avoir point de réels.

Lorsque je suis arrivé à Vesoul oij je pensais ne rester qui' 24 heures, j'ai trouvé la presque totalité des habitants distraits de la chose publique par un motif d'intérêt pavticulitT qui piuaissait une calamité pour chacun d'eux : savoir la détention de 22 individus destitués par mes collègues Bernard et (Lejeune), puis désignés comme suspects et incarcérés comme tels.

Le résultat de cette alTaii-e intéressait tellejnent l'ordre public que toutes les communes et les sociétés populaires du département en étaient alarmées et uniquement occupées, toutes n'avaient qu'une voix en faveur des destitués ; leurs successeurs seuls, c'est-à-dire les administrait urs actuels du département, paraissaient du parti contraire.

La présence et l'intervention d'un représentant du peuple était absolument nécessaire pour calmer la fei-mentation des esprits, et Bernard avait constamment résisté aux prières que lui adressait la société populaire de Vesoul par des commissaires nommés ad hoc pour aller le supplier de venir sur les lieux examiner l'affaire et la juger par lui-même.

Bernard se tenait pour informé par le nommé Joly t'uiiemi et dénonciateur des détenus à qui il avait délégué exclusivement le droit d'examen.

Les choses en étaient là, torque je suis arrivé. Mon devoir m'obligea de '[irendre connaissance des motifs de la destitution. J'appris que c'était des opinions erronées, mais aussitôt démenties sur le grand mouvement donné à la France dans les journées du 31 mai et jours suivants.

J'appris en même tems que l'arrêté où elles avaient été consignées n'avait point été signé et qu'il n'avait été suivi d'aucune espècer d'acte, d'où il résultait que Terreur n'avait duré qu'un instant. Je voulus connaître les mœurs et les principes de ces hommes à qui au moins cent mille de leurs concitoyens s'intéressaient si chaudement.

Je provoquai la discussion la plus rigoureuse i-t la plus impartiale sur la conduite p(jlilique et révolutionnaire des détenus.

Je demande la vérité avec cet accent et cette disposition d'àme qui l'obtient toujours el j'eus un résultat qui a placé les destitués au rang des hommes (pii ont le mieux mérité de la jiatrie.

Ce résultat était daulaiil plus i.mpurtant ([u'il devait tixer mon opinion sur l'esprit public du département, aussi ai-je eiu devoir résister aux premiers traits de lumièi-e (]ue la discussion fait jaillir. J'iucidenlai sous prétexte qu'il n'y avait pas assez de controverse pour (|ue je puisse croire que tous ceux qui pouvaient m'éclairer fussent présents. J'ai plusieurs fois ajoui-né la discussion. quoicpTil me fut démontré qu'elle devait èlre fc^-mée.

Je me suis fait conter publiquement et à dessein l'Iiistoire des progrès de la Révolution dans ce pays, et partout j'ai vu que les prévenus étaient les premiers athlètes ; j'ai vu qu'à Vesoul comme ailleurs une poignée d'hommes (pie la nafui'e avait douée de ce germe divin, que le premier regard de la liberté devait faire éclore. avaient électi'isé et guidé tous les autres et que ces hommes c'étaient ceux que l'on poursuit aujourd'hui.

J'ai vu que dès les pi'emiers instants de la Révolution, ils s'étaient réunis e^ très i)etit nombre, (piel(]iiefois à une grande distanc(! du lieu de leur demeure, ([uelquefois dans des souterreins pour aviser aux .moyens tle déjouer les royalistes et autres ennemis de la liberté et les débusquer de certains postes qui devaient assurer la prépondéranct^ d'un parti sur l'autre. J'ai vu, dis-je, que les destitués taisaient ici ce que nous faisions ailleurs, qu'ils gagnaient le terreiii pas à l'as quand ils n<^ pouvaient pas le gagnei- lieue par lieue.

