‹ Œuvres complètesChapitre 214 sur 323 · COMMISSION A L'ARMÉE · texte numérisé non relu

COMMISSION A L'ARMÉE

aussi bien que moi , mal pourvu de tout , comme je vous l'ai représenté plusieurs fois.

Bori>o Rinaldi est arrivé : il n'a avec lui qu'un petit nombre d'hommes mal armés; toutefois je l'ai enj^agé h former une compagnie.

Vos seigneuries n'ignorent pas non plus que j'ai également pressé le seigneur Pierre, dans la persuasion qu'il se trouve maintenant à Florence. Mais je crains que, si nous ne nous hâtons , nous ne soyons plus à temps : nous n'avons ici ni cuirasses, ni lances longues, ni boucliers, ni aucune espèce de munitions, excepté quelques barils de poudre que j'ai retenus depuis hier ; nous avons besoin de tout le reste. Je prie vos seigneuries d'y pourvoir si elles le jugent à propos, et sur-le-champ.

Il y a ici un poste de huit ou dix archers que M. de Beaumont y a placé par ordre de Giov. Battista Ridolfi et de Luca degli Albizi, comme je vous l'ai écrit antérieurement, afin de préserver le pays des entreprises des maraudeurs du camp. Jusqu'à ce jour ces troupes se sont conduites d'une manière satisfaisante; néanmoins, s'il m'arrivait Tinfanterie nécessaire pour pouvoir veiller moi-même à la sûreté de la contrée, je ne sais si je devrais ou non renvoyer ce poste. Je crois que les troupes que j'attends arriveront avant que j'aie pu recevoir votre réponse : je lâcherai de m'y prendre du mieux qu'il me sera possible; mais, dans le cas où je pourrais attendre votre sage résolution , je resterai tranquille. Ainsi donc je prie vos seigneuries de vouloir bien me faire connaître leurs intentions, et je m'empresserai de m'y conformer s'il en est temps encore.

Mais , sur toutes choses , je les supplie de nous approvisionner, et vile et vite ; sans cela je ne puis répondre des habitants du pays , surtout étant traités par ces gens comme nous le sommes. D'un autre côté, si l'on vient demain à San-Giovanni, nous aurons à nos trousses une armée de- Pisans victorieuse et pleine d'ardeur. Je suis cei'tain que vos seigneuries examineront avec attention toutes ces circonstances, et qu'elles prendront des mesures efficaces. Je me recommande à elles très-humblement; Quœ benè valeant.

J. B. Bartolini , Commissaire généraL De Cascina, le 9 juillet 1500.

HACCfllAVELLI. IL

Page 1