‹ Œuvres complètes ... Méthode d'équitationChapitre 159 sur 209 · LE GRAND HIPPO-THÉO, DIEU DES QUADRUPÈDES, UN CAVAUER ET UN CHEVAL · texte numérisé non relu

LE GRAND HIPPO-THÉO, DIEU DES QUADRUPÈDES, UN CAVAUER ET UN CHEVAL

LE DIEU

Fidèle à ma promesse, je viens m'informer, seigneur cavalier, des résultats obtenus par votre assiduité dans rétude de Féquitation. Veuillez me faire connaître vos travaux, vos succès. Cette lutte continuelle entre Thomme et le cheval est-elle enfin apaisée? Cette entente parfaite , si désirable pour Tun et pour l'autre, est-elle obtenue ? Tout cela m'intéresse au plus haut point. Parlez donc, seigneur écuyer .

LE CAVALIER

Puisque votre divinité daigne s'abaisser à ces détails, permettez-moi d'abord , grand Hippo-Théo , de vous attester que les torts du cavalier envers son cheval sont pour la plupart dus à l'ineptie des professeurs. Leurs systèmes, fondés sur des principes pris au hasard, induisent leurs élèves dans des erreurs dont les effets sont toujours au détriment de la monture. Mais avant

plus amples détails, veuillez, grand juge, permettre à mon coursier d'exprimer verbalement son opinion.

us CHEVAL.

Je n'ai le don de la parole qu'en présence de mon créateur seulement ; je la regrette pour vous et pour moi, mon maître. Que d'erreurs j'aurais combattues I Mes avis, dans notre intérêt commun* vous auraient signalé l'inutilité, le danger même de certains principes émis par vos premiers maîtres. Toujours désireux de seconder et même de prévenir vos intentions, j'ai déploré mille fois vos mouvements forcés et contre nature ; tout en maudissant vos inhabiles professeurs, je vous pardonnais vos fautes involontaires, et mon indulgence à votre égard, basée sur votre persévérance à apprendre l'équitation dans toute sa vérité, n'a pas été trompée. Vous êtes parvenu à découvrir le professeur qu*îl vous fallait ; la sûreté de ses principes et ses moyens prati« qnes peuvent s'analyser facilement Veuillez donc en iSûre part au grand Hippo-Théo, puisque c'est de vous qu'il veut apprendre la vérité. J'aiderai votre mémoire au besoin.

LE CkYJJJSk.

Docile aux avis de votre divinité, je me suis adressé aux professeurs d'équitation les plus renommés. Assiduité aux leçons , religieuse attention à leurs démonstntkms orales ou pratiques, j'ai tout em][4oyé. Cependant nul progrès ne couronnait mes efforts. Mes idées Testaient confuses, mes mouTements embarrassés et

mw but déterminé. Deux mois de trayaux inutiles avaient amené le dégoût; j'aurais infailliblement abandonné maîtres, dieyaux et équitation, si le ressouTonir de Tos dernières paroles ne m'eût tiré de cet engourdissement moral. Vous m'aviez recommandé de procéder du simple au composé; mes professeurs, au contraire, sans autre préambule, me commandaient doublés, changements de main et autres airs de manège, etc., etc.

LE BŒU.

Je savais la décadence de Fart équestre ; mais j'étais loin de croire que son enseignement fût à ce point méconnu. Que d'ennuis pour le cavalier! que de tourments pour le cheval! Comment devait-il agir, ce pauvre anhnal) soumis à la conduite d'un cavalier ignorant luimême ce qu'il voulait faire ? Mais poursuivez, de grâce , cavalier.

LE CAVALIER

Fort de vos avis, seigneur, je m'aperçus que mes premières leçons n'avaient rien de rationnel. Je par^ courus les manèges de divers pays : même insuffisance d'enseignement! Quelques parties de Tart étaient cultivées; mais les plus importantes étaient négligées. Partout l'ignorance et son obscurité, percée, il est vrai, çà et là de quelques rayons lumineux, mais troc rares pour dévoiler la vérité. Puis, dans ce monde aveugle, on se heurtait sans cesse aux contradictions. Les principes de l'un étaient proscrits par l'autre, et cela sans motif jus-

tifié, tout simplement par opposition systématique. Que faire dans ce labyrinthe inextricable? M'arréter? Non. Marche, marche I me criait une voix impérieuse ; retrouve le fil d'Ariane perdu par tes devanciers, et tu sortiras triomphant*

LE DIEU

Sans doute, votre persévérance a été récompensée : vous avez trouvé des écuyers consciencieux dont les études approfondies ont découvert les vrais principes de leur arti Quel pays vous a procuré ces nouveaux maîtres?

