‹ Œuvres complètes ... Méthode d'équitationChapitre 35 sur 209 · DU SAUT DU FOSSÉ ET DE BARRIÈRE · texte numérisé non relu

DU SAUT DU FOSSÉ ET DE BARRIÈRE

Bien que les combinaisons seules de la science équestre oe puissent ^donner à tous les chevaux l'énergie et Ifi vigueur nécessaires pour franchir un fossé ou une bar* rière, il est cependant des principes à Taide desquels on arrivera à suppléer en partie aux dispositions nat«* relies de Tanimal. On facilitera l'élévation et la franchise de l'élan en imprimant aux forces une bonne direction. Je ne prétends pas dire par là qu'un cheval^ doué de moyens ordinaires, atteindra dans ce mouvement la même hauteur et la même élégance que celui qui est bien constitué; mais il pourra du moins y déployer plus cpavenablemeat toutes les ressources de son organisation.

Le point capital est d'amener le cheval à essayer de bonne volonté ce travail. Si l'on suit ponctuellement tous les procédés que j'ai prescrits pour maîtriser les forces instinctives de l'animal et le mettre sous l'in-

fluence des nôtres, on reconnaîtra Tutilité de cette progression par la facilité qu'on aura à faire franchir au cheval tous les objets qui se rencontreront sur sa route. Du reste, il ne faut jamais, en cas de lutte, recourir aux moyens violents, tels que la chambrière, ni chercher à exciter l'animal par des cris ; cela ne pourrait produire qu'un effet moral propre à Tefifrayer. Néanmoins l'exclamation : Hop! émise avec tact au moment où le cheval doit s'enlever, lui donnera un encouragement utile. Mais on devra s'abstenir de tous cris, si Ton n'est pas certain de les émettre en temps opportun, car ils seraient un obstacle à la régularité de l'élan de l'animal. Or, c'est au moyen des aides que nous devons avant tout l'amener à l'obéissance, puisqu'elles peuvent seules le mettre à même de comprendre et d'exécuter. On doit donc lutter avec calme, et chercher à surmonter les forces qui le portent au refus, en agissant directement sur elles. On attendra, pour faire sauter un cheval, qu'il réponde franchement aux jambes et à l'éperon, afin d'avoir toujours un moyen assuré de domination. La barrière restera par terre jusqu'à ce que le cheval la passe sans hésitation ; on l'élèvera ensuite de quelques pouces, en augmentant progressivement la hauteur jusqu'au point que l'animal pourra franchir sans de trop violents efforts. Dépasser cette juste limite, serait s'exposer à faire naître chez le cheval un dégoût que l'on doit éviter avec grand soin. La barrière ainsi élevée avec taénagement devra être fixée pour que le cheval.

disposé à Tapathie» ne se fasse pas un jeu d'un obstacle qui ne serait plus sérieux dès Tinstant où le contact de ses extrémités suffirait pour le renverser. La barrière ne devra être recouverte d*aucune enveloppe propre à dioûnuer sa dureté ; Ton doit être sévère lorsqu'on exige des choses possibles, et éviter les abus qu'enti*atiie toujours une complaisance mal réfléchie.

Avant de se préparer à sauter, le cavalier se soutiendra avec assez d'énergie pour que son corps ne précède jyas le mouvement du cheval. Ses reins seront souples, ses fesses bien fixées sur la selle, afin qu'il n'épouve ni choc ni réaction violente. Ses cuisses et ses jambes, enveloppant exactement le corps et les flancs du cheval, lui donneront une puissance toujours opportune et infaillible. La main, dans sa position naturelle, tendra les rênes de manière à sentir la bouche du cheval pour juger des effets d'impulsion. C'est avec cette position que le cavalier conduira l'animal sur l'obstacle ; si celuici y arrive avec la même franchise d'allure, une légère opposition des mains et des jambes faciUtera l'élévation de Tavant-main et l'élan de l'extrémité postérieure. Dès que le cheval est enlevé, la main cesse son effet, pour se soutenir de nouveau lorsque les jambes de devant arrivent sur le sol, et les empêcher de fléchir sous le poids du corps.

On se contentera d'exécuter quelques sauts en harmonie avec les ressources du cheval, et on évitera surtout de pousser la bravade jusqu'à vouloir contraindre

ranimai à franchir des obstacles au-dessus de ses forces. J'ai connu de très^bons sauteurs qu'on est parvenu à rehttter ainsi pour toujours, et que nuls efforts ne pouvaient décider à franchir des hauteurs ou des distances de moitië inférieures à celles qu'ils sautaient aisément dans le principe.

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