‹ Œuvres complètesChapitre 271 sur 323 · QUATRIÈME LÉGATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LÉGATION

Croix, Narbonne, Saint-Malo et Cosenza, que Ton assurait, il y a trois ou quatre jours, être au bourg de Saint-Donnino, et qui devaient passer ici pour se rendre à Pise. Quand tu sauras oii ils sont, tu iras les trouver: tu les engagéras par toutes les raisons possibles à ne pas se rendre, pour quoi que ce soit, à Florence, leur représentant combien leur présence nous serait nuisible, et à quels dangers elle exposerait à Rome nos marchands et leurs effets; i tu les prieras et les conjureras de ne pas pren- 1 dre ce chemin, et leur diras que tu vas à Milan ■ pour apprendre au grand maître le bruit et les ; soupçons qui se répandent. Tu ajouteras que ; les Espagnols vont arriver à Piombino; que Ion prépare une armée à Naples ; que le pape a déjà ! pris à sa solde le duc de Termini qu'il a nommé son général, et enfin tout ce que tu te rappelleras !

Nés instructions que nous l'avons données de ' ive voix. Si tu ne trouves pas les cardinaux ' en route et qu'ils aient pris un autre chemin, '

tlu te rendras en droite ligne à Milan et en \ Prance.

f<{ous ne croyons pas que tu aies besoin I auprès des cardinaux d'autre lettre de créance que les patentes dont tu es porteur : elles doivent suffire pour faire ajouter foi et à tes paroles et à ta mission. Cette première commission rempïiç, tu te rendras en diligence à Milan oii tu trouveras François Pandolfini, et tu lui remettras les instructions ci -jointes. Tu verras le vice-roi, et tu te borneras à lui repré- ' senter qu'en l'envoyant à la cour du Roi Très- ' Chrétien, nous avons voulu que Son Excellence fût instruite des motifs de ce voyage, et tu lui ■ raconteras, sans entrer dans aucun détail, ce qui est arrivé à Rome , les dangers que courent i tous les jours nos marchands , soit à Rome , soit ailleurs, enfin les bruits qui se répandent sur '[ Piombino et sur l'Espagne, comme nous l'avons i déjà remarqué plus haut. Tu n'entreras pas avec I lui dans de plus grands détails, afin qu'il ignore ' le véritable sujet de ton voyage jusqu'à ton ar- ! rivée à la cour. Nous désirons cependant que tu ' communiques le tout à François, tant ce que ^ nous t'avons dit de vive voix que ce que con- I tiennent tes instructions, afin qu'il puisse en i tout se conduire conformément à tes vues , et ! se diriger dans tout ce qu'il fera d'après les | mêmes principes. Dés que tu seras sorti de i

Milan tu te rendras avec la même diligence à la cour de France, auprès du Roi Très-Chrétien. Aussitôt après ton arrivée, et a[»rès avoir conféré avec Robertet sur les présentes instructions et sur ce que nous t'avons dit de vive voix, tu te rendras auprès du roi. Tu lui représenteras d'abord que lorsque nous avons accordé la ville de Pise pour tenir le concile, nous ne l'avons fait que pour lui plaire; tu lui détailleras les malheureux résultats de cette com.plaisance, tout ce qui s'en est suivi et s'ensuivra à Rome , les dangers qui en résultent pour la ville, pour toute la nation et pour toutes nos marchandises, les menaces d'interdit, de censure, de guerre, et d'abandon de nos corps et de nos biens en quelque lieu qu'ils se trouvent ; tu indiqueras la cause de ces événements et le remède qu'il faut y apporter. A l'occasion des dangers que nous courons, tu ajouteras qu'il paraît que l'empereur s'occupe peu ou presque point de ce concile; que nous pensions que ce prince avait déjà fait quelques progrès en Italie, qu'il s'approchait d'ici, mais qu'il est encore auprès de Trente, peu disposé à agir cette année et plu3 près au contraire de s'en retourner; qu'il entretient de continuelles communications avec les Vénitiens, et qu'il a convoqué une diète générale en Allemagne pour le jour de Saint-Gall; que tout annonce enfin qu'il est bien loin de prendre intérêt à cette assemblée, ce qui est démontré pour qui voit qu'il n'y a pas un seul évêque dans un si grand empire, qui fasse le moindre mouvement pour se rendre à Pise.

