I. Ordonner, disposer, mettre en ordre
PUISQUE tu veux, sans vouloir consentir, Ne m'aimer plus en m'aimant sans me veoir, C'est mal d'un bien que tu n'as sceu sentir, Ou tu ne veux ou ne scais y pourveoir. Las ! je voudrois, sans vouloir le vouloir, Ne te veoir plus, belle et ingrate amie. Vivant content sans toy et sans ma vie, En te laissant sans te laisser et veoir \
I. Je ne sais si le poëie comprenoit bien lui-même ce qu'il vouloitdire ; mais son huiîain est un admirable modèle de galimatias. p. b.
IL n'en * est point d'affection semblable A celle-là qu'à bon droict je vous porte ; Et pour combattre un cœur trop variable Il n'en sera cy-après de plus forte.
Car si courroux vient frapper à la porte, Mon désir croist quasi de la moitié ; Mesme l'ennuy qui survient me conforte, Et n'est si non qu'un renfort d'amitié.
I. Cet emploi explétif du mot en est fréquent chez les auteurs du xvie siècle, mais nul n'en a plus abusé que Brantôme. e. p.-b.
Toutefois il ne manque point d'une certaine grâce. Victor Hugo, du temps qu'il étoit un grand poète, l'a employée dans les Orientales :
Hélas ! que j'en ai vu mourir de jeunes filles !
QUAND nos deux cœurs estoient unis ensemble Par un lien d'estroite affection, De l'un à l'autre, ainsy comme il me semble, 11 n'y avoit point d'obligation ; Car de l'amour la rétribution Estoit l'amour et les plaisirs passez Qu'amour nous a par honneur amassez; Mais maintenant que^ sans estre muable, Vous veuil aimer mesme quand me chassez, Je vous oblige et ma foy rends louable '.