LU
VOYEZ mon mal et escoutez ma plaincte ; Lisez mon dueil et pensez si c'est faincte, Vous amoureux, qui tant aimez aimer.
Si tel' douleur qui est en moi emprainte Se peut souiFrir sans en faire complaincte, Dictes-le-moy, si j'en suis à blasmer ! Le mal que j'ay ne se peut estimer^ Si n'est de moy qui le sens et l'ordonne ' : Le mal m'est doux, le bien me semble amer, L'un veult oster ce que l'autre me donne.