Tu feras observer aussi qu'oa a remarqué même dans les prélats français qui devaient venir une lenteur qui ferait croire qu'ils s'y rendent à contre-cœur. Comme cet article, au reste, pourrait ne pas faire plaisir au roi, si tu en parles, n'en dis qu'un mot en passant, pour ne pas lui causer la moindre peine. Tu as des observations plus importantes à lui faire : l'une, que presque tous les cardinaux nommés dans l'édit de convocation font semblant de l'ignorer, et emploient toutes sortes de prétextes pour ne pas se rendre à Pise; l'autre, c'est que trois personnes seulement (ce qui nous a beaucoup étonnés) aient osé faire l'ouverture du concile. Tu diras que les- moyens qu'ils ont employés, les prétentions qu'ils ont mises en avant de vouloir être mis en possession de la citadelle, en

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assurant que la .ville serait bientôt remplie de gens armés, ont été cause des plus grands désordres ;^qlie. la- ville se trouve déjà sous l'interdit, çt 'que les chefs de Téglise se sont déjà déclarés contre ce concile. Tout cela vient de ce qu'il a connnencé d'une manière aussi faible, et de ce qu'il ne s'y est trouvé personne en état de soutenir sa validité et son autorité dans une .semblable circonstance : une fois perdue, il sera irès-difficile de la lui rendre. De toutes ces conirariétés il est arrivé que le pape, voyant cette assemblée sans considération, sans crédit et sans force, a cherché à en profiter avec em|)res8ement; et n'ayant personne sur qui s'en venger, ij s'est rejeté sur nous. De lu tous les dangersque nous avons courus et qUe;bient^ connais, dangers qui iront toujours en augmentant. Il .ésl. impossible que ce concile reprenne jamais faveur, ayant montré d'abord tant de faiblesse : chacun croit sans peine que la fin répondra au commencement; et si personne ne veut aujourd'hui ajouter foi aux raisons qui parlent en sa faveur, y a-t-il apparence qu'on soit plus crédule dans la suite?

Nous jugeons qu'il y a peu de moyens de remédier à tous ces maux. Cependant la paix arrangerait tout d'une manière honorable, et chacun sortirait alors de cette situation critique; mais nous voulons que tu ne parles de ce moyen extrême qu'à la dernière extrémité. Dans la conversation que tu auras avec Sa Majesté sur le peu d'espoir qu'il y a de faire quelque chose de cette assemblée , et sur les résultats dangereux d'une si grande faiblesse , la plus grande difficulté sera de lui persuader de la dissoudre à cause du peu de bien qu'on doit en retirer. Si, par quelques raisons que nous ignorons, Sa Majesté ne veut pas accorder cette demande, prie-la , au nom des dangers et des périls que nous courons et que nous pouvons courir , denous en ôier du moins l'embarras, en luifaisant voir que puisque l'assemblée a fait ses premiers actesà Pise, il serait très-facile de la transporter ailleurs et de la faire changer de siège. Et comme ce point de ta mission est celui dont nous désirons le plus de succès, dans le cas où tu n'obtiendrais pas le premier nous t'engageons à traiter celui-ci avec tx)ut l'intérêt possible, et à ne rien oublier de tout ce qui pourrait engager Sa Majesté à y consentir. Tune manqueras pas de raisons pour