LE CAVALIER

Ces écuyers habiles sont Français. Leurs premières leçons, d'accord avec les avis bienveillants que m'avait donnés votre divinité, me firent reconnaître de primeabord la supériorité de mes professeurs. Une gymnastique bien entendue, en assouplissant mes membres, disposa mon corps à se placer naturellement à cheval; dès lors plus de gêne dans mon maintien, aplomb parfait en selle, et, par suite, aisance et régularité dans les mouvements.

LE CHEVAL

Permettez-moi, mon divin maître, de constater la rapidité avec laquelle mon cavalier a obtenu les résultats dont les avantages rejaillissent largement sur moi.

LE CAVAUER.

Je suis charmé, grand Hippo-Théo, que mon coursier ait, comme moi^ apprécié ces premiers essais qui furent

SQïm de Texposition claire et précise de la nouyelle méthode. Les principes, le but de la science équestre me furent expliqués. Imbu des vieilles idées, j'aurais pu les confondre avec les nouvelles. Mes habiles professeurs parèrent à ce danger en substituant leurs principes aux anciens. Us me dirent, par exemple : a Tout dépend de la position que le cavalier donne à sa monture. Le cheval n'exécute les mouvements qu'autant qu'il a été convenablement placé. ^

LE DIEU

Seigneur cavalier, ce principe est vrai et passera rapidement à l'état d'axiome. Je l'approuve d'autant plus qu'il démontre évidemment que le cheval est intelligent. Vous avez, au commencement de votre instruction, exigé de votre monture des mouvements auxquels votre ignorance ne pouvait la disposer; en les exécutant, son intelligence a suppléé à votre peu de science, car elle trouvait les moyens de comprendre votre intention. Plus instruit aujourd'hui, vous savez la position qui déterminera tel ou tel mouvement de l'animal ; au lieu d'employer des forces excessives, vous indiquez votre intention en plaçant votre monture, et vous êtes obéi : donc l'animal vous a compris, puisque de lui-même et sans autre sollicitation de votre part il exécute le mouvement voulu. Ce principe a l'avantage, en outre, de prévenir le cheval; il lui donne le temps de s'expliquer les effets de forces employés par Técuyer. Cet avertissement préalable évite d'enlever pour ainsi dire le che-

▼al, mode d'agir qui, sans parler de dangers, a certainement l'inconvénient de jeter de Tincertitade et de rirrégularité dans l'exécution. Donne-nous ton ayis, quadrupède.

LE CHETAL.

Ce que yient de dire votre divinité ne peut être que la vérité ; néanmoins, ccjpime partie intéressée, je me permettrai d'ajouter cette preuve à l'appui. Si nous étions inintelligents, comment saurionsHUOUS que nous devons nous porter en avant lorsqu'un cavalier maladroit, il est vrai, se sert des saccades de bride pour obtemr ce mouvement? Comment achèverions-nous les mouvements commencés quand les jambes et les main? de notre cavalier, en contradiction flagrante ayec sa volonté, semblent s'y opposer? J'en atteste mon maître, depuis que ces nouveaux professeurs Tout mis dans la bonne voie, n'a-t-il pas vu cesser toutes mes hésitations? Sans aucune gêne, j'exécute tout ce qu*il veut ; car j'ai reconnu que ses exigences sont toujours conformes aux lois qui régissent mon organisme .

LE CAVALIER

Les mouvements faciles et réguliers de mon coursier m'avaient déjà persuadé que j'étais parvenu k parler clairement à son intelligence. Son approbation verbale rend maintenant ma conviction inébranlable. A quoi doîs-je ces heureux résultats? A trois mois de leçons assidues. Je le répète, mon professeur s'attacha d'abord à me placer convenablement et naturellement

à cheval. Je devins fenne en selle, et la combinaison de divers mouvements assonplit tellement mon système nerveux, que toutes les positions de mon corps, néce&* saires à déterminer celles de mon cheval, me devinrent pour ainsi dire naturelles. Un accord magnétique eu quelque sorte s'établit entre mon organisme et celui de ma monture. Alors aucune contraction musculaire de l'un n'échappa à l'autre. Par suite, je fus à même de mdsonner et de coordonner Tactioii de mes aides, et leur emploi judicieux me fit résoudre, plus tard, les problèmes les plus ardus de Téquitation.

