LUI
Robespierre aux Administrateurs de la ville d'Avignon
Les principes qui m'ont porté à défendre la cause du l)euple avignonnais doivent êli-r ixiur vous. Messieurs, un
(l) Cotte lettr« fut ndroHfn!'»' A Robcsploiio au sujet ilc son Disconra du Jtt niwctnbra 1700 à l'AaainnbJi'v Oonatituantc aur la pt'tition du pcutile avipnonnnia (Moniteur. VI. 419).
aûr garant de mes sentimens pour les magistrats d'un peuple libre, dont la sainte autorité commence au moment où la tyrannie expire. Leur suffrage est, à mes yeux, le prix le pilus flatteur de mon attachement à leur cause et à celle de rtiumanité ! Leurs remercîmens ne peuvent me paroître qu'un excès de générosité. En défendant les Avignonnais, c'est la justice, c'est la libeirté, c'est ma patri<3, c'est moimême que j'ai défendu. Je n'ai fait que remplir le vœu da tous les vrais Français et devancer celui de la postérité, qui bénira avec une tendre admiration ce peuple dont le courage a abattu d'un seul coup la puissance du despotisme et de l'aristocratie ; sa liberté ne périra pas .plus que sa gloire. Elle esl attachée à la destinée de la France. Oui, Messieurs, quelles qu'aient été les raisons qui ont suspendu la prononciation formelle de votre réunion, vous serez Français ; vous l'êtes pui&que que vous le voulez et que le peuple français le veut. Ce ne sont point des terres nouveJles dont nous avons besoin, ce sont des hommes libres et vertueux ! Et quelle contrée nous en offrira, si ce n'est la vôtre ! Si Rome donnoit le droit de cité aux peuples qu'elle avoit vaincue?, pourquoi repousserions-nous des frères, vainqueurs cximme nous du despotisme et destinés à combattre avec nous pour la conservation de la liberté commune ? Vmlà la seule politique qui puisse faire le bonheur drs hommes ; voilà du moins, ma profession de foi. Cest vous dire assez. Messieurs, que vous n'avez pas besoin de me recommander vos intérêts pour l'avenir. Si vous êtes réduits à nous dénoncer encore ces armées de commis qui vous entourent, si les excès de la tyrannie fiscale profanent encore un territoire que votre vertu a consacré à la liberté, vous en délivrer esl la moindre des preuves que l'Assemblée nationale doive vous donner de sa reconnaissance et de celle de la nation. Ils ne seroient plus au moment où je vous écris ; le bonheur du peuple avignonnais iseroil proportionné à sa magnanimité, si ma puissance égaloit, mon zèle pour ses intérêts, et la tendre vénération que je lui ai vouée.
Veuillez bien. Messieurs, en accepter le témoignage, et permettez qu'il supplée ici à toutes les formules.
Robespierre.
{lié valut ion H de France et de liiahant. n" 50. V. 331-332).
Robespierre aux membres du Comité de Versailles
24 (lécombrc 1700 Messieurs du Gomitî: de Versailles J'aurai le courage de parcourir la carrière où la confiante du peuple m'a appelé, quelque épineuse qu'elle puisse paraître ; les efforts que je ferai pour le servir me dédommageront de tout. Je compte aussi sur cette estime de vos concitoyens que vous me promettez, parce que je la mériterai l)ar mon dévouement à leurs intérêts.
(Cité par Ch. Velki.v d'après Chai'avay. Annales Révol. t. I. p. 302).
Robespierre à Daunou
Paris. ]o V" Janv. 1791.
MONSIEUM.
L'un des inconvéniens attaeliés à la nniltiplicilé de mes occupations est qu'elle*me m(>t dans l'inipuissance de l'épon ■ dre promptemenf aux lettres qui m'intéressent le plus. La votre est de ce nombre. Le nom de l'Oratoire est en possession de me rappeler des idées et des souvenii's qui nie seront toujours eliers : mais celte recommandation n'est pas mèm'> nécessaire, pour exciter mon zèle : la justice de votre cause et mes principes suffisent. Ne doutez ni de mon (Mîiprossement à la «défendre, si j'en trouve l'occasion, ni îles senti mens fraterm-ls dont je vous |)rie d'aeci'i^lcr l'iKunnia^e, mimuieur,
KoBESPIERRE (1).