J'ai suivi les éi)0(|ues cl j'ai toujours vu les mêmes tiommes l'cparaître les |)r(Mniei's à la brèclie. Dans ce moment même je vois leurs enfants aux frontières même avant l'âge exigé par la loi, je vois le prothiit de leur terre en rétiuisilion, kur maison parfois pleine (h' volontaires qui se rendent aux armées ou qui en reviennent blessés el (]ui ne trouvent point de place dans les lir^ipilaux el je vois qu'ils ne savent pas même <iue ce sont là des sacrilices. Je vois (pie l'opinion est une sur Inir com|»le et (pie ce (pii agile si foi'l leurs cniicitoyens c'est

qu'ils croirnl voir la conlf«'-irv(jluti(jii dans la conduite qu'on i'n'ui à leur égard.

De (outcs ces données, j'ai conclu que l'arrêté qui forme le délit des détenus n'est que le fruit d'une sollicitude patriotique mal entendue, qu'il serait absurde et même criminel de leur prêter un autre motif.

(Certain de leur innocence, (-«'l'tain de leur civisme, j'ai dû les défendre ou plutôt j'ai dû engager mon collègue d'entrer dans l(jus les détails où j'étais entré moi-mêxne. J'ai cru (devoir lui fournir l'occasion de prouver qu'il n'avait été qu'abusé, je l'ai en conséquence engagé de se rendre près de moi. et là, la discussion s'est rétablie devant lui. Lorsque l'évi-- (iencr a fi ai)pé tous les points de l'objet en (piestion, il a prononcé comme le voulait la justice, je dirais même la politique. Jl a lui-même rédigé l'arrêté qui rend à la liberté des hommes (|ui ont tout fait pom* elle. Il a consacré son jugement par l'aveu des jouissances (|u<' ce moment lui faisait éprouver et par une inconséquence que je ne puis expliquer <t ([ue je tairais si elle n'influait sur le repos public, il me (Uiifte pour aller s'a<îcuser dans la société de Besançon davctir commis une lâcheté dans colle de Vesoul, il expose (|ue c'est l'influence de mon frère qui lui en a imposé, il provotpie une dénonciatirm contre lui pour m'atteindre plus sûrement et (mit par m'indiquer comme un contre-révolutionnaire. La société indignée et prête à se lever en masse, dépêche des commissaires qui sont aussi surprenants par leur récit que surpris eux-mêmes de ce qu'ils voient et de tout ce qi'.'on leur apprend.

Leur indignation ne leur permet de prendre aucun repos, ils s'en reloui-nent éclairer leurs ctmimettanls et ces derniers délibèrent sur-le-champ sur la nécessité de vous informer d'une conduit*' si tortueuse <>t sur les moyens de noiis rendre justice à tous deux.

J'ai appris depuis que les partisans de Bernard, dont le chef est le frère de Vaublanc cle l'Assemblée constituante, ont obtenu le brulement du procè.s-verbal de cette séance, mais cet acte même vous dira tout ce qu'il importait de vous apprendre par rapport à moi et par rapport à la chose publique. Le lems vous apprendra s'il est encore digne de la servir.

.\ peine les destitués ont-ils été rendus à leurs concitoyens nue la loi du maximum qui éprouvait quelque difficulté s'est

2()0 ' CORHESPONDANCE DE ROBESPIERRE

exécutée avec enthousiasme et j'ai cru devoir soutenir celte disposition par tous les actes de justice que la morale et la politique m'autorisaient à faire : savoir, de rendre la liberté à une multitude de cultivateurs et d'artisans dont les enfants sont aux frontières et qui étaient détenus pour leurs opinions religieuses. Les pétitions des réclamants pour cet objet étaient si nombreuses que j'ai cru devoir me transporter dans tous les lieux oii le fanatisme et Tintolérance paraissaient être aux prises et réunir leurs lorches pour allumer un incendie général.