LE DIEU

Messire cavalier, vos succès sont évidents. Comment se fait-il que le mode excellent d'enseignement qui vous les a procurés ne soit pas suivi partout? Je vois de nombreux cavaliers négliger encore vos moyens pratiques. Ils emploient leurs forces et celles de leurs chevaux sans s'inquiéter de la combinaison de ces deux puissances, non plus que des rapports qui doivent s'établir pour l'identification indispensable des deux organismes. De là ces difficultés sans nombre qui entravent le progrès. Tel cavalier se rebute parce que ses eiForts sont stériles ; tel autre crie au succès parce que le hasard Ta favorisé. Dégoût fatal! succès éphémère I on veut la fin, on néglige les moyens. Mais espérons que la lumière va luire dans ce chaos et dissiper les

téna>res de la routine. Continuez vos dissertations, bnive cavalier; f en attends la suite avec intérêt.

LE CAVALIER

Jusqu'alors, seigneur, mes professeurs Q*ODt fiiçoiuié que mon mécanisne ; maintenant ils vont s'adresser à mon intelligence. Leurs explications claires et leurs réponses complaisantes à mes questions opportunes vont faciliter mon rôle. Ainsi, les anciens traités iioiis disent : « Les mouvements déterminent le cheval.— Certains chevaux ont la bouche dure. > La signification de ces phrases m'était impénétrable, ou leur sens littéral était pour moi une cause d'erreur ou de découragement. Mes mouvements, quels qu'ils fussent, ne dét»minaient nullement ceux de ma monture dans le sens voulu, et ces mots : bouche dure, m'accusaient undé&ut naturel dont la répression me paraissait impossible.

Mes professeurs firent cesser mes incertitudes en s'énonçant clairement et rationnellement. Ils me dirent : c Les actions du cavalier déterminent le cheval à prendre la position propre au mouvement. Quelques chevaux sont lourds à la main. »

Cette légère modification de phrase semble puérile; cependant elle a une portée immense. En effet, plus de doute pour le cavalier, il sait le but de ses mouvements : donner une position convenable au cheval; plus de découragement, le défaut naturel et local devient tout simplement une mauvaise répartition de poids que Fon peut modifier. Les moyens d*atteindre ce double but sont parfaitement indiqués, ainsi que vous le verrez plus tard. Quant à l'adoption universelle de cette nouvelle

méthode, elle éprouve les obstacles que rencontrent natnrellement toutes les innovations : les uns la rejettent parce qu'ils ne la comprennent pas, faute d'étude; les autres la rejettent par amour-propre. L'ignorance et la jalousie se donnent la main pour entraver la marche de Tart qui, stationnaire d'abord, devient bientôt rétrograde.

LE DIEU

Je ne puis concevoir l'aveuglement de certains écayers qui s'attachent à dénigrer les innovations utiles à tous, au lieu d'appliquer leur incontestable talent au triomphe des vrais principes. Leur science, leur réputation seraient-elles donc diminuées parce qu'ils auraient applaudi aux heureuses découvertes d'autrui? Un raisonnement si faux ne peut être inspiré que par im amour-propre mal entendu ; mais l'effet n'en est pas moins contraire à l'intérêt général, et vous avez raison, seigneur cavalier, de déplorer un semblable état de dioses. Quoi qu'il en soit, revenons à votre nouveau mode d'enseignement, et demandons à votre coursier les avantages qu'il en retire.

LE CHEVAL

J'ai pu aisément, messeigneurs, apprécier cette méthode, car elle m'a rendu ma liberté de mouvement. Mon maître, astreint à conserver exactement une distance convenue entre le cheval qoi me précède et moi, doit recourir fréquemment à ses jambes et à ses poignets. Cet exercice fréquent donne à ces aides tout le

liant désirable; leur action bien dirigée ne m*iinpo« aucune contrainte. La position naturelle de mon csntlier me le fait paraître plus léger ; ses progrès jcumaliers, en augmentant sa science, diminuent ma tâche, et c'est avec plaisir que j'obéis à ses ordres clairânest donnés.

LE CÀYALIER.

