J'AI VU TANTOT L'AIMABLE FLORE
J'ai vu tantôt l'aimable Flore, Au plus beau des Jours du printems Donner la main à Terpsychore Et la parer de ses présens.
Aussitôt j'ai vu sur leurs traces Aux doux accords du violon, La troupe légère des Grâces Voler sur le tendre gazon.
De cette charmante alliance Quelle main forma les doux nœuds?
De la vive gaieté d'Hortense Reconnaissez l'ouvrage heureux, Son air, sa grâce enchanteresse. Son humeur aimable et riante (2); Avec les jeux et la jeunesse Près d'elle enchaîne le bonheur.
(1) Pofsie reproduite par M. Lucien Peise, loc. cit., p. 21.
(2) I.e vers ri^gulicr serait : Son aimable et riante humeur.
228 ŒUVRES COMPLÈTKS DE MAXIMILIEN KOBESPIERRE
Par elle, la saison nouvelle Emprunte un nouvel agrément.
La nature devient plus belle, Le printems, paroît plus riant.
La beauté des présens de Flore, Toujours contrainte à s'embellir A la déesse qu'elle adore Ravit l'hommage du zéphyr.
Mais en vain, négligeant ces armes Elle est souvent rebelle aux lois.
Elle conserve assez de charmes Pour nous vaincre à la fin du mois.
Au tribunal d'un juge inique Notre bon droit fut rejeté Mais il peut braver la critique ; Il est absout par la beauté.
De tout temps. Messieurs de justice, Pour elle, furent indulgens.
Vénus reçoit leur sacrifice Thémisareçu leurs sermens.
Pour moi d'être vaincu par elle Je me console avec raison Vingt fois pour souper avec elle Je veux payer le violon.