‹ Œuvres complètesChapitre 221 sur 323 · COMMISSION A PISTOJA · texte numérisé non relu

COMMISSION A PISTOJA

soumission de la campagne n'offrira plus de difficuliés, secondés que vous serez par les citoyens et les nouveaux prieurs, auxquels nous adressons l'incluse, rédigée dans le sens qui nous a semblé le plus propre à les engager à rétablir la tranquilliié.

Nous apprenons que deux circonstances pourraient entraver les négociations que vous avez commencées ou que vous êtes sur le point d'entamer : la première est qu'un nommé Neri, du parti des Panciaiichi, que vous avez entre les mains, a été réclamé parles membres de ce parti, tandis que lesCancellieri, de leur côté, en réclamt'ni un qui depuis plusieurs mois a été pris par Peccione et emmené à Pise, la seconde est relaiive à cette maison située dans le quariier de San Paulo, sur laquelle Draguccio pré! end avoir des droits et que Palamides demande qu'on lui restitue. Quant au prisonnier Neri, ayant été instruits d'abord par plusieurs de vos lettres, et ensuite par Maccliiavelli, delà manière dont la chose s'était passée, nous sommes seulement dans reml)arras que vous, Filippe, et Antonio, vous ayez promis, pour le tirer des mains des CancelJieri, de ne le remeti re à leurs adversaires que lorsqu'on aurait rendu celui des Panciaiichi qui se trouvait à Pise; car, si vous n'eussiez pas fait une semblable promesse, nous ne voyons pas pourquoi ces derniers ne pourraient ravoir leur homme ; mais ne voulant pas vous déconsidérer, et , d'un autre côté, désirant écarter cette pierre de scandale, nous serions bien aises de savoir d'où Ton pourrait tirer la rançon nécessaire pour racheter l'homme qui se trouve à Pise, et qui, dit-on, n'est que de cinquante ducats. Si on pouvait faire payer cette somme à tous les Panciaiichi, cela nous conviendrait fort. Nous sommes persuadés que vous y réussirez sans peine en faisant venir près de vous les chefs de ce parti, et surtout ceux en faveur desquels on veut faire la paix, et en leur faisant sentir combien il serait fâcheux que cette paix vînt à se rompre par un molif si léger et de si peu d'importance. Cependant, si vous ne pouviez rien obtenir, nous vous laissons le soin de trouver un moyen davoir ces cinquante ducats, quand mémo ils devraient rester en partie à notre ciiarge : nous approuverons tout ce que vous serez dans le cas de faire ; car juscju'à ce

MACCUIAVKLLI. II

jour nous avons dépensé tant d'argent que nous ne voudrions pas, pour une cause aussi frivole, donner lieu à la moindre difrtculté ou à la plus lé;;ère plainte. Voyez donc ce qu'il convient de faire et donnez-nous-en connaissance.

Quanta la maison, si, conformément aux règlements qui existent, vous pouvez la céder aux Panciaiichi sans crainte de désordre, nous le verrions avec plaisir; sinon nous désirons que vous la cédiez de quelque manière que ce soit à Palamides pour trois ou quatre mois, en promettant à Draguccio de ne déroger en rien aux droits qu'il pourrait avoir ni aux conventions des traités. 11 faut tâcher de le convaincre que nous agissons dans son intérêt, parce que nous ne voudrions pas que cette diftîculté mil obstacle au retour des Panciaiichi, retour sur lequel nous fondons le succès de toute celte affaire.

Nous ne désirons pas moins que vous que l'évèque retourne ici. Nous n'avons appris son arrivée à Pisloja que par Macchiavelli : nous lui écrivons deux lettres pour qu'il revienne; nous les joignons à la présente. Dans l'une nous l'engageons simplement à revenir, dans l'autre nous le lui ordonnons. Celle où nous l'exhortons est marquée d'une croix de la manière suivante-f-; l'autre n'a aucune marque. Vous lui remettrez d'abord, et sans perdre un moment, celle où nous l'engageons à revenir; el si an bout d'une heure il n'est point monté à cheval vous lui donnerez celle qui contient un ordre, et nous espérons qu'il obéira.