Je continue l'exposition des principes de mes non* veaux professeurs, divin Hippo-Théo. Hs attaquent et réduisent à néant cette pernicieuse erreur trop long* temps perpétuée : a II est des chevaux à boudie dure. » En remontant à la cause par Fétude de l'effet, on découvre toute la fausseté de cette phrase. A^ quoi reconnaît-on l'apparente dureté de bouche 7 A la résistance que le cheval oppose à l'action du mors. C'est ce qui a fait croire aux observateurs superficiels que l'insensîfailité des barres cause cette résistance. Alors on a £orgé toute espèce d'instruments plus cruels les uns que les autres pour triompher des barres. Les résultats étant nulSt le dégoût est venu, et l'écuyer rd>ttté a réformé ses chevaux, sans s'inquiéter de savoir si l'insuœès de ses eiforts ne venait pas de l&ar mauvaise direction. Mes professeurs, pour trouver la vérité, ont quitté la voie commune et se sont demandé s'il est rationnel que l'impression de nos forces doive se faire s^atir uniquement sur une des parties du cheval pour obtenir son obéissance ; s'il est rationnel que cette seule partie soit responsable de Texécution de notre volonté. L'examen

du mécanisme de Tanimal prouve jusqu'à révidence que toutes les parties du corps sont solidaires entre elles ; leur cancours est nécessaire à tous les mouvements ; d'où il suit que la gêne d'une partie peut réagir sur le mécanisme entier et entraver son action. Da^ ce cas, il y a vice de conformation chez l'animal ; la seide manière de combattre la résistance qui en résulte» c'est de rectifier cette structure vicieuse.

LE DIEU

Ce raisonnement , parfaitement logique , a dû conduire votre professeur à une conclusion juste.

LE CAVALIER

Et cette conclusion, seigneur, la voici : les résistances que le cheval oppose au mors sont dues à la difficulté qu'il éprouve à exécuter le mouvement demandé, par suite de désaccord dans son organisme. En rétablissant r entente générale de l'encolure, des reins, des jarrets, du corps entier, en un mot, on détruit la résistance, et le cheval qui tout à l'heure semblait insensible à la pression outrée du mors, cède à la première invitation de la main ; la pratique le prouve tous les jours. Donc il est constant que la sensibilité plus ou moins grande de la bouche n'entre pour rien dans les résistances, et que cette dureté de bouche qui a fait réformer tant de che-vaux n'est qu'une chimère.

LE DIEU

Cette conclusion est exacte, seigneur cavalier. Pour vous confirmer dans cette opinion , je vous ferai remar-

qiier que la membrane appelée périoste qui recouyre les os peut seule donner aux barres leur sen^ilité. Cette membrane jouant le même rôle chez tous les chevaux, on ne peut admettre la variété dans ses effets. Passons donc condamnation sur la dureté de la bouche: Vous attribuez sagement à la mauvaise conformation da cheval la difficulté de le conduire, mais votre amourpropre humain vous empêche de rejeter sur Thomme la responsabilité première de ces désordres. Qui donc, si ce n'est l'homme, a laissé la dégénérescence attaquer l'espèce chevaline que j'avais créée si parfaite ? Votre négligence a laissé au hasard la direction du croisement des races : de là leur abâtardissement progressif et vos chevaux mal constitués. Je vois avec plaisir que, parmi les hommes, il s'est enfin trouvé un observateur judicieux qui a mis le doigt sur cette plaie et trouvé son remède. Dites-nous, quadrupède, si déjà vous avez pu ressentir les bienfaits de cette innovation ?

LE CHEVAL

Que votre divinité juge elle-même. L'ancien système, au lieu de venir en aide à mes parties faibles, exigeait aveuglément une obéissance impossible. Mon impuissance physique, érigée en vice moral, irritait mon cavalier, qui, dépassant toute mesure, me torturait constamment. Ma bouche, prétendue insensible, était mise en sang, et mes barres en lambeaux, sous Faction d'un mors meurtrier ; mes efforts contre nature m'épuisaient au point de me mettre dans l'alternative de me défendre

OU de me laisser estropier. Tout change avec le nou- Teau système ; mon maître me demande le juste emploi de mes forces, il les dirige sagement. Ce bien-être physique réagit sur mon moral, et mes imperfections cèdent peu à peu à cette heureuse influence. Je suis persuadé d'exécuter, dans peu de temps, ce que font mes frères les plus favorisés de la nature.

LE DIEU

Je suis charmé de ces heureux résultats ; ils doivent, seigneur cavalier, vous être un puissant mobile pour chercher à parfaire Téducation de votre coursier. Veuillez donc m'exposer rapidement vos moyens d'exé- "^ cation.