J'ai profité de tout cv que les circonstances m'ont offert pour mettre en saillie les bienfaits de la Révolution, partout je l'ai vu bénie, partout je lui ai laissé, et j'ose le dire, je lui ai créé de zélés défenseurs.

Duroy est arrivé, iorsqu'après avoir vu les hôpitaux, il me restait à rectifier les abus qui s'étaient glissés dans leur administration et enfin à pourvoir les uns par le superflu des autres. Il n'a fait que passer, il disait être attendu à Ghaumont. Il m'a paru prévenu contre le département de la Haute- Saône, mais je ne m'en étonne pas, il est donné à si peu d'hommes de sentir qu'on ne peut plus et qu'on ne doit plus révolutionner un pays révolutionné.

J'ai terminé ma mission dans, ce département par un arrêté sur les subsistances qui obtiendra un recensement exact et qui a pour objet d'empêcher la clabauderie de ces orateurs aussi stupides qu'impudents qui dans toutes les tribunes font naître la disette en criant sans cesse famine, et de faire exécuter les réquisitions de commune à commune et de district à district ; les autres l'équisitions faites par les autorités supérieures ne souffrent aucune difficulté.

De là j'ai passé à Gray, j'ai trouvé un reste de stupeur causée par la présence et la conduite des commissaires envoyés de Commune-Affranchie pour mettre h^ bled en réquisition. Ces commissaires, aussi impoiitiques, aussi imprudents, aussi déraisonnables qu'ils peuvent être zélés, se sont permis des excès qui ont déterminé les autorités constituées du lieu ù les faire emprisonner.

Mes collègues les ont aussitôt réclamés près do moi, et persuadé que la justice est de tous les lieux, que d'ailleurs le gouvernement révolutionnaire nécessite une indulgence pour les ngenls secondaires, je les ai renvoyés h ceux qui les

CUltUEbPUNDANCE DE UOUESPIEHHE 261

avaient délégués. A Gray comme à Vesoul. j'ai rendu à l'agriculture tous les bras paralysés pour des messes et des vêpres.

De Gray j'ai été à Besançon où les calomnies de Bernard m'avaient précédé et où il m'importait d'exposer ma conduite pour les faire tomber. J'y ai rencontré mon collègue Lejeune qui m'a laissé voir une âme que j'avais besoin de rencontrer dans un Représentant du peuple qui parcourt les départements, je le crois sincèrement ;imi de la chose publique et capable de la servir.

J'ai paru à la société populaire où l^us les orateurs qui avaient obtenu le brulement du procès-verl)a] du 12 pluviôse m'attendaient avec des discours préparés.

J'ai monté à la tribune où j'ai demandé s'il était vrai que j'eusse été dénoncé, s'il' était vrai que Bernard eût osé proférer à cette même tribune qu'il serait possible que mon frère, influencé par moi. obtint de la, Convention un décret pour opprimer les patriotes; l'aflirmative unanime ne m'a laissé qu'un parti, celui cle rendi'e compte de ma conduite, jé l'ai fait avec vérité et avec dignité. Je me ?ui> mis à ma place et Bernard à la sienne.

Monsieur Viennol Vauhluiu m'a succédé à la tribune, il n'a réfuté aucun article de mon discours, mais il m'a vanté la hauteur des destinées auxquelles j'avais di-oit de prétendi-e et la nécessité où j'étais d'aprè« cela de dédaigner une inculpation quelconque.

La perfidie de ce discours m <i lurce a une iepli(iue dans laquelle j'ai déclaré que ma destinée étaii remplie, puisque j'avais eu le bonheur de servir la cause de la liberté et que dans la hauteur qu'on venait de me présager, j'acceptai l'augure du moins pour ma patrie, et que quant aux inculpations je ne les repoussais que parcequ'il ne suffit pas à un Représentant digne de ce tilre d'être sans tache* il doit encore paraître tel.

J'ai quitté Besançon et me suis rendu tout d'un trait à (Commune Affianchie d'où je vous écris.

