A. N. A F-II, 30. PI
GCCLXM
Lulier (P à Robespierre (3 germinal an II)
Il proteste contre son arrestation, demande l'examen rigoureux de sa conduite politique et morale.
(Papiers inédits, I, 220-223.)
(1) Lulier (1746-1794). Membre de la Commune du \0 août, accusateur public près le tribunal du 17 août, devint procureur général syndic du département de Paris. Impliqué dans l'affaire de la Compagnie deg Indes, arrêté avec les Dantonistes, il fut acquitté par le tribunal révolutionnaire, mais maintt^nu en .iiti^statii^ii. il s>> poignarda dans sa prison.
270 CORRESPONDANUK DK HOUESl'lKimK
CCCLXVII
Robespierre jeune au Comité de Sûreté générale (Nico, 6 germinal an II
Attaqué par Bernard (de Saintes) qui Ta dénuncé au Comité, il se trouve forcé, pour se détendre, de dévoiler la conduite tenue par son adversaire, dans le cours de sa mission. Long récit des actes de celui-ci, auxquels il oppose sa propre conduite. Il le peint avilissant la représentation nationale par sa tenue indécente et ses propos obscènes ; plus préoccupé de trouver un bon gîte .que des vrais intérêts ùc son pays ; créant des ennemis à la République par sfes déclamations et ses attaques inconsidéré(>s contre les croyances religieuses des populations.
« Le règne des fripons me paraît terminé. Le supplice des nouveaux conjurés (les Hébertistes) ramènera la tranqi/illité ([ la paix dans les âmes inquiétées par les brigands. Appreniez, citoyens collègues, que les tyrans n'ont recruté leurs armées que par les extravagances commises envers le culte... il y a tel département, tel district, telle commune que le désespoir veut vendéiser... Je n'ai pas suivi le système de ces bommes immoraux et pervers qui affectent le philosophisme pour ne point laisser voir qu'ils sont sans mœurs et san» vertus, qui abattent une croix pour que l'on ne s'occupe point de leurs dilapidations et de leurs crimes... J'ai fait adorer la Révolution, i'es|)erfor et aimer la représentation du peuple. »
(H. N. (.'olltH-tioii H. Filloii : Séries III et IV, p. 110.)
nca.xviii
Gravier à Robespierre (S .ueiniinal an II)
Il intervient en faveur de l^laee, dief fie bataillon de la fjurde nationale.
COllRESPONJJANCE DE ROBESPIEnUE 271
COCLXIX
Payan à Robespierre (1> germinal au II
Au îîuji't de la pièce de Thnoléon de M. J. Chénior. La rcprésenlation produirait les plus mauvais effets, les poètes imiteraient (ihénier « et innis ne verrions bienttM plus sur le théâtre que des rois hniiiK'ii's ocn^ et i]i'< républicains modérés ».
(A. N. : F-7/44;{(;. — ('..uiiuis, LUI, 211.)
Deforgues, ministre de la Guerre, à Robespierre ili î^erni. an II)
11 i)rotesle contre son aireslaliun, il n'a vu et ciuinu Danton (|ne pour Robespierre et par lui. il ne l'a jamais vu en particulier, il ne Ta jamais invité à dîner que lorsque Robespierre était lui-même invité. Dans plusieurs occasions, il s'est charrié du rôle jiénible de cmiciliateur. Il demande à Robespierre (fèlre son garant, il l'a été aux époques les plus intéressantes lie sa cairière publique, il demand»' à Robespierre de le faire enlcïidre (^t juger.
d'il purs initUt.s. Il, 189-193.)
CGCLXXI
Augustin Robespierre à son frère (.Nict'. 16 gomniial an IIi
.le reyiMs la letti'e à l'instant de l'expédition d'Qneille ; ma présence y est utile, peut-être même nécessaire. Quoique l'armée d'Italie ne balance pas, comme celle du Nord, les destinées de la République, les nouveaux conjurés ont probablement cherché à y trouver des complices. Il ne faut point n.égligtM' de les découvrir et de les frapper. Nous sommes sur nos gardes, nous avons l'œil fixé sur tous Ihs individus. J'apiM'çois d'ici tous les monstres qui ont médité la ruine de la patrie; Hébert et adhérents qui sont déjà tombés sous la glaive du peuple ne me paroissent point les chefs de ce nouveau complot, ils n'étoient selon moi que des directeurs prin-
cipaux. J'ai toujours soupçonné les deux gros D — et D (1) — de la Convention d'être les premiers conjurés. Rappelle-toi leur conduite danis toutes les 'circonstances qui ont précédé, depuis Dumouriez jusqu'à ce jour, leur silence dans la crise actuelle et les motions puériles d'ajournement, de renvoi, d'amendement de l'un, par lesquelles il veut faire connaître qu'il est là ; l'autre jette son feu sur Francfort et veut la livrer aux flammes parce que cette vill» réclame la remise ri une contribution, occasion bien éclatante pour' faire briller son amour pour la République française.
L'armée révolutionnaire devoit nécessairement devenir une armée contre-révolutionnaire ; elle étoit par sa nature une force isolée de la force publique, et par sa composition dangereuse, par les hommes qui l'avoient composée. Tu te rappelle sans doute de mes réflexions sur cette formation et de ce que je t'ai dit dans mon séjour à Paris. Toutes les armées de la République sont et demeureront révolutionnaires ; parce qu'elles sont incorruptibles par leur nombre ; il est cependant à craindre qu'il n'y ait quelques traîtres dans leur rang, les nouvelles levées ont dû les y introduire ; il auroit fallu prendre des précautions pour en extraire les iils des incarcérés ou des guillotinés et en faire des corps de pioniers. Cette opération ne peut se faire en ce moment sans désorganiser les armées, il faut attendre une occasion favorable, ou même les laissiM^ à la sagesse des représentans du peuple aux armées.