ET MISSIONS

cela , parce que laisser tenir le conseil à Pise c'est le laisser pour ainsi dire sous la main du pape , qui sans aucun doute va susciter une nouvelle guerre et par mer et par terre, à laquelle il faudra nécessairement que Sa Majesté prenne part , puisqu'elle ne voudra pas que ses alliés périssent pour avoir voulu faire ce qui lui était agréable ; au lieu qu'on n'aurait pas cela à craindre si le concile se tenait dans une ville où ni les armées du pape ni celles de ses adhérents ne pourraient parvenir ; qu'il paraît que l'empereur n'a jamais été content qu'il ait siégé dans cet endroit, et que c'est peut-être la raison quia empêché les évêques de l'empire de s'y rendrei^On peut encore ajouter les raisons qu'on a êcriTés si souvent à Robertet sur la mauvaise situation de Pise, sur la stérilité du pays , sur le peu de récolte de cette année, et sur la facilité avec laquelle 'c;é pays peut être envahi par une armée. Enfiih il faudra surtout insister sur la premfière raison, que la présence du concile à Pise va donner naissance à une guerre dangereuse à laquelle il faudra que tous les souverains prennent part , les uns pour le pape ^ïes autres contre , et ajouter que Sa Majesté doit bien penser que dans une semblable position elle sera obligée de la faire en entier ^ ou du moins en majeure partie, à ses dép^;ns. Il est enfin nécessaire que par toutes ce^s^i'aisons , et autres que tu sauras trouver , tu viennes à bout de persuader à Sa Majesté qu'elk. permette que nous refusions au concile Pise et tout ce qui en dépend. Si tune pouvais encore obtenir ce dernier article il faudrait pour dernière ressource obtenir qu'il suspendît an moins pour deux ou trois mois tout acte ultérieur de cette assemblée, sans qu'il pût être pris aucune autre délibération entre les cardinaux et les moteurs du concile. Tu diras qu'il serait très -possible qu'ils ne pussent rien arrêter , les cardinaux se trouvant encore en Lombardie ; qu'il n'est arrivé aucun évêque ni aucun abbé. Tu feras observer combien cette suspension nous serait avantageuse , puisque nous profiterions de ce temps-là pour mettre ordre à nos affaires et à celles de la nation; que d'ailleurs il ne serait pas étonnant que ce délai produisît quelque bon effet et disposât les espritç à la paix ; que le pape doit raisonnablement la désirer et que Sa Majesté s'est toujours disposée à la faire. Il est surtour.

QUATRIÈME LÉGATIOIN

essentiel ,pour ne rien oublier des devoirs de (a mission, que tu insistes sur celte paix , priant et exhortant Sa Majesté , tant pour éviter les dépenses de celte guerre que pour raille autres raisons , à saisir toutes les occasions de faire la paix si elles se présentaient ; tu lui diras de notre part que nous sommes prêts à faire, à souffrir et à entreprendre tout ce qui sera nécessaire. Tu manœuvreras pour connaître la situation exacte des affaires, les difficultés qui peuvent s'y trouver , non-seulement pour nous en donner avis , mais encore pour te guider ensuite dans ce que tu auras à faire. Enfin sur ce dernier objet tu te conduiras de manière que non-seulement Sa Majesté , mais encore tous les autres connaissent combien nous désirons la paix, sachant que nous ne voulons obtenir , que nous ne demandons autre chose, et que pour en venir à bout nous sommes prêts à entreprendre tout ce qui sera convenable et possible dans la situation où nous nous trouvons.

Nous le recommandons surtout que dès que tu seras à Milan et en France , tu aies soin de nous écrire prompteinent ce que tu auras fait, et de nous instruire de ce que nous avons à espérer sur l'objet de nos demandes, et enfin quel parti sera pris sur tout ce qui regarde le concile. Les déceinvirs de la liberté et de la république de Florence.

A.U palais florentin , le 10 septembre 1511 .