MoBEspiERRE jeunc (1).

( Bibliothèque de Nantes. — Collection Dugast-Matifeux, pièces 125 et 301.)

(1) Voir à ce .sujet rétude de M. A. Mathiez : Robe.spiene jeune en Fianche-Comté {Annahs nirolntionnaires 1914, t. VII. p. 309-337 et Au-

tf.nr ,1, h'„hfs-jù,,,i . p. 13-4S).

GGGXLIX

Bellet, commissaire expert, à Robespierre

(Senec-ourt (Oise;, 6 ventôse au II;

Robe^jpierre ayant déclaré qu'il désirait un bien national dans les environs de Glermont. il offre de lui en procurer

un (1;.*

(Papiers incdits, ibUL, I, 297-8.)

CXGL

Âigoin père à Robespierre (Le Vigan, 7 ventôse an II)

(A. N. J''-7/4577. Annales Revol., 1920, p. ii^^ et siiiv.)

GGGLI Robespierre jeune à son frère (Commune alfranchie, 7 vent, an II)

Il lui annonce son départ pour l'armée d'Italie et lui parle de la conduite tortueuse de Bernard (2). Il l'engage à donner audience à la citoyenne La Saudraie. Il est nécessaire qu'il l'entende « pour parvenir à connoître certains personnages qui jouent un rôle dans la révolution et qui devraient cacher leur honte et leur immoralité. Les fripons montent à calil'ourchon sur les bons citoyens ; ils se disent les amis des républicains les plus distingués ; j'ai rencontré des milliers d'intrigans, qui répètent ton nom avec emphase, qui se disent tes j)lus intimes amis; les sols se laissent attraper par ces imposteurs q*ii se glissent dans toutes les administrations, tous les comités ; guerre aux fripons, mon cher ami, guiM'ce aux fri|)ons. ce n'est jias la moins difficile, ils sont si nombreux qu'ils chassent partout les Hei^-ésentants du peuple. Ils osent dénoncer ceux qui leur découvrent le masque, et la réputation la îuieux élai>lie n'est |)oint à l'abri (ie leur audace calomnieuse ». etc.

(Ciitiil. CliMrjivM.x , flclu' sans (lat«\)

<\ ) l^cttl»' Hll.Hl)«H'tl'.

Ci) H H'iiKit tonJour.M fie l'.ftn;inl (ilc !<iiImI<'.4).

Durand Maillane à Robespierre (9 venl(>se an II)

(( Jl' m'adresse à toi, mon cher et ancien collègue, avec toute la confiance que je n'ai cessé un seul instant, depuis 1789, d'avoir en tes lumières, en ta droiture, et surtout dans

iu pureté et l'intrépidité de ton patriotisme Tu ne voulais

pas de la première guerre et j'étais bien de ton avis, je récrivis à Pethion dans le tems de janvier 1792... Oh ! que Ion caractère était supérieur au sien, que ton désintéressement avec la fermeté, la glorieuse indépendance qu'il te donne, te donne aussi d'avantages sur tous les ambitieux, sur tous les républicains à grandes et petites places pour eux et pour leurs amis. C'est ma pierre de touche », Il félicite Robespierre de son intervention en faveur des 73 girondins et de .ses discours en faveur de la liberté des cultes, « craignons de nous en prendre à Dieu même qui nous a aidés dans ces merveilleuses conquêtes », Il l'assure que son « patriotisme n'a jamais perdu de vue les enseignes » de celui de Robespierre dont les principes ont iboujours été les siens. Il lui confie un projet destiné au 0<jmité de Salut public, si Robespierre le juge k propos.

(Bibliothèque de Nantes. Collection Dugast-Matifeux, n" 159. — Citée par E. Haniel, o. c, II, .'ï.3ô-,ô.36 e»i note.)