(H.N. .Miiiius<iits. Nduv. ac(i. fr. 21.SS7 — HepnKluite par .M. Cri. Vfllny — Jicvur hintoriquc de Ut Ifrrnliithni. 1î)i;î. IV. p. 114-115).
(1) Kob«-t«plciTi' iiVHlt été, on 17S4, ravocnt <Ui c-otl^ge il»> rOiatolic «rArrn»» «bin»» un procx-H Intenté au. Père lierblzotte pur rurchltocte Glllet. Oaunou falMuit pnrtlc de rOratoIre, Ba lfittr«> no nous est pas parvenu'».
Leblond et Mathelin, députés de Cayenne, à Robespierre (Paris, I" f.'vrier 1791)
Ils protestent contre les vues (tu comité colonial qui, dans son instruction sur les colonies, veut faire de la Guyane une dépendance de la Martinique
(l'iiphus hirdits I. m. pp. nn-âS).
La Société des Amis de la Constitution de Marseille à Robespierre
(Marscill.'. (j fôvri.-r 1791)
Les Amis de la Constitution de Marseille ont voté ^des remerciements à Robespierre, et ont arrêté d'envoyer une adresse à l'Assemblée pour demander l'adoption de ses projets sur la gendarmerie (1) et l'organisation de la garde nationale. Ils vont proposer à la municipalité d'assembler les sections pour tpie la cité émette le même vomi.
{li'i'ritliitioiis lie Fr(i»Cf rt de linihant. Il" <i."<. t. V. I». .")78).
Robespierre à Madame Guyard (Paris, l.î fêvrit'i- 1791}
On nVd (lit que les givu-cs voulaient faire mon j)oi-trait. .la serais trop indigne tl'une telle faveur si je n'en avais vivement senti tout le prix. (Cependant, puisqu'un surcroît d'em barras et d'alîaires ou puisqu'un Dieu jaloux ne m'a pas permis de leur témoigner jusqu'ici tout mon empressement, il faut que mes excuses précèdent les hommages que je Ir-m* dois. Je les prie donc de vouloir bien agréer les unes et de
(1) 11 s'afiit tkt; intorvontions de Robespierre contre l'attribution des fonctions «le police aux officiers de la marc'chaussée (27, 28 et 30 décembre 1790). Cf. point du Jour. XVII, 497-510. Le Hodey, XIX, 192-193.
100 CORRl.Sl'ONnANCE DE ROBESPIERRE
m'indiquer les jours et les heures où jo pourrais leur présenter les autr'es.
Robespierre.
(Hippol.vie KuffeiKiir. Les portraits de Robespierre, p. 10) (1).
Robespierre à Camille Desmoulins
Paris, 14 février 1791, J'observe à Monsieur Camille Desnioulins que ni les beaux yeux ni les belles qualités de la charmante Lucile m sont des raisons de ne point annoncer mon ouvrag-e sur les gardés nationales, qui lui a été remis et dont je lui envoie au besoin un exemplaire. Il n'est point dans ce moment d'objet plus pressant ni plus impoVtant que Torg-anisation des ^araes nationales (2). C'est ce que pensent du moins les citoïens de Marseille dont je joins ici un arrêté relatif à mon discours. Je prie Camille de ne point Tégarer. et de tàclier de me renvoier aussi les lettres d'Avignon et les réponses que je lui ai remises.
Robespierre.
(Hibliothêtiue inuiiicii):ile de Nantes (n" ôai.HI). Uei>niduite par M. Cli. Vella.v — Ifrrue fiittoriquc de ht h'cvoliiikm 1013. IV. 692-093).
Madame de Chalabre (;> à Robespierre (Paris, 26 fovrior I79i;
Elle répond à une li'lli-e de Ruhespierr." ([ui hii a adressé ses éloges et lui a fait parvenir sa réfutation des pi'incipes
(1) M. Buffenoir dit qiio rorlBinal de octto Itttre, piovonant des papiers de lord Kperton. ost conservé au Brltlah Mu.teuni. I^ord Efîerton tentrit cette lettre ilu peintre Vincent qui avait «f-pou.s*^ M"" C!u.vaid. Celle-ci exposa le portrait au pa.stel de Robespierre au salon de 1791.
