SCÈNE VII
SATDRIUS, seul.
J'ai su si bien manœuvrer que j'ai gagné mon écot. Si Doria tient sa promesse, tout ira bien : Camillus sera heureux, et je pourrai à mon tour contenter tou.s mes désirs; car je remplirai mon estomac d'autre chose que de vent et de belles promesses :je pourrai le satisfaire avec des bécasses, des faisans, des cailles, des étourneaux, des ortolans, des perdreaux, des becfigues; et non plus avec des mets de mendiants, mais bien avec destourterelles,des paonseï toutes sortes de bons morceaux. Et comme Vénus est glacée si Bacchus ne s'unit souvent à Cérès, je crois que le rôti vaut mieux que le bouilli lorsqu'on y joint certains vins pétillants; quoique dans cette saison un vin franc me paraisse plus sain et plus agréable. Je pourrai donc manger toute la journée ! Oh ! comme je vais engraisser! je deviendrai luisant comme un miroir. Non, je ne vieillirai plus, car les pensées qui accélèrent la vieillesse ne me donneront plus de souci : je vivrai dans les festins et dans la joie ; et Dulippus va en avoir tant de dépit dans le cœur que j'espère bien qu'il en crèvera. Et tout arrivera à sa barbe , car je fais sans peine ce qu'il ne parvient à faire qu'à force de fatigue : j'aurai désormais toutes les bonnes grâces du patron, et il verra chaque jour diminuer son crédit. Mais que vois-je sortir du temple? On dirait la (igure d'Apollonia. Oh! le sot oiseau ! la ridicule tournure! Dulippus a été bien imbécile de la prendre pour aide, sourde, aveugle et gauche comme elle est. Je veux l'attendre, el me moquer d'elle comme elle le mérite.
RAMATIQUES.