LE CAVALIER

Tous nos principes sont basés sur le raisonnement et Texpérience. L'équitation, comme tous les arts, ne doit attendre le progrès qu'autant qu'elle reste dans la vérité; la moindre déviation peut Tentrainer, à la longue, à des écarts tels que la bonne voie disparait et que récuyer égaré cherche vainement son but.

Nous avons donc cherché un point de départ exact, fondamental, et un but certain. Nous commençons par apprécier et coordonner les forces du cheval. Nous obtenons, par cette puissance bien dirigée, les translations de poids nécessaires. L'harmonie des forces et du poids amène le par&it équilibre du cheval ou sa légèreté à la main. Plus tard^ l'équilibre de la masse donne l'harmonie des mouvements. La légèreté une fois ac-

quise^ nous atteignons rapidement notre but : le ca^af lier donne la position et le cheval exécute.

LE DIEU

Une méthode ainsi raisonnée doit vous amènera vaincre les di£Bcultés de la haute école, puisqu'elles sont en raison inverse de l'éducation du cheval?

LE GAVAIIER.

Mon initiation à la méthode^ grand Hippo-Théo, est encore trop récente pour que tous les problèmes équestres me soient devenus familiers. Mais J'ai vu mes professeurs obtenir des résultats qui étonnent tous les écuyers et charmeraient votre divinité. Je craindrais d'abuser de votre bonté en prolongeant notre entre* tien par la description de ces ei^ercices : à moins d'ordres contraires, |e les passerai dcmcsous silence.

us DIEU.

. Comme dieu des chevaux^ seigneur cavalier, rien de ce qui touche aux intérêts de leur race ne m'est indiffi^eqt; so^is la connaissance intime de» qualités dont je les ai doués me donne la mesure de ce qu'ils peu« yient fiftire. Veuillez donC: me dire seulement les moyens que vous employez pour utiliser les ressources de la précieupe créature que je vous ai soumise.

us CiVAUER.

La tête et l'encolure étant la boussole et le gouver-^ nail naturels du cheval, nous nous attachons à les soumettre à notre seule direction. Par diverses flexions, la

mâchoire, devenue moelleusement mobile» laisse la tête

T^;;t|cfU€W^t[pMe; ffiAçoUir» «wûttpUe ampiierti» M qiyii liû cpuTMOt i un travail à pied d'abord» à cbe* ifal enaqite» hftrmoiiiw Tavant ^^ l'arri^-maiB et relie la,re8te di^cocps à reopahire.

, l4Ûfi;$ant à chaque partie du corps soq véritebte rôle, Qous puiMmdaQs f arrière-main les fovcas împulsiTmv et dans rAvantr-main les JEbroes direotriees.

L«s ^ïambes du cavialîier pro¥oqueol rimpulabn» sa main donne }a position Iffopre m mouYement.

De l'entente parfaite établie entre les jambes et la main de récuyer résulte l'équilibre du poids et des forces, ou la légèreté, mère de toute exécution facile. Tel est, grand Hippo-Théo, le rapide résumé de notre mé* tbode. Veuillez permettre à mon fidèle coursier d'ajouter ses propres réflexions.

LE CHEVAL

Entre autres avantages, le nouveau système a celui de mener de front l'éducation de mon maître et la mienne. Initiés aux mêmes leçons, nous adoptons les mêmes principes. Mon instinct, en contact continuel avec l'intelligence de mon cavalier, se façonne sur son modèle ; d'où il suit que le progrès de l'un entraîne celui de l'autre. Le cavalier devient fier de sa monture, et le cheval, reconnaissant les bienfaits de l'éducation acquise, voue à son maître une obéissance d'autant plus grande qu'elle est devenue plus facile.

LE DIEU

Je vous quitte, messire cavalier ; mes conseils vous

sont désormais inutiles. Vous êtes dans la bonne Toîe. Votre intelligence m'est un sûr garant de votre perséyérance; Vous ayez compris la nature et la destination du cheval. La routine disparait; votre méthode va détruire les désordres qui avaient nécessité mon interventioQ entre Thomme et le cheval. Que chacun reprenne soa rôle. Cavalier, rappelez-vous qu'intelligence oblige, et que vous devez feiire oublier, à lavenir, vos torts trop prolongés à l'égard de votre noble coursier.

DICTIONNAIBE RAISONNÉ

D'EOUITATION

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