L. A. DEGLI AlBIZI
Commissaire général.
Du camp devant Pise, le 8 juillet 1500, à la quatorzième heure et demie ^
P. S. Au nom de Dieu, ne négligez pas les vivres, car ce serait notre ruine définitive; ayez soin surtout de pourvoir Beaumont : il a déjà commencé à m'imporluner là dessus, et il ne me voit pas une fois sans m'en rabattre les oreilles.
' Les Ilaliens divisaient le jour en vingt-quatre heures consécutives, que l'on comptait à partir dun soir à l'autre. La viiigl-qualrièine heure, que l'on appelait aussi quelquefois r^p-e Maria, sonnait une demi-heure ou trois quarts d'heure environ après le coucher du soleil, c'est-à-dire à la nuit tombante. Cet usage de diviser le jour en vingi-qualre heures subsiste encore dans quelques contrées de l'Italie. Aujourd'hui on le partage en deux parties de douze heures chacune, que l'on nomme heures de jour et heures de nuit; mais la première heure de nuit ne commence jamais qu'après le coucher du soleil. Par exemple, le 21 juin, la vingt-quatrième ou dernière heure du jour finit à huit heures un quart : la première heure de niiii sonne donc à neuf heures un quart ; de sorte qu'à minuit on est à la troisième heure trois quarts. En ajoutant douze heures à ce nombre, midi correspondra à la quinzième heure trois quarts du jour; et ainsi de suite jusqu'à la vingt-quatrième heure. Mais on voit que la première heure commence chaque jour à UQ moment différent, puisqu'elle suit la marche du soleil.
LÉGATIONS FT MISSIONS
LETTRE}
TRÈS-MAGWIFIQCES SRIGNEBBS ,
Le commissaire général vous a écrit hier soir les circonstances fâcheuses dans lesquelles nous nous trouvons. Aujourd'hui, vers les trois heures, cent Suisses au moins sont venus à son logement, demandant de l'argent pour la compagnie de Giannotto, et disant qu'ils voulaient s'en aller avec leur paye. En vain le commissaire leur a prodigué les promesses : rien n'a pu apaiser ces furieu.x, qui, après les débats les plus violents, ont fini par l'emmener prisonnier. Je n'ai rien appris depuis , parce que je mesuisarrétéici au poste de San -Michèle, pour donner avis de cet événement à vos seigneuries et pour qu'elles prennent les mesures propres à empêcher qu'un de leurs citoyens, avec un si grand nombre des siens, qui tous sont vos sujets, soient emmenés, et par qui.^ Valete.
N. Macciiia^'elli.
Du camp devant Pise, le 9 juillet, à la quatorzième heure.
LETTRE m DE GiOy. BATTISTA BARTOLlNi A LA SEIGNEURIE