CGCLIII Fréron à Robespierre (CJommune alTrancliie, 11 ventôse an II)

J'ignore, mon cher Robespierre, si tu as lu nos dernières lettres adressées au Comité de Salut public. Ta maladie annoncée dans tous les journaux t'a peut-être empêché d'être îissidu aux séances de ce Comité le jour où notre correspondance a dû être disculée. Nous avions adopté avec empressement toutes les modifications qu'il nous proposait relativement à notre ai'rêté sur Marseille; nous nous étions permis seulement de présenter quelques observations qui n'étaient pas dénuées de force sur la nécessité de changer le nom de Marseille, comme on a changé celui de Lyon et de Toulon.

264 CORRESPONDANCE DE RODESPIERHE

La réponse à ces observations sages, mesurées, piéscnlées avec toute la déférence que nous avons eu, non seuloment pour les décisions, mais même pour un simple vœu du Comité de Salut public, a été un décret enlevé précipitamment et sans discussion sur la proposition de Granet qui attachait à cela la plus sérieuse importance ; il ne nous sera pas difficile de faire voir aux hommes sans partialité que Granet s'est laissé emporter par son attachement natal et qu'il a lu à l'assemblée, pour obtenir ce qu'il désirait, une correspondance qui portait sur des faits absolument faux. Ce premier triomphe obtenu il ne fallait pas s'arrêter.

Nous avions signalé il y a longtemps Maillet et Giraud comme principaux membres d'un club qui produisit un mouvement contre-révolutionnaire à Marseille dans la nuit du 14 frimaire. Nous avions à cet égard des faits positifs et notoires. Ils présidaient tous les deux le club dans cette fameuse nuit, oii ils souffrirent que la société profondément égarée envoyât chercher par six hommes armés le commandant de la place que nous avions nommé, quand nous déclarâmes par ordre du Comité de Salut Public Marseille en état de siège. Nous avions bien d'autres reproches à leur faire. La Convention nationale, d'après un rapport de Barère, nous ordonna par'un décret de poursuivre et de punir tous les moteurs et instigateurs de ce mouvement... Nous avons exécuté ce décret et nous n'avons pas pu, d'après cette conviction intime et la notoriété du fait, comprendre dans une exception Maillet et Giraud. le premier s'étant porté cette même nuit à deux heures du matin chez le Représentant Paul Barras à la tête d'une nombreuse députation de la Société pour lui demander compte des motifs pour lesquels le Comité do Salut Public et les Représentants avaient mis Marseille en état de siège. Le lendemain, Maillet revint encore à la tête d'une députation demander quelle était la réponse des Représentants du peuple et pendant ce lesmps on ordonnait aux bataillonis des sans-culottes, à qui nous avions commandé de marcher contre Toulon, de ne pas obéir... Saliceti, Ricord, Barras et moi voulurent assurer pour jamais la tranquillité dans Marspille et terrasser toutes les intrigues en frappant le* prinri|>aux intrigants ; nous avons envoyé Maillet et Giraud au tribunal révolutionnaire de Pariis; or les députés do

Marseille, embrassent leur cause et se tournent contre nous. Maillet et Giraud sont acquittés... On a su que nous allions arriver, on a précipité le jugement... tu avais déployé la sagacité ordinaire, mon cher ami, lorsque, sur les propositions de Loys, tu avais fait fermer la discussion aux Jacobins, observant qu'il fallait attendre les représentants » (1). — Fréron prévoit que l'intrigue et l'audace ne vont plus connaître de frein ; on a illuminé, Maillet et Giraud sont portés en triomphe ; ce là des troubles et des révoltes. Déjà le royalisme relève la tête, on a écrit à La Poype (2) une lettre anonyme dans laquelle on demande une amnistie générale et la sortie de tous les détenus. — « C'est à toi, mon cher Robéispierre, de faire connaître et triompher la vérité. Déjà on répand le bruit que pour nous empêcher de parler, Moyse Bayle, qui est du Comité de Sûreté générale, nous fera arrêter à notre arrivée à Paris.... Nous avons voulu être devancés par cette lettre afin que tu pares les coups qu'on pourrait nous porter. Je ne connais plus Paris ni la Convention. Je te verrai et te parlerai dès que je serai arrivé, tu me mettras au courant et moi je te donnerai sur Marseille et la véritable situation des renseignements positifs. Le Comité de Salut Public est trompé par la députation des Bouches-du-Rliôno qui s'est coalisée pour soutenir une ville coupable...

