I. Je ne résiste pas à votre bon plaisir
2. Ces vers s'adressent à une dame trop haut placée pour qu'il pût l'aimer autrement que d'un amour platonique. P. B.
SI j'ay du mal et porte pénitence Du grand plaisir que la veue a donné, Si pour la grâce ay tout abandonné En délaissant d'autre bien l'espérance, Regret n'auray, si tu as cognoissance De mon amour et trop loyal devoir ; Car ce qui rend plus ferme mon vouloir, C'est qu'en tel lieu je porte obéissance.
AMOUR a dit à la Mort : — c: Attendez ! Et à vos dards le frapper défendez ; Car plus que vous luy feray de douleur. » La Mort respond : — <r Amour, or desbandez Doncques vos yeux, et vostre arc estendez Jusques au fond, sans espargner son cœur ! » Ainsi sur Mort Amour a eu l'honneur Pour donner pis qu'une mort à mon corps. Car sans cesser, par sa doulce rigueur, Ostant de moy la mort, où gist mon cœur, Me faict souffrir en vivant mille morts \
I. Ce onzain, passablement alambiqué et d'assez mauvais goût, est fort embrouillé, surtout dans les derniers vers, dont la signification est que l'amour en le faisant vivre lui fait souffrir mille morts de celle où gist mon cœur, de celle qu'il aime. Voyez t. I, p. 814 et 3i5, deux rondeaux sur un sujet analogue, p. b.
C'est ce propre œil, ou j'ay prins tel plaisir Qu'oncquesn'en fut de plus grand nysembla- C'est cest oeil là, qui monstroit un désir [ble, D'extresme amour pour jamais immuable ; Mais ce n'est plus le regard amiable Qui se tournoit par si grande doulceur, En demonstrant le mouvement du cœur, Dont il estoit l'esguille tant honneste* : O Tout-Puissant, qui en estes facteur, Redonnez luy ce regard plain d'honneur Ou luy ostez les yeux hors de la teste !
I. Cette comparaison d'une belle à une horloge dont le cœur représente le mouvement et dontle regard est raiguille eût été moins affectée en latin ou en grec, index et yvwixwv ayant le double sens (ï indication et ^'aiguille d'un cadran. e. p.-b.
AMOUR, Amour, je pense recognoistre Tes coups estroits et dangereux affûts Venir sur moy, comme tu soulois estre, Pour me tourner tout tel comme je fus ; Et si j'en fais d'avantage refus, Je te voy prest et celluy mesme arc tendre, Aux coups du quel quelquefois m'as faict rendre. Las ! oncques puis je ne m'estois rendu. Et si me suis tant qu'ai peu défendu ; Mais or ne puis ni ne veuil me défendre.