GITE. -ACTE II, SCENE III
DULippcs. Excellentes.
CAMILLUS. Remercie ton étoile si ce que tu dis est vrai !
DCLippES. Vous savez bien que je ne me permettrais pas de vous dire un mensonge.
SATURIUS. 11 veut dire un seul; il s'est exprimé correctement.
CAMILLUS. Parle promptement enfin, parle, ne tarde pas davantage.
DULIPPUS. J'ai vu votre Virginia qui se rendait au temple : elle était belle comme un astre.
CAMILLUS. Dis plutôt que c'était un soleil. Quel bonheur est le mien si mon affaire va bien !
DULIPPUS. Elle ne peut aller autrement.
CAMILLUS. Et que disait-elle?
DULIPPUS. Il m'a été impossible d'entendre ce qu'elle disait ; mais à son air, à ses gestes, au son de sa voix, j'ai compris facilement quelle était plus aise qu'à l'ordinaire.
CAMILLUS. A-t-elle prononcé mon nom ?
DULIPPUS. Je ne crois pas lavoir entendu.
SATURIUS , à part. Je suis vraiment étonné qu'il n'ait pas dit oui.
DULIPPUS. Mais il me semblait bien que ses yeux disaient : «Où se trouve maintenant mon aimable seigneur? où est Camillus ?»
SATURIUS. Je n'avais jamais entendu dire que l'on parlât avec les yeux,
CAMILLUS. Qui vois-je là-bas dans la rue? N'estce point Apollonia?.. Non... Oui, c'est bien elle.
DULIPPUS. Allez à sa rencontre, saluez-la d'un air riant et placez-la à côté de vous ; prenez-la par la main et serrez-la-lui quelque peu : tout vieux que Ton soit on se sent encore; traitezla généreusement et ne soyez point avare de promesses, car la femme par sa nature veut beaucoup.
SATURIUS, à part. Il l'endoctrine comme on enfant! Un valet doit bien tout savoir, mais il faut qu'il soit muet ; et celui-ci ne cesse de parler.