‹ Œuvres complètesChapitre 16 sur 323 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

les leurs : celui qui n'a pas l'habitude de les fréquenter pourrait bien se tromper en s'imaginant les mener où il veut. Aussi, je crains qu'en causant vous ne gâtiez vos affaires; car un homme comme vous, qui passe toute sa vie dans son cabinet, entend ses livres, mais ne comprend rien aux choses du monde. (A part.) Le pauvre homme est si bête que je tremble qu'il ne vienne tout brouiller.

NICU. Dis-moi ce que tu veux que je fasse.

LIGURIO. Je veux que vous me laissiez parler, et que vous n'ouvriez la bouche que quand je vous ferai signe.

NICIA. Très-volontiers. Quel signe feras-tu?

LIGURIO. Je fermerai un œil , je mordrai mes lèvres. Je vous en supplie , faites bien comme je dis. Combien y a-t-il que vous n'avez parlé au frère?

mciA. Voilà plus de dix ans.

LIGURIO. C'est bon : je lui dirai que vous êtes devenu sourd. Vous ne répondrez pas et vous n'ouvrirez pas la bouche , à moins que nous ne parlions bien haut.

NICIA. Soit.

LIGURIO. Ne vous tourmentez pas si je dis des choses qui ne vous paraissent pas s'accorder avec ce que nous voulons : tout n'ira pas moins au but.

NICIA. A la bonne heure.

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