(2) Il H'aKlt ici du dl.scours de Robespieiie sur l'organisation dos garde.^ nationales. (R. N. : L.o 29/14.Î6) composé en 1790 et piononcé A l'.Vs.semblée !<• 27 avril 1791. C. Desmoulins en fit l'éloge dans son Journal le 21 février (n" fir>).
(3) Sur M"" de Chalabre, voir If. Fleischmann. itobcapicnc <:t h s FcmmeH,
sur rorganisation des jurés (1). E-lle désirerait parler avec lui des récents événements politiques et l'invite à venir s'entretenir avec quelques uns de ses amis.
(ropirrs iin'lits. T. 171-172).
Madame de Chalabre à Robespierre (sans date)
Elle proteste avec énergie contre « l'affreux décret qui remet la gestion des finances dans la main des avides courtisans. » Trois députés seulement, dont Robespierre, ont combattu ce décret (2). Elle l'invite à un petit dîner patriotique en lui demandant de choisir le jour qui lui conviendra le mieux et le dérangera le moins de ses travaux.
(I'(ti)ieis ini'ditx. 1. 173-175).
Augustin Robespierre à Buissart (sans date)
Salut à M. Buissart, je ci'ois qu'il apprendra avant tout avec plaisir que j'ai vu M. Geoffroy; qu'il s'est acquité de sa commission et que le procès- verbal est décoré une seconde lois de son illustre nom ; lui dire le jour et l'instant heureux je n'en .sais rien; le physicien voudra bien chercher aprè|S son enfant chéri.
1/affaire des Thuilei-ies (hi l'<S icvikt {.ij est un attentat hoirible dans les journaux n'ont donné qu'une foible idée. Vous devez vous souvenir que mon frère avoit prédit cette horrible manœuvre ; des témoins oculaires m'ont rendu compte de ce qui s'est passé, il n'y avoit point encor eu rien d'aussi dangereux jusqu'à ce jour, on ne paroît point se lasser d'intriguer et de forger des complots.
Les patriotes de l'Assemblée, qui sont en petit nombre,
(1) Présentée le 5 février 1791 (B. N. Lf. 113/10).
(2) Décret du 9 mars 1791 qui décida que les administrateurs du trésor public .«eraient nommés par le roi.
(3) Allusion â la journée dite des Chevaliers du Poignard; la lettre est donc de mars 1791.
tâchant de se reconnaître pour rétablir les droits des hommes au moment où le Comité de révision présentera son travail.
Mon frère vous dit mille choses, il n'a pas le temps de vous les écrire, j'ai à peine celui de vous grifoner quelques mots.
Mille et mille choses également à M'"'' Buissart ; faites C3 que vous pourrez pour insinuer aux électeurs de nommer* votre ami au tribunal de cassation.
Je vous envoie une lettre que j'ai trouvée dans sou cabinet. A. Rob.
{Méinoircs de V Académie d'Anus. XX t. l): 382).
Robespierre à la Société des Amis de la Constitution de Versailles
Paris le avril 1701.
Frères et Amis,
Votre zèle pour la propagation {it\s vérités utiles et de ■rcsprit public vous donne des droils ù la reconnaissance de la patrie. Je ne crois pas pouvoir vous témoigner la mienne d'une manière plus digne de vous, qu'en vous envolant un ouvrage imprimé il y a lontems, mais qui n'a point encore paru, et dont l'objet intéresse essentiellement les droits les plus sacrés des hommes et les premiers principes de la liberté.
HOBESPIERKE.
P. S. — J'y joins un discours sur les jurés, dont la publication a éprouvé dans W lems des obstacles d'une nature assf'z extraordinaire. Je vous prie de m'informer de la réception de cet envoi (l).
(r.ihili(iiln"'(|m' iiuiiiicipiik' »U' Vt'i-sailles, II" l..'iî)7 - Mrmoiirs dv ht Socirir d>'* Si-iriircs lunruUs de SritU'-rl-Oisc. lS-10. II. 174).
(1) Dimotirs Mil .1 fi'vil<T 11!»! Kiir 1rs Jiin's.
Robespierre à la Municipalité de Toulon (Il avril 1791)