CORRESPONDANCE

LETTRE PREMIÈRE

MAGNIFIQUES SEIGNEURS

Je suis arrivé ici hier au soir : j'y ai trouvé les cardinaux Sainte-Croix , Saint-Malo, Saint- Severin et Cosenza. Les trois derniers sont logés dans la forteresse et le premier dans la ville. J'ai cru d'abord devoir m'adresser au cardinal Sainte-Croix plutôt qu'aux autres parce qu'il est pour ainsi dire leur chef, ensuite parce que je le crois plus attaché à vos intérêts. J'ai eu avec lui un long entretien au sujet du concile, et il lui a paru nécessaire que nous en allassions l'un et l'autre conférer avec les trois autres cardinaux. Comme nous allions sortir, sont arrivés les caraï acchiatelu. u.

dinaux de Cosenza et de Saint-Severin. lisse sont renfermés tous trois ensemble et sont restés ainsi près detroisheures: au bout de ce temps-là ils ont fait partir un courrier avec des dépêches. On m'a fait ensuite appeler : j'ai répété en présence des trois tout ce que j'avais dit au cardinal de Sainte-Croix. Ils m'ont encore fait sortir, et après avoir longtemps conféré ensemble ils m'ont dit de les suivre dans la citadelle. On s'est rendu chez le cardinal de Saint-Malo, qu'une attaque de goutte retenait au lit; et après avoir été quelque temps renfermés, ils m'ont rappelé et fait répéter tout ce que j'avais déjà dit. Tout mon discours a roulé principalement sur la colère du pape contre vos seigneuries : j'ai dit combien elle avait été grande en apprenant les actes du concile , le danger qu'avaient couru et que couraient 'encore nos marchands à Rome , les menaces qu'il avait faites de vous attaquer avec les armes spirituelles et temporelles ; qu'en conséquence vos seigneuries m'avaient ordonné d'aller en diligence à Milan trouver le vice-roi, pour lui faire connaître les projets du pape, ses préparatifs, vos dangers elle remède qu'il fallait y apporter; quelles m'avaient de plus recommandé, si je trouvais Leurs Éminences en route, d'avoir une conversation avec elles et de leur dire la même chose; que vos seigneuries voyaient dans tout ceci deux dangers à courir : l'un présent et réel , et l'autre futur : le présent dans le pillage de vos marchands et l'interdiction de votre ville , le futur dans la guerre ; que pour remédier- au premier elles priaient Leurs Éminences de ne pi us s'avancer du côté de Florence, pour donner à vos marchands le temps de mettre ordre à leurs affaires; qu'elles pouvaient accorder ce qu'on leur demandait sans nuire au concile, puisque. rien de ce qu'il fallait n'était prêt, et qu'il n'élait pas en mesure pour repousser les armes s|)irituellesou temporelles qu'on dirigeait contre lui. J'ajoutai ici sur l'un et l'autre danger tout ce qui pouvait se dire, et je les suppliai de nouveau au nom de vos seigneuries de vouloir bien suspendre leur voyage , ce qu'ils pouvaient très-bien faire sans nuire à leur projet. Pour les gagner je n'oubliai rien de ce qui pouvait se dire sur cet article. Je leur parlai encore des préparatifs du pape ; je leur rapportai combien ils étaient considérables, et quel était

LEGATIONS ET MISSIONS.