Il ne nous reste rien à répondre au rapport que nous a fait Macchiavelli : nous nous bornerons à vous exhorter à faire votre devoir; et co;iime Macchiavelli nous a dit que votre avis serait que l'un de vous deux pût aller chaque jour en course avec quelques cavaliers pour remédier aux désordres, punir ceux qui auraient mérité des châtiments, et vous faire ainsi respecter dans le pays, nous vous verrions avec plaisir mettre ce projet à exécution, car il nous semble aussi trèsutile. Nous vous yexhoitons fortement. Celui de vous deux qui se ci oira le plus propre à réussii pourra s'en charger : nous ne pouvons y voir pour lui qu'une cliose honorable.

Comme vous nous informez par vos dernières lettres qu'on aurait bien de la peine à obtenir des prieurs la paye pour le seigneur de

Montaigu et le traitement pour l'ambassadeur

226 LÉGATIONS ET MISSIONS

Corso, vous pouvez leur promettre à tons deux (,no nous ferons ce qui est dû, en pourvoyant à celle dépense ; et ils peuvent être sûrs que nous ne né," lignerons rien pour tout terminer avant notre sortie de charge. Et benè valele.

ADX COMMISSAIRES A PISTOJA.

Le 17 novembre 1501.

MACiyiFICI VIRI, ETC.,

Depuis le retour de INIacchiavelli nous avons différé jusqu'à ce moment de vous en écrire, dans l'intenlion de vous faire connaître le jour où nous pourrions vous envoyer l'argent nécessaireaux troupes qu'il vous semble indispensable d'avoir jiuprès de vous : nous n'attendons , pour vous dire où nous en sommes, que l'arrivée de celui auquel nous voulons confier l'emploi de Bargello. Comme Pier Antonio del Viva se trouve malade , nous nous sommes décidés à faire choix de Gianncsino de Sarzana : nous lui avons écrit à Sienne; nous croyons qu'il sera ici après-demain et qu'il acceptera. Si vous aviez en vue quoiqu'un qui convînt mieux que lui, écrivez-lenous, quoiqu'il nous ait éié recommandé par un grand nombre de personnes.

Quant à ce que iMacchiavelli nousa rapportéde votre part, nous voyons avec beaucoup de satisfaclion que vous êtes dans l'intenlion de mettre

tous vos soins ù l'a flaire de l'ami Si le

premier moyen suffit, ce sera pour le mieux ; I mais s'il fallait ensuite prendre d'autres me- {■ures , soyez persuadé que vous n'éprouverez innais de noire part ni abandon ni refus. Comme ^vous avez pu le voir, nous avons donné une subvention au seigneur Giovanni Anionio, et iî a

promis de nous servir pendant quinze jours. En conséquence nous vous exhortons à agir avec prudence et courage tout h la fois, et A ne pas attendre nos ordres sur une nuilliiude d'objets particulièrement sur ceux qui ne souffrent pas de délais et auxquels il serait dangereux d'en apporter. Nous ne tenons qu'à une chose : c'est que vous soyez bien convaincus que tout notre désir est que les coupables soient punis, et que celui qui ne voudrait par rester tranquille de plein gré y soit contraint par la force.

Nous ne refuserons pas d'entendre les députés, et nous leur ferons droit dans tout ce que leurs demandes auront de raisonnable ; mais si elles n'offraient que des préleniions sans fondement, nous serions toujours prêts à réprimer ceux qui oseraient les élever ; et soyez convaincus qu'aucun des partis n'aura devant notre tribunal ni appui ni faveur dont il puisse se vanler là-bas. A 1 égard des grains, comme il est important, ainsi que vous le dites, de ne point perdre de temps, nous serons toujours disposés à approuver toutes les mesures que vous aurez prises. Nous voyons avec plaisir la députai ion de quatre citoyens pour chaque partie, et nous ne pouvons manquer de nous entendre avec eux.

Nous approuvons également votre projet de placer un huissier dans celte métairie, jusqu'à ce qu'il soit décidé auquel des deux qui prétendent y avoir des droits la possession en doit demeurer. On pourrait même, si cela vous semblait à propos, songera y mettre quelque opposition ; mais nous nous en rapportons là-dessus à voire sagesse; et pour que vous pui.ssiez exécuter cette mesure, nous vous envoyons avec la présente un huissier auquel vous donnere.': ies ordres qu'il devra exécuter. Benè valete

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