GÉNÉREUX CITOIENS
J'ai trop tardé peut-être à vous exprimer les sentimens que m'ont inspiré les preuves que vous m'avez données de votre estime et de votre dévouement à la chose publique ; mais mon cœur a devancé ma lettre ; il est tout à vous comme à la patrie ; votre énergie, vos principes seront le plus ferme appui de la liberté ; votre suffrage est à mes yeux la plus douce récompense de ceux qui la défendent. Pour moi, je n'ai pas cru pouvoir vous exprimer ma reconnaissance d'une manière plus digne de vous, que de vous adresser un nouvel ouvrage dont l'objet intéresse essentiellement les droits les plus sacrés des hommes et les premiers principes de la félicité publique. Je le recommande à votre patriotisme : vous vous rappellerez qu'à la propagation des lumières et de: l'esprit public est attaché le bonheur de la patrie et de l'humanité.
Robespierre.
(Arcli. l'oim». (If Touloii. Ilévnlutioii. 1X30. r 20«).
Robespierre avait pris la défense de Toulon, à l'Assemblée Constituante le 16 janvier 1790, ji l'occasion du conflit qui s'était élevé entre la nouvelle organisation municipale et l'administration de la Marine, et qui avait déterminé une émeute.
Le Conseil municipal en remerciant Robespierre et .ses collègues Ricard et Bouche, les avait informés que leurs noms seraient « inscrits dans les fastes de la ville. » (Cf. A.-J. Parés. Maalmilien Robespierre, citoyen de Toulon, 19*J'> : Hommage de la Municipalité de Toulon à [Nlaximllien Robespierre.) .
Le Maire et les Officiers municipaux de Marseille à Robespierre
(18 avril 1791
Ils demandent à Robespierre de prendre la défense de Marseille contre les menées de D'André qui a fait voter Ift décret du 2 avril, qui « en ampliant les pouvoirs des commis-
saires civils envoyés par le Roi dans la ville' d'Aix, entacheloutes les administrations du département, et prépare peutttre des malheurs, parce que ces commissaires civils n'ont pas la confiance du peuple. »
(Arch. mun. de Marseille, D-4 1, f° 82 V 83 r°. — Reproduite par M. A. Cliabaud, dans les Annales Rèvol. Mars-avril 1928 p. 118-119).
Le Conseil général de Toulon à Robespierre (30 avril 1791)
Il le remercie de renvoi de son discours contre le marc d'argent et l'en félicita. Ce discours a été déposé dans les archives de la commune.
(Archives connu, de Toulon. Révolutioi;.. D. 38. r 3.S5).
Le Club patriotique de Toulon à Robespierre (14 mai 1791)
Il informe Robespierre qu'après avoir lu son discours, il a décidé l'envoi à l'Assemblée d'une adresse pour lui demander la révocation des décrets sur lo marc d'argent et les journées de travail. Il l'encourage à continuer, à éclairer la Nnlion surses droits et l'assure de son estime,
(Arcli. communales de Toulon. Kofiistre du cMilt : les .\nii8 d*» l;i niiistituiiuti ).
Robespierre au Président d'une Société des Amis de la Constitution
(20 mai 17i)l
J'ai reçu avec une vive r«^connaissance lois marques d'estime qu« vous me donnez au nom de votre société ; il n'existe [«tiril. pour moi de plus douce récompense, ni de'
plus puissant encouragement à remplir des devoirs trop sacrés pour que je puisse les oublier un moment. Je recevrai les personnes que votre société veut me faire l'honneur de m'envoyer, avec des sentiments dignes d'elle.
(Catalogue Charavay. Vente du 17 déceiiibre 1805).
Guffroy à Robespierre (Arras, 21 mai 1791)
11 lui envoie un mémoire au sujet d'un jugement du tribunal qui a décidé que « des arbres n'étaient pas dans les champs des riverains parce que le seigneur en avait joui pendant 60 ans ». Il propose un amendement à l'article 7 du décret du 26 juillet. Il demande un décret pour la réunion des paroisses d'Arras, afin qu'il n'y en ait que trois (Notre-Dame, St-Vaast, St-Nicolas) « c'est le vœu de l'évêque », la vente et la démoLition des paroisses supprimées, afin de donner du travail aux ouvriers, car « notre atelier de charité nous ruine ».