son espoir d'être soutenu par le roi d'Espagne. Dès que je me fus expliqué pour la dernière fois en présence de monsei{jneurde Saint-Malo je me retirai. Après une lon^jne conférence je fus rappelé, et monseigneur de Saint-Severin me répondit au nom des quatre. II lâcha principalement dans cette réponse de justifier leur projet : il représenta combien il devait être agréable à tous les chrétiens et à Dieu, et combien ildevait procurer de gloire à ceux qui y concourraient le plus activement ; il ajouta que vos seigneuries, depuis six mois que le concile avait été convoqué à Pise , devaient s'être préparées à tout ce qui pouvait en résulter, et qu'après avoir eu tant de temps pour cela, ils ne savaient pas à quoi pourrait servir le nouveau délai qu'elles demandaient. Il voulut ensuite me prouver que nous n'avions rien à craindre du côté des armes, puisque le roi de France n'avait jamais eu tant de troupes en Italie qu'il en avait aujourd'hui. Il chercha beaucoup à me faire valoir leur plan , et il conclut enfin qu'ils ne prendraient pas le chemin de Florence , mais qu'ils se rendraient à Pise par le chemin de Pontremoli ; qu'ils seraient au moins dix à douze jours sans se mettre en roule parce qu'ils attendaient les évêques de France, qui seraient ici avant ce temps-là; qu'ils devaient emmener avec eux beaucoup de docteurs et de prédicateurs pour pouvoir lever les excommunications, et qu'on déclarerait hérétique quiconque serait contre eux. Ils me dirent qu'en 1409, pendant les trois ans que vos seigneuries possédèrent Pise, elles y reçurent un concile contre un pape respectable ; que ce concile fut assemblé par des cardinaux ; que vous le fîtes sans avoir toutes les craintes que vous témoignez aujourd'hui, quoique leur cause fût moins juste et que vous eussiez alors des secours moins considérables que ceux que vous donnait le roi de France. Alors le cardinal Sainte-Croix prit la parole et confirma ce que celui de Saint- Severino venait de dire, ajoutant que pour l'amour de Jésus-Christ et pour le bien de lÉglise vos seigneuries devaient se charger avec plaisir d'un tel fardeau ; que le concile de Bâie avait été ouvert par un seul abbé ; qu'il y aurait à Pise un si grand nombre de cardinaux et de prélats qu'ils seraient en état de former bien d'autres entreprises, et qu'ils lèveraient tous les interdits et réduiraient le pape à une posi-

tion telle qu'il aurait bien autre chose à penser qu'à lancer des excommunications ou à faire la guerre. Je répondis à tout cela tout ce que je crus nécessaire pour leur persuader de ne pas aller plus avant , mais je n'en tirai pas d'autre réponse, savoir : qu'ils resteraient là jusqu'au premier courrier, et qu'ils se rendaient à Pise par Pontremoli.

Je me rappelle que lorsque je parlai au cardinal Sainte-Croix tout seul, il me dit qu'ils seraient déjà arrivés à Pise .s'ils avaient vu vos seigneuries plus décidées; mais que l'indécision dans laquelle elles étaient leur avait aussi donné quelque inquiétude. Si cela est ainsi , j'espère que tout ce que je leur ai dit ici ne servira qu'à augmenter encore cette disposition à cause des craintes que je leur ai inspirées sur leur propre sûreté , et produ'ra un effet qui aura peut-être les mêmes résultats ; car ils ont toujours désiré d'avoir avec eux l'armée française, et aujourd'hui ils le désirent bien davantage. Je sais qu'ils ont envoyé ce matin un courrier au vice-roi à Milan, pour le solliciter et le prier de vouloir bien venir lui-même, avec trois cents lances, les accompagner quand ils se rendront à Pise. Je compte être ce soir à Milan, et je verrai avec François quel moyen nous prendrons pour parer à tout cela. Le cardinal Sainte-Croix dit encore, dans la réponse qu'il m'a faite en présence des autres cardinaux , qu'il fallait tenir encore à Pise deux ou trois sessions et qu'ensuite pour satisfaire vos seigneuries, on pourrait lever le concile et l'ajourner dans une autre ville.

Ou m'a dit hier au soir que le cardinal Saint- Severin devait partir ce matin pour serendre en Allemagne auprès de l'empereur : le motif de son voyage est de persuader à ce prince d'envoyer ses évêques à Pise, avec la promesse formelle qu'aussitôt que l'on y aurait fait l'ouverture du concile on le transférerait là où Sa Majesté désirerait. On dit encore que c'est pour lui proposer en mariage une princesse française, et enfin pour recouvrer quelques domaines que son père possédait auprès de Vérone. Nous sommes à deux heures du jour, et l'on dit que le cardinal Saint-Severin va partir pour son voyage. Je me recommande, etc.

Nicolas Macchiaveixi.

Au bourg de San-Donnino, le 13 septembre 1511.

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