. Boucliotte (2) est-il coupable, est-il suspecté ? J'ai peine à concevoir comment, ses bureaux étant remplis de conspirateurs, il n'auroit pas dénoncé le premier ces scélérats. S'il ne les a pas connu, il doit être regardé comme un sot, et par conséquent comme capable de compromettre la chose publique par sa l/onhomie et son inconcevable cécité. Tu me demandes la liste des patriotes que j'ai pu découvrir sur ma rout€. Ils sont bien rares, ou peut-être la torpeur empêchoit les hommes purs de se montrer pai" le danger et l'oppression où se trou voit la vertu.
Un des hommes les plus purs et les plus ardens que j'aie rencontré c'est le citoyen Viennot apoticaire à Vesoul, mis
(1) Il n'agit (le Danton et Delacroix (iVEure et Loir).
(2) Hourhotte, ministre do la guerre, avait été compromis avec les h^bcrllHtcM.
en arrestation par le Comité de Sûreté générale de la Convention, à la sollicitation, réitérée sans doute, de l'immoral Bernard. J'ai trouvé dans cette Commune des hommes purs el capables de rendre quelques services à la République. Le citoyen Boizot, agent national du district, est de ce nombre ; il est aussi poursuivi par Bernard. Les protégés de ce Représrntant ont montré, à ce qu'on m'a écrit, une joie indécente lorsque les Hébertiistes ont osé t'attaquer, et ils ont pâli lorsqu'ils ont appris que ces Messieurs avoient été arrêtés. Je t'envoie copie de la lettre que j'ai écrite au Comité de Sûreté générale, et qui te fera connoître la nécessité de rappeler dans le sein de la (Convention un homme qui l'aviliroit s'il étoit possible qu'elle le fut. Cet homme infâme menace le département de la Haute-Saône de sa présence, l'effroi est dans les cœurs, il leur a annoncé qu'il alloit obtenir une seconde mission.
Je compte parmi les conspirateurs quelques uns des hommes qui ont été envoies à Commune-Affranchie, oi qui faisoient partie de ce qu'ils appeloient Tambulanc»'. Leur conduite extraordinairemenl extravagante m'a démontré qu'ils ne voioient dans le gouvernement révolutionnaire que la permission de tout oser malgré toutes les autorités, ne reconnaissant même pas la Convention et disant qu'elle pouvuit ^etî omper, et par conséquent qu'ils pouvoient agir comme ils le vouloient.
Il est sûr que la mesure des comités de surveillance a été contre-révolutionnée, surtout dans les départemens méridionaux ; et que par là les familles les plus innocentes ont été quelquefois mises au désespoir et toujours inquiétées. Cette terreur inspirée à l'innocence a rendu les patriotes inactifs et a laissé agir les fripons de toutes les clauses. Les hommes les plus purs se cachoient, ils craignoient la punition de leurs actions vertueuses ; ils ne respirent que depuis le supplice des conjurés.
Ecris-moi aussitôt ma lettre reçue, instruis-moi des événements, que je trouve à mon retour de l'expédition d'Oneille, la détermination que tu auras prise sur mon retour à Paris.
Il est bien étonnant que le Comité de Salut public et le Comité de Sûreté Générale écoute le procès intenté par un nommé Lafond que Vadier défend, au tribunal militaire
tio rarmée d'Italie. Ce La fond est intimement lié à ce Marqiiel que Ricord et moi avons renvoie à Pai'i'S, co-^rédacteur du Père Duchesne, et qui est à coup sûr le complice et le compagnon d'Hébert. Depuis le, départ de Lafond le tribunal va ferme et d'accord, ce qui ne seroit pas possible avec Lafond. Fais finir ce procès, que Lafond ne revienne pas; que les deux autres reprennent leur poste.
J'ajoute aux noms des patriotes que je t'ai nommés, le citoyen Galmiche, juge à Vesoul, homme probe- et à talent, le citoyen Morin, accusateur public du tribunal militaire, le citoyen Buonaparte, général chef de l'artillerie d'un mérite ti'anscendant, ce dernier est G;)rse, il ne m'offre que la garantie d'un homme de cette nation qui a résisté aux caresses de Paoli. dont les propriétés ont été ravagées par ce traître. Ricord et sa femme fembrassonl. Hoche est arrêté et fait route pour Paris.
(B. N. Collection Morrisoii, t. \, p. 284- 285. — Hamel, t. III, p. 434.)
CGCLXXII
Lucile Desmoulins à Robespierre (sans (ialo'
Elle défend Camille Desmoulins. « Robespierre, pourras-tu bien acccmiplir les funestes projets que t'ont inspirés sans doute les âmes viles qui t'entourent ? As-tu oublié ces liaisons que Camille ne se rappelle jamais sans attendrissement?... Ou''l «'sl doîic lo criin»' d»' mon Camille ?... »
(I>ettre resttV inachevée et qui ne fut pas porttH» à K()l)espieiTe. — Matton : Corre.si)Oi)(l<inre imUlite de CtnniUr ncxmou- Utix, p. 217).
CGCLXXHl
M"' Duplessis à Robespierre (sans date)
Klh' implore Robesj)i«'rr(' en faveiu" i\o Lucile <pii va être conduite à l'échafaud.
(Matton, lhi<l.. p. 238).
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