DE LA MESME NUICT
OsAiNCTE nuict, da soleil esclaircie, Qui faict divine estre l'humanité ; Cogneue avant par ombre et prophétie Et maintenant par claire vérité !
Que n'est mon cœur de vostre qualité, Tant qu'en sa nuict ténébreuse et obscure Nasquit ung roy de vraye charité, Qui me rendit nouvelle créature !
I . Neuf couplets religieux, c'étoit trop pour M. l'aumônier de Henri II. Aussi revient-il en hâte à ses sentimens amoureux. Ce roy de vraye charité, dont il désire la naissance dans son cœur, n'est autre qu'un Cupidon profane qui, par un sentiment partagé, lui donncroit une existence nouvelle. e. p.-b.
VOYANT mon feu tant d'estcs et d'hyvers Continuer et de plus en plus croistrc, J'avois conclu de brusler tous mes vers Pour ne les veoir plus heureux que le maistrc, Et leur donner par esprcuve à cognoistre Ce qu'ils n'ont sceu de moy vous exprimer.
Mais, vous, taschant à moy seul enflammer Et estimant en eux vos beaultcz vivre, Les avez mis près de vous à délivre.
Gardez-les donc puis qu'il vous plaist, madame. Sans leur donner d'aultruy la privante.
Car, s'ils sont veus, nous deux en aurons blasmc^ Moy d'ignorance et vous de cruaulté * .
I. Il veut brûler ses vers pour qu'ils ne soient pas plus heureux que leur maître, c'est-à-dire leur auteur, et aussi pour leur faire éprouver ce qu'il souffre luimême.
Cette pièce, comme beaucoup d'autres de Sainct- Gelays, est assez obscure ; notre poëte ne brille pas par excès de limpidité. p. b.
Après cette pièce, le manuscrit contient une analyse en trente-deux strophes de huit vers de la fable de Psyché, par Apulée.
La plus grande partie de ces vers est de Claude Chapuys et de La Maison-Neuve. Sainct-Gelays n"a composé que trois ou quatre strophes. Isolées du reste, elles n'offroient aucune espèce d'intérêt; nous ne les avons pas insérées ici. p. b.