‹ Œuvres complètesChapitre 82 sur 106 · SECOND GENTILHOMME · texte numérisé non relu

SECOND GENTILHOMME

Je vay devant pour avertir la Royne que vous estes arrivées

DAMES

Rien ne nous est encores asscurc ; mais nous sommes tant aggravées de mal que tout signe moins que bon nous faict tousjours imaginer le pis qui nous scauroit advenir. Ce que le Rov se tient ainsi renfermé dedans sa tente sans sortir dehors et que nous l'avons entendu gémir et souspirer si fort, faict que nous perdons toute espérance de bien. O pauvre Royne désolée ! Pendant que tu t'aprestcs pour cuyder faire honneur a ton nouvel espoux, tu recevras en échange quelque nouvelle douleur. O combien te sera dure l'ambassade de celuy qui te viendra dire qu'il fault que tu t'en ailles prisonnière au camp des ennemys, pour désormais vivre tousjours esclave des Romains. Helas ! à y penser seulement le cueur me fend de destresse qu'il faille qu'une beauté si excellente tumbe en servage de si cruelles mains. O seigneur Dieu ! je te supplie, fais que ce soit une crainte vaine. Helas ! voicy l'une des femmes de la Royne qui sort du chasteau toute cplorée et se tourm.cnte merveilleusement.

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