(Hlhllothèque de Nantes. — Collection Dugast-Matifeux, n" 11).
Robespierre à la Municipalité de Marseille
Paris, le 24 mai 1791, Messieurs,
Quan<l Marseille m'avait choisi pour son défenseur, quand je mettais ce titre au-dessus de tous les titres, pouvais-je prévoir qu'à mon insu, au moment oii une indisposition causée par l'excès des travaux dont on nous accable me forçait depuis quelques jours à m'absenter de l'Assemblée, l'intéressante cause de Marseille, du département des Bouches du Rhône et de tous les patriotes français, serait
i()6 CORRESPONDANCE DE ROBESPIERRE
présentée' et jugée au même instant (1; ! C'est cependant ce qui vient d'arriver. Magistrats vertueux d'un peuple digne d;î ia liberté, une seule pensée me console et doit vous consoler aussi : votre patriotisme, votre courage, votre vertu sont audessus de toutes les calomnies, au-dessus de tous les événe'ments. Vous et moi nous continuerons à veiller pour la liberté, pour Ja patrie, à les défendre de tout notre pouvoir dans ce temps de erise oii leurs ennemis réunissent contre elles tous leurs efforts. Conservez-moi votre estime, votre amitié, votre confiance, enfin l'honneur de défendre la cause de la patrie en défendant la vôtre.
Robespierre.
(.\i-ch. iiiuii. de Marseille. L>-4 43. f" 87, r" — Reproduite par M. A. Cliabaud dans les Annule-^ RiroUitiotnuthc». Mars-avril
La Municipalité de Marseille à Robespierre (27 mai 1791)
Le Maire et les officiers municipaux signalent à Ro1j<'Spierre les intrigues des Commissaires civils des Bouches du Rhône qui n'ont pas cessé d'ag:iter le département. Ils lui envoient deux copies de lettres, l'une écrite au Président do l'Assemblée nationale et relative à des réquisitions faites à la garde nationale de Marseille et au régiment suisse d'Ernest pour investir le palais de Justice ; l'autre adressée au Comité des Recherches au sujet, d'une calomnie répandue conti'e eux, « Nos plaintes sont justes, elles seront senties par l'homme dont le génie et le cœur sont dévoués à la chose })ubli(|ue. et que nous apprenons chaque jour à aimer davantage par la lecture de ses excellents discours prononcés daîis la tribune Nationale.^»
(Arcli. Mun. de Marseille D-4 1, î" p. 107,
v», 108, r". — Annal. Rérol. Ibld. p. 120-
(1) L<^ 21, CfM'hon, (liin« un rnpport ini nom du vomiUi <1oh r<»ohf'iches sur \vn *vèni'mont» «l'AIx. T<iulon ^t Mar.t'-lllc, déelniii sans fondonii-nt raeciifnl\on port<î«' par \v cliil) dr MaiHitllIf contre W» <oriuni».'<airc.« oivlls.
LXXH
Robespierre à la Société des Amis de la Constitution de Versailles
Messielk.s,
Vous me demandez mon opinion sur les principes de Ja Société des Amis de la Constitulion de St-Omer : Je n'ai pas eu avec elle des reJations fréquentes; mais je scais qu'elle renferme plusieurs excellens citoiens. J'ai même reçu d'elle, au sujet de mon discours sur les gardes nationales, une adresse très patriotique. Quant à reprit général qui règne dans ce département, ill devient meilleur depuis que les sociétés des Amis de la Constitution ont lendu leurs séances publiques, et que l'influence du peuple, partout bon et généreux, en iépit des calomnies de ses oppresseurs, balance l'esprit aristocratique (les ri-deraiit f/fn.s coin me il faut <\o toutes les classes.
Toujours convaincu que la liberté et le bonheur public sont attachés à la propagation des principes, je vous envoie plusieurs ouvrages que Jt- confie à votre patriotisme.
Pai'is, le 1" juin 1791 Hobespierkk.
P. S. — J"ai deviné, par le timbre un peu efTacé, que la lettre à laquelle je répons venait de vous, car elle était sans
(Hibliottiwjue iiiuiiiripalt* de Versailles, n" 1.398, reproduit dans les Mémoires (le la Hoci^tv des Scieneen mor(ilf-< iff S(ine-e10v<c. Ig49, II, 174-17'»).