Adieu, mon cher Robespierre, empêche rinnocence et ie patriotisme de succomber sous les efforts -de la calomnie, qu'on nous entende et ensuite on jugera nous et nos calomniateurs.

Salut et amitié.

Phéron (3)..

En grâce lirr l.a Po\ pc de Marseille ; il est excellent et toujours le même ; mais il est déplacé à Marseille. Fais que le Comité lui accorde le congé qu'il demande.

(Bibliothèque de Nantes. — Collection Dtigast-Matifeux, n" 176.)

(1) T^e 18 pluviôse aux Jacobins, Loys prit la défense des patriotes de Marseille persécutés par Barras et Fréron. Robespierre répondit à Loys

que l'affaire. Insuffisamment éclaircle, devait être discutée sans précipitation. {Moniteur, XIX, 437).

(2) I^e général La Poype, beau-frère de Fréron.

(3) Cette lettre complète les Lettres de Bai-ras et de Fréron en mission dans le Midi, publiées par M. Edmond Poupé en 1910. Voir notamment dans ce recueil la lettre de Fréron à Moyse Bayle des 6 et 15 pluviôse oti 11 rapporte les motifs pour lesquels il a fait arrêter Maillet et Giraud.

GOGLIV

Les Syndics de Saint-Just (Lot-et-Garonne) à Robespierre (i8 ventôse an II,;

Ils clemandenl la Jiberlé d'exercei' le culle catholique et protestent contre un arrêté de Mon^stier qui ferme les églises « Nous ne tenons point aux exercices extérieurs comme les processions, car nous n'avons jamais été fanatisés, et ayant toujours été paisibles; mais si par ton canal nous pouvions conserver le culte public dans l'intérieur de nos églises, et notre cloche comme le signal pour nous y rendre, nous le bénirions à jamais ».

{l'apicni inrilits, III, 123-4.)

GGGLV

Gravier à Robespierre (20 ventôse an II)

Gontre les hébertistes. « Ils ont profité de votre maladie pour faire tous leurs complots, »

(Papiers inédits, II, 194-5.)

GGGLVI

Charles Delacroix à Robespierre vl^aris, 25 ventôse an II)

Il lui demande son appui en faveur de son parent Pascot (\u\ sollicite une place.

(RiblioUi. (le Nnntea — Collection Dugast- Matifeux, n° 243.)

GGGLVII Chabot à Robespierre (.\m seci'el i\n Luxembourg, 25 ventôse)

« Je ne puis résister au besoiir d'épancher mon cœur dans le sein de celui en qui j'ai mis toutes mes espérances après la ju«lice éternelle. » Il proteste contre le rapport de Saint-

CORHESPONDANGE DE ROBESPIERRE 267

Just (1), il se défend contre les accusations lancées contre lui, d'avoir voulu sauver les brissotins et d'avoir été payé à cet effet, d'avoir reçu de l'argent du banquier Boyd, d'avoir fait du commerce oij il aurait gagné 200.000 livres..., de s'être marié avec une étrangère, d'avoir comme beaux-frères des espions. « Est-il nécessaire pour sauver la République de faire mourir comme conspirateur celui qui a constamment poursuivi et déjoué toutes leis conspirations ? »

{Piôces trouvéea chez Robespierre, .">7-5ft. — Cit<i par A. Mathiez, o. c., 314-317.)

