SCÈNE II
CHREMES, CATILLUS.
CHREMES Salut, Catillus.
CATILLUS. Sois le bienvenu. Chrêmes.
CHREMES. J'ai entendu une partie de tes plaintes, et je suis prêt, si tu veux, à mettre fin aux chagrins de Pamphila, ma nièce, et à apaiser en partie le mécontentement que tu éprouves.
CATILLUS. Ton discours me fait plaisir; mais, dis-moi : comment as-tu appris ce que tu sais?
CHREMES. Les jeunes gens se plaisent à divulguer leur amour ; les femmes ne sont pas plus prudentes , parce que tous ceux qui aiment sont
légers; et de même qu'un chagrin qu'on épanche devient moins violent, ils s'imaginent ainsi augmenter leur plaisir en le confiant à quelque ami : il n'est donc pas étonnant que les parents apprennent enfin ce que tant de persoiuies savent déjà.
CATILLUS. Ah! cela n'est que trop vrai, car Virginia a déjà rempli de ses plaintes tout le voisinage. Voilà le véritable chagrin qui me dévore, le crève-cœur que j'éprouve. Elle aurait beau me fuir et en chercher un autre, je ne m'en plaindrais pas si sa conduite n'était sue de tout le monde : on supporte sans peine un péché que l'on nous cache. .Mais comment mettras-tu terme à nos chagrins ?
CHREMES. Écoute, et agis ensuite comme tu le jugeras pour le mieux. Il faut que tu divorces avec Virginia. Je sais qu'elle ne demanda pas mieux puisqu'elle reçoit des présents, des lettres et des messages de la part de Camillus, son amant , qui a épousé ma nièce. Je conviens que cette conduite mériterait non-seulement que l'on divorçât avec elle , mais qu'on la répudiât.
CATILLUS. Et que je ne la visse jamais plus ! sans parler du reste. Je suis disposé à suivre tes conseils, Chrêmes, avec plus de plaisir que je n'obéirais à mon père.
CHREMES. Est-ce que je ne t'ai pas toujours regardé comme un fils?
CATILLUS. Jeté rends bien des grâces; et pour ne pas perdre de temps, je vais rentrer chez moi pour instruire ma femme et ma belle-mère.
CHREMES. Tu feras bien. Tu pourras mieux encore t'expliquer avec Camillus, que je vois entrer au Forum.