‹ Œuvres complètesChapitre 20 sur 106 · LXXXVIII · texte numérisé non relu

LXXXVIII

SI j'ay du mal, m'amie n'en a moins ; Elle m'en donne assez d'expérience.

Et n'est besoin alléguer pour tesmoins Les durs regrets qui, par vraie apparence, Monstrent l'ennui qu'elle a de mon absence. Mon cœur !c sent tant il est prcs du sien !

Que me faut-il ? Voudrois-je un plus grand bien ? Non ; mais au monde il n'y a rien parfaict : Son deuil modère et augmente le mien, Qui me contente et ne me satisfaict ^ .

I . C'est toujours le ylvv.dTZ'.v.'^OQ E"p(o; de Méléagrc et des Grecs de V A lithologie ; mais combien il est alambiquéici et ailleurs ! e, p.-b.

SI son refus et mauvais traictement Peut bien servir à son honnesteté, Je ne souhaite aucun allégement Et me desplait de l'avoir souhaite ; Mais il me semble,*après avjoir gousté Le bien que c'est jouir de chose aimée, Qu'en me traictant comme j'ay mérité, Elle en seroit d'autant plus estimée.

AMOUR a faict empenner ses deux aelles^ Oui sont trop plus legieres que le vent Des cœurs legiers de maintes damoiseiles Qui en Paris vont au change souvent ^ Si ccluy doncq qui pense aller devant Est le dernier, c'est le commun usage.

11' en est bien d'un cstrange pcnnage Qui prennent train selon la nouriiturc ;

Mais celles-là oublient leur ramage Et pour vertu ont vaincu leur nature'.

1. Nous n'avons plus aujourd'hui d'expression qui ait la force de ce trop plus. Les Latins avoient satins. Beaucoup plus n'a pas la même vigueur. Par trop, dont noususons aujourd'hui, n'offre pas le même sens. C'est donc une tournure regrettable dont la langue s'est appauvrie. e. p.-b.

2. Outre le sens pre'cis, on peut voir ici une allusion au quartier du pont au Change, fréquenté par les petites marchandes, lingères, mercières et autres de mœurs faciles. e. p.-b.

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