‹ Œuvres complètesChapitre 50 sur 106 · CLXXXVI · texte numérisé non relu

CLXXXVI

S'il est ainsy qu'une meule tant dure Et tant pesante et forte a remuer L'on voit soudain de sa façon muer Par l'eau qui est de tant foible nature, J'espère donc enfin vaincre et tuer Le despoir que j'ay de mon désir * ; Car nonobstant que vous preniez plaisir A me tenir, cruelle, si durs termes, Je vous feray ou tourner, ou choisir D'estre noyée à force de mes lermes.

I. Melin parle de tuer son désespoir. Il veut dire qu'il va enfin espérer; mais après avoir doué sa belle d'un cœur aussi dur qu'une meule de moulin, s'il espère faire tourner cette meule ou la noyer à force de larmes, je crains bien qu'il ne pleure longtemps.

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