CQGLVIU

Chabot à Robespierre (Au secret du Liixomboiirg, 26 venlAsc)

l^'aiiiour dv lAobespierre pour la justice lui cu^imande c^jj le défendre contre les calomniateurs; «je te dis que mon mariage m'était nécessaire pour faire un coup de mon métie-. Il entrait dans mes vues pour déjouei* le parti de l'étranger. >

Il n'a pas combattu l'arrestation des étrangers, il a seulement demandé qu'elle fut limitée à trois ou quatre mois et que l'on créât un jury politi(|ue pour distinguer des traîtres le petit nombre d'amis de la liberté. Il aurait préféré que cette arrestation fût- plutôt l'efTet de la loi des suspects ou d'un arrêté du Ckimité que d'un décret qu'il a fallu suspendre et moditior. Loi-squ'il apprit la suspension du décret, il demanda l'ari'estation de ses beaux-frères avant qu'elle fut publique. Les scènes conceiiées avec le parti de l'étrangei- sont une *Miigme pour lui...

(Collection personnelle de M. Mathiez, o. c. p. 8.'Î1-.^.S2.)

ncoLix

Aug. Robespierre à X... (Nice, 29 ventù^îe an II Simple mention saiii» analyse.

(rollec-tion .Saniou, n° 132. — Cité par H. Fleis<i'lnnann, u. c, p. 334 et suiv.)

(1) Rapport du 23 ventôse an II.

OGGLX

Lettre anonyme d'un ex-constituant à Robespierre

(Nantes, 30 vent use an II)

Il ne tient qu'au Comité de Salut Public de finir la guerre de Vendée; qu'il ordonne l'exécution de ses premiers plans, qu'il mette un terme aux incendies, aux meurtres, aux horreurs, Tarrestation de Ronsin et Vincent feront plus que les~~ armées pour la fin de la Vendée.

(A. N. F-7/4436. — Courtois, LXXIII (b) 245-246.)

GGGLXI

Le Comité de Salut public aux Représentants devant Toulon

(Paris, 30 ventôse ain II, 20 mars 179i)

Gollot d'Herbois, Robespierre. Garnot, Billaud-Varenne, Barère.

(Au sujet de l'arrestation de Hoche.)

*(Aiilard, o. c, XII, 74.)

GGGLXII

Goncedieu, administrateur du département, à Robespierre

i2 germinal an II)

Il dénonce les agissements de Momoro et de La Ghevardière qui ont fait placer les bureaux de la guerre au Luxembourg, c'est-à-dire « au centre des sections et des sociétés populaires » qn'mi ^'cfTdir.iit de soulever (|epnii> quelque temps.

(7'f//JW'»\s' inriiUs, I, 301-4.)

GGGLXIII

Merlin de Douai à Robespierre i2 geiniinal an II)

Il hii recommande hi pétili<Mi d'un citoyen qu'il connaît seulement pour l'avoii- vu à la fête donnée en l'honneur de

COHRKSPONDANCE DE ROBESPIERRE 209

Marat el de Le Peletier; mais ce citoyen a caché et nourri Marat, chez lui, pendant le temps de ses persécutions.

(Catalogue Charavay, juin 1900, o' 45.637).

GGCLXIV

Delacroix à Robespierre (sans date.

Il lui communique la lettre qu'il écrit au Comité de Salut public oii il se justifie et dénonce la conduite passée de Vadier, Vouland, Ama-r, David, Collot d'Herixiis, Barère, et des hébertistes; — il demande à être jugé.

{Papiers inédits, III, 226-227.)

(XGLXV Lerebours, membre des Jacobins, à Robespierre (3 germinal an II)

11 signale que Ton cherche à fom«'nter des troubles dans les marchés; certains viennent chercher du beurre et des œufs pour les revendre ensuite « à un prix bien au-dessus » ; « que la CJommune prenne un arrêté par lequel les denrées seraient, comme par le paisse, réparties chez les marchands f.( s diverses sections qui ne pourraient dé-livrer de beurre et (cufs que sur un bon des Comités. »

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